Articles avec le tag ‘filière du bois’

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Ask not what your forest can do for the industry.

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Ask what the industry can do for the forest !

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PostHeaderIcon Étrillons le labour sans remords

Une nouvelle fiche :

Le labour - Vignette

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J’en profite pour envoyer au passage un petit salut à notre célèbre et truculent laboureur !

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PostHeaderIcon Retournons le labour sans états-d’âme

Un ami forestier m’a récemment écrit ceci :

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Pour le labour voici ce que j’avais relevé :

L’objectif du labour est de :
1- Démembrer le feutrage de rhizomes dense de la molinie.
2- Assurer un bon mélange des horizons superficiels afin de réactiver l’humus brute et augmenter la rétention en eau.
3- Enfouir l’acide phosphorique pour le rendre disponible pour les racines.
4- Ameublir sur 30 cm de profondeur afin de faciliter l’enracinement des plants provenant des pépinières (en bleu c’est ce que j’ajouterais).
Plus tu investis dans du matériel sélectionné et plus tu dois préparer le sol afin de valoriser les potentiels sols et plants.

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Voici ma réponse :

Voici ce que m’inspirent les quatre objectifs que tu indiques au sujet du labour.

  1. Démembrer le feutrage de rhizomes dense de la molinie : je suis d’accord, et je crois même que c’est la fonction la plus ancienne, la plus universelle et la plus judicieuse du labour, molinie ou pas. C’est d’ailleurs ce qu’affirme Dominique Soltner : ‘On aurait pu croire que le travail millénaire des paysans a eu pour but d’ameublir le sol pour permettre aux racines de leurs cultures de s’y installer. Il n’en est rien. L’agriculture a été dans les siècles passés l’art de ne pas cultiver le sol, autrement dit de laisser la plante se débrouiller pour pénétrer le sol, l’essentiel étant de lui fournir un sol dégagé.‘ N’empêche que le labour à 30 ou 35 cm de profondeur descend en réalité bien au-delà de la rhizosphère des graminées : environ 2 à 3 fois plus profondément (cf. les photos ci-dessous). Là, il y a donc excès de zèle. D’autre part, pourquoi labourer tous les types de sols, même ceux où la molinie est absente ? Pourquoi labourer les sables purs ?
  2. Assurer un bon mélange des horizons superficiels afin de réactiver l’humus brut et augmenter la rétention en eau : à mon sens, le sol qui a le meilleur fonctionnement, c’est celui qui n’a subi aucune perturbation (aucun tassement par exemple). Labourer le sol ne peut être réparateur pour sa structure que dans le cas où on l’aurait abîmé auparavant (par exemple : exploitation de coupe rase avec un gros porteur circulant en tous sens). Bernard Jabiol dit : ‘Le labour peut être indispensable… si on a tout détruit et compacté avant !‘. C’est grâce à une bonne structure que la rétention en eau sera la meilleure (la macro-porosité). En l’émiettant après l’avoir retourné, on lui redonne provisoirement un semblant de structure, mais ce semblant de structure qu’on lui redonne artificiellement n’est pas du tout idéal : au lieu d’être ‘structuré‘, il en ressort ‘soufflé‘. La véritable structure d’un sol est le résultat d’un lent processus, et il ne la tient que de la vie qu’il abrite : racines des plantes, vers de terre, micro-faune, etc.. Si cette vie est absente, c’est dû généralement à l’excès d’acidité ; or ce n’est pas en faisant passer des tracteurs pour mélanger les horizons qu’on peut modifier l’acidité. D’autre part - indépendamment du tassement en profondeur provoqué par le simple poids de l’engin – le labour à 35 cm de profondeur ne mélange pas seulement les horizons superficiels. Dans le cas général, il remonte aussi de la terre stérile ; dans les podzosols, à mon avis, il ne remonte certainement pas beaucoup d’éléments fertiles de l’horizon d’accumulation, ce dernier étant dans la majorité des cas proche de l’alios et hors de portée du soc. Dans tous les cas, le soc descend moins profondément que certaines racines du pin. L’effet dopant du labour – qui est réel - vient à mon avis du fait qu’il accélère la minéralisation de l’humus (peut-être par un effet d’oxydation ?… ou par l’action de champignons ?…) mais c’est forcément au prix d’une réduction du ‘capital de fertilité’ du sol sur la durée : on choisit le court terme au préjudice du long terme. Or le bois de valeur est le bois mûr et sans nœuds, celui que produit l’arbre adulte (‘l’usine à bois‘), pas le jeunot ! En outre, accélérer la croissance des résineux n’est jamais une bonne chose pour les sylviculteurs ayant des objectifs de production de haute qualité, mais c’est encore pire dans le jeune âge car, ce faisant, on augmente le volume de branches et de bois juvénile (de mauvaise qualité technologique)… bois juvénile qui sera malheureusement présent au cœur des arbres lors de leur coupe, sans parler des nœuds. Pour fabriquer de la pâte à papier ou des panneaux de particules, ou même des palettes, ça n’est pas gênant… sauf que ce n’est pas ce type de production qui est à mon avis capable de rémunérer le sylviculteur, surtout dans un marché où l’on encourage la surproduction !
  3. Enfouir l’acide phosphorique pour le rendre disponible pour les racines : même remarque que précédemment. Noter que cette opération (travail du sol et fertilisation) représente un coût important et que, avec un tel investissement au départ, la durée du cycle de production doit impérativement être très courte. D’où la difficulté matérielle, en sylviculture industrielle, de fabriquer du bois de bonne qualité (qui, comme l’expliquait souvent Jacques Deval,  a besoin d’être ‘mûr’ et ne se trouve que dans les arbres âgés). D’autre part, la majorité des processus naturels d’enrichissement se font par simples dépôts à la surface du sol, l’incorporation ne se faisant que très lentement : c’est le cas de la litière. C’est cette lenteur qui garantit une croissance régulière et continue.
  4. Ameublir sur 30 cm de profondeur afin de faciliter l’enracinement des plants provenant des pépinières : ton hypothèse est intéressante (à savoir : pour les plans issus de pépinière, colonisation du sol  par leurs racines en deux étapes), mais elle reste à démontrer. Moi j’ai plusieurs essais qui ne confirment pas cette hypothèse, avec des plants issus de pépinière mais installés sans labour, parfois simplement au milieu de la végétation déjà présente. Ces plants ont aujourd’hui entre 5 et 14 ans et, même si leur vigueur est moindre que sur labour fertilisé, la plupart d’entre-eux ont aujourd’hui une conformation bien meilleure, des branches fines, et en plus ils sont stables : ils sont encore debout en 2010 ! Je me demande pour ma part si, en ameublissant le sol, on ne détériorerait pas la qualité de l’ancrage et si on ne cantonnerait pas quelque peu la prospection racinaire à la partie ameublie. On sait bien qu’un simple passage de rouleau landais fragilise cet ancrage, or la charrue fait bien pire que le rouleau landais. Il arrive qu’on nous donne d’excellentes raisons pour faire d’énormes bêtises : c’est le cas par exemple des ‘regonflages‘ avec passage de disques lourds dans les interlignes, alors qu’on connaît très bien par ailleurs l’effet dévastateur que peut avoir cette opération sur le système racinaire des pins.

D’après mon expérience, je concluerais ainsi : tous ces travaux lourds sont parfaits pour fabriquer de gros volumes de biomasse à toute vitesse, mais ils ne permettent généralement pas d’obtenir des bois de qualité ni des forêts stables. Certains des sylviculteurs qui donnent la préférence au volume par rapport à la qualité sont peut-être enthousiastes sur cet itinéraire, mais leurs performances s’effondrent un jour ou l’autre si la stabilité est déficiente… ce qui est le cas, et c’est ce qu’on vient de voir à deux reprises ! D’autre part, le coût de ces travaux me semble incompatible avec une rémunération correcte de l’investisseur. Le véritable risque, en forêt, est lié à l’ampleur de ces investissements. En un mot, comme disait Didier : ‘C’est une sylviculture de luxe pour un produit de merde !‘ Je m’emballe… mais t’en penses quoi ?

Pardon pour la longueur !

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Sur les trois photos ci-dessous, on voit bien que le labour descend bien au-delà de la zone prospectée par les racines de la molinie (cf. paragraphe 1),

même si, en cherchant bien, on arrive quand même à en retrouver quelques-unes, rares, près du fond de la cale.

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PostHeaderIcon LE REMPLAÇANT – 1) Reconnaissance officielle

Youpi ! On existe !

Le Donjon a fini par craquer :

le Parti admet enfin qu’il existe des alternatives à sa Ligne !

Un témoignage de reconnaissance surprenant, mais officiel,

vient en effet d’être publié en ces termes :

Les chercheurs [...] opposent un net démenti aux initiatives farfelues de certains nostalgiques qui sont prêts à attendre quatre vingt ans des bois de ‘qualité dont ne veut plus l’industrie. Leur excentricité peut amuser et abuser les médias pendant un moment, ‘puis la bulle fera pschitt !

C’est par ces quelques lignes, sobres mais éloquentes,

que le Remplaçant a accompli, dans la Pravda de Gascogne, son rite d’intronisation

au Praesidium du SSSOviêt Suprêm.

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Jusqu’ici le Donjon n’avait pas daigné nous voir,

il ne nous entendait pas,

ne se montrait pas à nos tournées de terrain,

interdisait à ses gens d’y venir,

ne répondait pas à nos invitations…

Bref, le mépris total : nous n’étions rien ou le Diable !

Et brusquement, nés de rien, nous nous mettons à exister,

au point même de mériter d’élogieux noms d’oiseaux :

farfelus‘, ‘nostalgiques‘, auteurs ‘d’excentricités‘…

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Beau débat !

On vient avec des propositions, on repart avec des coups de pied ;

on arrive avec des arguments, on repart avec des insultes :

Merci le Remplaçant !

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En réponse, just for fun, cette nouvelle fiche :

Le virus - Vignette

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Quant à ce que disent les chercheurs, on en reparlera.

On reparlera aussi d’autres passages de l’intronisation du Remplaçant…

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À suivre !…

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PostHeaderIcon Le Shérif des Pins

C’est bientôt l’anniversaire d’un grand moment :

sommation faite le 13 octobre 2010 par le Shérif de la Lande

au Président du C.E.F.S.O. de choisir son camp.

Je tenais à raviver solennellement la flamme de ce bel événement.

Relisons donc :

 

 

Savourez la dernière du Grand Patagourou,

Maître de la Lande,

Shérif des Pins,

égal à lui-même, souvent surprenant, jamais décevant.

C’est un régal :

Le Shérif des Pins - Vignette

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La tentation était trop forte,

je n’ai pas pu résister à l’envie d’adresser un petit mot de félicitations

à son patron :

JH - Président du SSSO - Le Shérif des Pins - L01 - Vignette

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PostHeaderIcon L’erreur boréale et nous

Extrait du film de Richard Desjardins : L’erreur boréale.

http://www.dailymotion.com/video/x5wklj_l-erreur-boreale-3_lifestyle

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Est-ce ainsi que les hommes avancent ?

Est-ce ainsi qu’ils traitent leurs forêts ?

En tous cas, beaucoup de similitudes avec nos pratiques landaises…

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Pour visionner l’ensemble du film :

http://www.dailymotion.com/relevance/search/lerreur+bor%C3%A9ale

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Si ce film vous a plu, n’hésitez pas à lire ceci :

http://www.ledevoir.com/non-classe/254926/l-erreur-boreale-dix-ans-apres-2-toujours-un-cauchemar-en-foret-2004-2009

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PostHeaderIcon Deux morts dont un disparu

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Deux décès au mois d’août : un expert forestier et un industriel.

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Dans le carnet du journal Forêt de Gascogne : pas un mot sur l’expert.

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c303457-

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PostHeaderIcon Comment flinguer le bois

L’autre jour, au rayon bois, je n’ai pas résisté au plaisir d’acheter du pin.

Bon, du pin, j’en ai plein ma forêt, et mes hangars sont pleins de beaux sciages de pin des Landes en train de sécher tranquillement à l’air libre. Bref, je n’ai nullement besoin d’acheter des planches… mais c’était pour le plaisir : pour le seul plaisir de dénoncer les gougnafiers qui mettent en vente de pareilles saloperies, le plaisir d’épingler les voleurs, les escrocs, les vandales qui osent se moquer des consommateurs en leur fourguant du bois minable et hors de prix.

Trois planches et deux tasseaux en pin des Landes.

Comment flinguer le bois - Vignette

Mes achats au rayon bois massif chez Castorama, à Mérignac, le 9 août dernier :

Trois planches brutes en Pin de France (pin des Landes) de 100 mm x 22 mm x 2,40 m – PEFC – Prix : 9,80 € T.T.C.

Un tasseau brut (même bois) en 21 x 47 x 2,40 m – PEFC – Prix : 4,80 € T.T.C.

Un autre tasseau brut (idem) en 30 x 30 x 2,40 m – PEFC – Prix : 4,90 € T.T.C.

Mes commentaires :

Ce sciages n’ont que des défauts, très graves pour certains :
- des échauffures
- 5 couronnes de nœuds sur 2,40 m (11 nœuds !)
- certains de ces nœuds noirs et peu adhérents
- des poches de résine
- des déformations diverses : flambage, voilage, tuilage
- des défauts de surface (sciage mal fini)
- des planches couvertes de coulures de résine
- des accroissements larges (7 mm de large).
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Le seul défaut qui manque à la liste c’est le bleu ; sans doute un oubli… à moins que ce défaut ait été jugé trop bénin !
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Cette vulgaire saloperie est quand même vendue 9,80 € pièce,
c’est-à-dire 1.856 € le mètre-cube !
Oui monsieur : du bois échauffé, bourré de nœuds et de poches de résine, déformé, est vendu près de 2.000 €/m3 !!!
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Dans le rayon voisin, il y a de l’épicéa en dimensions comparables (119 mm x 22 mm x 2,40 m) mais raboté, sans défauts, et à peine 22% plus cher. Notons que cet épicéa a peut-être voyagé sur des milliers de kilomètres (depuis le Nord-Est ? Depuis la Scandinavie ? Depuis les Alpes ?…), alors que le pin des Landes est ici chez lui, mais presqu’aussi cher.
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Est-ce ainsi qu’on veut tirer vers le haut la filière du pin maritime ?
Qui a fait le coup ?…
C’est forcément l’association d’un producteur, d’un transformateur, et d’un distributeur : ça, on ne pourra pas le contredire… mais je n’ai pas dit qu’ils étaient tous les trois échauffés.
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Au fin-bout de cette bande, il y a forcément un quatrième : le pigeon !
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PostHeaderIcon Vive le bleu !

Enfin une initiative judicieuse :

L’entreprise Pierre Goujon, de Cabanac, a décidé de commercialiser le bois bleu ! Article à lire dans Sud-Ouest du 7 septembre.

Vive le bleu - Vignette

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Quand donc se lèveront des décorateurs de talent, des designers en vue, des architectes en vogue pour prolonger cette initiative ?

Quand va-t-on enfin se mettre à créer de beaux objets en pin bleu ? Des maisons faites en chablis légèrement bleutés ? Des meubles aux veines agréablement colorées ?…

Dès que souffle une brise, les sylviculteurs Landais sont victimes d’un diktat commercial. La seule crainte d’apparition du bleu dans le bois crée une panique anticipée et entraîne l’effondrement des prix. Au lieu de céder à cette panique générale, essayons plutôt de mettre en valeur notre excellent et beau bois bleu : mettons le bleu à la une !

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Petit rappel :

Dans les années 2000, après Martin, le bleu était interdit pour les bois de palette à cause de prétendus risques sanitaires. Peut-être craignait-on qu’une peste haineuse et sans scrupules saute brusquement de la palette à la gorge des boîtes de conserve. Peut-être avait-on peur que les germes du bleu ne fassent pas bon ménage avec les pesticides des boîtes de maïs. Peut-être que poulets aux hormones et tomates hors sol, horrifiés, refusaient de cohabiter avec la vie en vrai. Peut-être que les O.G.M. d’alors étaient trop sensibles, trop fragiles, trop délicats pour résister au Satan Bleu. Chochottes, va !

Dix ans plus tard, après Klaus, tout a changé : non seulement le bleu est maintenant accepté pour les palettes, mais on a même le droit de l’utiliser pour des caisses à vin. Le Satan Bleu du bois laisse en paix les bouteilles. Le lobby de la sardine, celui de la banane, celui du kiwi de Pétaouchnok et celui du thon rouge ont rangé leurs armes. Les Autorités Sanitaires emboîtent le pas. Ouf !

Comprenne qui pourra… mais il reste le problème du prix du bois.

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Landais, ressaisissons-nous !

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PostHeaderIcon Sud-Ouest en forêt

Jean-Claude Guillebaud revient sur la forêt landaise.

Dans l’édition du 15 août de Sud-Ouest-Dimanche, Jean-Claude Guillebaud apporte quelques retouches à sa chronique du 1er août.

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Lisons les deux chroniques :

Paris-Province - Vignette

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On peut aussi lire directement ces deux chroniques sur le site de Sud-Ouest aux adresses suivantes :

1) Une tempête très silencieuse : http://www.sudouest.fr/2010/08/01/une-tempete-tres-silencieuse-151399-4723.php

2) Retour en forêt : http://www.sudouest.fr/2010/08/15/retour-en-foret-161391-4723.php

Merci, Monsieur Guillebaud, de vous intéresser à ce qui fut une belle forêt et qui, n’en doutons pas, peut se relever si nous le voulons bien !

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Voici le message que je m’étais permis d’adresser à Monsieur Guillebaud le premier août, dès la parution de sa première chronique :

« Cher Monsieur,

J’ai lu avec intérêt votre chronique d’aujourd’hui dans Sud-Ouest Dimanche (« Paris-Province – Une tempête très silencieuse« ). Heureux de trouver enfin un journaliste abordant le sujet de la forêt, je souhaiterais cependant vous faire part de quelques observations personnelles.   Il est exact que la pauvre forêt landaise est actuellement dans un état très préoccupant, dû notamment à l’enchaînement des catastrophes comme vous l’évoquez :

  • crise économique
  • ouragan Klaus
  • marché du bois perverti
  • grave pullulation de chenilles processionnaires
  • grave manque de pluies printanières
  • grave attaque de sténographes

Tout cela est exact et, dans l’attente des incertaines suites, la forêt, actuellement, en est à ce stade désolant que vous décrivez.

Toutefois, ce n’est pas une « belle » forêt qui a été mise à terre. Rien ne sert de pleurer le patrimoine landais de nos rêves, car la forêt traditionnelle a cessé d’exister depuis plusieurs décennies : depuis l’arrivée progressive, mais massive, de la mécanisation à outrance. La forêt landaise que vous regrettez a disparu peu à peu dans la deuxième moitié du XXème siècle. Elle a été remplacée par un système où règne la monoculture stricte du pin, et inspiré des pratiques agricoles hyper-intensives. C’est une approche où les écosystèmes sont méprisés, où la biologie végétale doit se plier aux besoins des tracteurs, où les sols sont régulièrement perturbés en profondeur, où on passe sur les racines des arbres des engins tranchants, où on coupe les pins longtemps avant leur maturité, où leur vente est parfois inférieure à leur coût de production, etc..

Les résultats de cette monoculture intensive sont déplorables, notamment en ce qui concerne le paysage. Ce qui est par terre aujourd’hui, ce n’est pas une forêt, et encore moins la forêt landaise de nos souvenirs. Même si la légende survit à la réalité, ce n’est pas la « civilisation landaise« , ce n’est pas « l’un des plus beaux massifs forestiers d’Europe« , ce n’est pas du tout la « sylve monumentale qu’affectionnait François Mauriac« , mais ce sont de vulgaires champs d’arbres tordus et boursoufflés, des lignes de pins à croissance forcée, de mauvaise qualité technologique, et où le moindre feuillu est exterminé.

Ce qui est exact, c’est que c’est bien une « tragédie« , mais c’est nous-mêmes - nous, les forestiers - qui avons amené cette tragédie. Nous n’avons pas su voir venir les dangers de l’intensification, nous n’avons pas voulu acquérir une formation professionnelle de bon niveau, nous avons été fascinés par l’arrivée des tracteurs, et par l’illusion que l’augmentation de la productivité résoudrait tout. Si nous ne regardons pas où nous mettons les pieds, si nous ne voulons pas changer nos pratiques, c’est notre propre faute.

On pourrait élargir le sujet et dire bien des choses encore, évoquer l’industrie lourde, le sort des producteurs de bois, le rôle des organismes forestiers, la censure des petites voix… On pourrait, par exemple, montrer les analogies entre les « affaires » de la filière du bois, et les « péripéties » de l’affaire Bettencourt… Les affaires ! Il me semble que, dans une précédente chronique, vous critiquiez la dictature aveugle et inhumaine de la finance. Elle est partout !

Bien cordialement,

Jacques Hazera

Expert Forestier

http://www.Pijouls.com/blog/

P.S. – Petite rectification : le second grand ouragan n’a pas eu lieu en 2004, mais en 2009 (ouragan Klaus, du 24 janvier 2009).»

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PostHeaderIcon Lu dans la Komsomolskaia PRAVDA de Gascogne

Des Racines et des Ailes :

La réaction officielle du SSSoviêt Supprêm

en page 12 de la PRAVDA.

Le Præsidium du SSSoviêt Supprêm vient de réagir vivement de ses petits poings à la diffusion, qui a eu lieu le 21 avril dernier, de l’émission « Des Racines et des Ailes ».

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Avant de commenter, lisons :

Après démission - Vignette

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Et maintenant, commentons :

« Les sylviculteurs ont été profondément choqués et je me fais leur interprète. »

Landais, groupons-nous face à l’ennemi ! Unanimissons-nous tous ensemble tous ensemble derrière moi.

Silence, une seule tête, c’est moi qui parle

et censure aux autres !

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« Est-ce donc le moment de revenir à des cycles de 80 ans pour la récolte ? »

Évitons de produire stupidement de beaux pins mûrs à un coût modique dans le but de vendre du bois de haute valeur. Continuons plutôt comme on sait si bien faire, continuons tête baissée sans réfléchir, continuons à foncer dans le mur, hardi, allons-y !

Continuons de fabriquer, à grands frais mais à toute vitesse, de la biomasse minable qu’on est incapables de vendre correctement !

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« Le pin maritime est le seul arbre à vouloir pousser dans ce désert de sable et ceci depuis dix mille ans. Aucune autre espèce n’a pu s’y acclimater afin d’assainir le sol et produire de la richesse et de l’emploi. Il y a quand même 35.000 emplois industriels et au moins 40.000 sylviculteurs qui investissent chaque année dans cette forêt. »

Oui Chef, bien Chef, compris Chef, on promet de zigouiller tout ce qui n’est pas du pin maritime et qui pourtant veut pousser dans nos forêts ; on jure de détruire tous les feuillus, on s’engage à assassiner les chênes, les acacias, les châtaigniers, les bouleaux, saules, trembles, vergnes, sorbiers et toutes ces espèces qui n’existent pas mais qui nous narguent tous les jours !

Quant aux autres vermines, bourdaines, fougères, ajoncs, genêts, brandes et leurs commères, on les empoisonnera sans relâche et sans distinction ! C’est l’avenir du sol qui est en jeu, on a bien appris ça, Chef ! On est au moins 40.000 sylviculteurs à faire aveuglément c’que vous nous dites. Éradiquons graminées, légumineuses, éricacées, crucifères, fagacées, salicacées, bétulacées, faunacées, floracées et toutes ces satanacées !

On investit tant qu’on peut pour contrôler tous les intrus, Chef !

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« On peut certes [...] tenter d’imaginer un retour vers une Nature imaginaire. C’est à la mode, mais  est-ce raisonnable ? »

Respecter la biologie végétale ? Mais vous n’y pensez pas ! Que deviendraient nos beaux tracteurs ? Que deviendrait notre magnifique « couplage forêt-industrie » auquel nous sommes tellement attachés ? Nos pauvres industriels en deviendraient inconsolables !

Non, très franchement, ce ne serait pas raisonnable de réduire les travaux mécanisés (qui permettent à toute la filière de tourner grâce l’argent des sylvicos), pour laisser la Nature faire gratuitement le même travail !

La Nature, c’est juste un truc stupide, na ! Rompez !

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« Il y a encore beaucoup de choses à dire sur cette forêt, la seule en France, capable de fournir à une région, l’Aquitaine, un chiffre d’affaires égal à celui des vins de Bordeaux. »

On l’a bien vu, encore une fois, avec l’ouragan Klaus : la commercialisation des chablis a généré un chiffre d’affaires fabuleux, extraordinaire. Ouh là là, c’est surtout les sylvicos qui en ont profité ! Oh oui alors, ça c’est sûr ! Un chiffre d’affaires énorme, énorme ! Toute la prospérité des sylvicos vient du pin maritime. L’Arbre d’Or ! Et puis alors, hein, c’est pas près de s’arrêter…

…même si, pourtant, le pouvoir d’achat du pin maritime a été divisé par 16 entre 1970 et 2008 (sans même parler de 2009 ni de 2010 !).

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« Pour autant, elle n’a perdu ni son mystère, ni sa séduction… »

Le Præsidium du SSSoviêt Supprêm s’est largement foutu de nous jusqu’ici, mais alors là, c’est le bouquet final : prétendre que le Massif Landais de 2010 est encore la forêt mystérieuse qu’elle a pu être dans le passé, qu’elle aurait conservé sa séduction ! Moi je suis le Pape et mon copain c’est les Beatles. Le Massif Landais actuel (celui de 2008, juste avant l’ouragan Klaus), ce n’est en réalité que de vulgaires champs d’arbres tordus et boursouflés, des lignes de pins à croissance forcée, d’une exécrable qualité technologique, où le moindre feuillu est exterminé d’office et d’où, d’ailleurs, toute vie est absente.

Il y a une collusion – le fameux « couplage forêt-industrie » – qui, en un demi-siècle, a transformé notre belle pinède vivante et habitée en une machine à fabriquer de la pâte à papier, en un univers déshumanisé qui ne produit plus qu’une biomasse sans nom et sans valeur. C’est une déviance forestière. Tout cela se passe sous le contrôle des Instances SSSuprêmes.

Ces pratiques contre-nature sont en train d’engendrer des pullulations de parasites et de multiples attaques sanitaires. Tous les équilibres naturels sont anéantis.

Ce sont les conséquences directes de nos excès.

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STOP AUX BOBARDS !



PostHeaderIcon Les Lois

Les Lois changent à mesure que les civilisations évoluent. Rien de plus normal. Certains changements nous incitent cependant à douter des intentions réelles du Législateur.

Exemple avec le Code Forestier, dont un des tout premiers articles était ainsi rédigé :

Art. L. 211-1. Tout propriétaire exerce sur ses bois, forêts et terrains à boiser tous les droits résultant de la propriété dans les limites spécifiées par le présent code et par la loi, afin d’assurer l’équilibre biologique du pays et la satisfaction des besoins en bois et autres produits forestiers.

Il doit en réaliser le boisement, l’aménagement et l’entretien, en vue d’en assurer la rentabilité, conformément aux règles d’une sage gestion économique.
(extrait de l’édition Dalloz 1999 du Code Forestier)

Cet article est plein de sagesse : il stipule que le propriétaire d’une forêt doit s’en occuper afin d’en tirer profit, comme le ferait n’importe quel bon père de famille : en vue d’en assurer la rentabilité.

Or ce bel article a tout bonnement été abrogé par le Législateur :

Art. L. 211-1. Abrogé par L. n° 2001-602 du 9 juill. 2001, art. 72.
(extrait de l’édition Dalloz 2008 du Code Forestier)

Qu’en conclure ?

Je laisse à chacun le soin de cet exercice !…

PostHeaderIcon Un magazine édifiant

Une chaîne de télévision du Limousin a diffusé dans son magazine n° 179 (avril 2010) tout un reportage sur la forêt, à partir des questions qu’on peut se poser au sujet du P.E.F.C..

Ce reportage est lumineux, de bout en bout. La sylviculture, notamment, y est expliquée d’une façon tellement simple que tout semble aussi aisé qu’évident.

Les secrets de l’organisation de la filière du bois y sont révélés, ainsi que quelques collusions. Je vous recommande ardemment de le visionner, même s’il écorche au passage un certain nombre de procédés…

Rectif : … SURTOUT qu’il écorche au passage un grand nombre de procédés courants !

Des procédés qu’on retrouve bien entendu ailleurs : remplaçons juste « douglas » par « pin maritime » et on est chez nous dans les Landes.

Mais voyez plutôt ce qui se dit d’édifiant sur le Plateau des Millevaches :

PEFC

PostHeaderIcon Le fumeux « bois-énergie » – 1

Un article est paru dans Forêt-Entreprise sous le titre :

BOIS-ÉNERGIE : UNE FAUSSE « BONNE SOLUTION »
POUR ATTÉNUER L’EFFET DE SERRE

Bois-énergie : une fausse ‘bonne solution’ pour atténuer l’effet de serre

Forêt-Mail en a tiré le résumé suivant :

Cet article montre, par des exemples parfois caricaturaux, que se focaliser sur le bois-énergie à tout prix va à l’encontre des objectifs espérés en matière de stockage de carbone et de limitation de l’effet de serre. Les arguments développés sont le piètre pouvoir calorifique du bois comparé aux combustibles fossiles, ses grandes potentialités de séquestration de carbone, ses prédispositions de matériau peu gourmand en énergie lors de sa transformation (comparé au béton ou à l’acier).

En résumé, le bois est un combustible, c’est certain, mais ce n’est pas dans ce domaine qu’il excelle. C’est un sous-emploi qui devrait donc être réservé pour des sous-produits ou des produits en fin de vie.

 

Téléchargez le numéro entier de Forêt-Mail,

comme d’habitude très intéressant de bout en bout :

Forêt-Mail - Vignette

 

PostHeaderIcon Un projet intéressant… non retenu

Voici la description d’un projet intéressant, qui n’a malheureusement

pas fait partie des quatre lauréats.

Il s’agit d’un projet ambitieux que Pro Silva avait déposé en 2009

lors de l’appel à idées lancé par le Réseau Mixte Technologique.

Ce projet concernait le Massif Landais.

 Description du projet (Pro Silva - RMT) - Vignette

PostHeaderIcon Un constat de désastres (fin de l’article)

Voici enfin,

grâce à la très aimable autorisation de la revue Forêt-Entreprise,

la deuxième partie de l’entretien de Nathalie Maréchal avec Roland et Xavier Martin,

intitulée « Quelles réponses de l’industrie en Aquitaine ? ».

Lisons avidement :

Un constat de désastres (fin) - Vignette

 

  Relisons aussi la première partie de cet entretien :

Un constat de désastres - Vignette

Je rappelle que cette partie-ci est toujours accessible en téléchargement sur le site de la Forêt Privée Française :

http://www.foretpriveefrancaise.com/actualites/depeches/klaus-temoignage-un-constat-de-desastres-738322_738334_752366.html?&FULLTEXT=Un+constat+de+d%E9sastres

PostHeaderIcon Article paru dans Forêt Wallonne

Un article signé des bons auteurs !

Klaus et Pro Silva dans les Landes - Vignette

PostHeaderIcon Le G.P.F. Sud-Gironde écrit au Préfet d’Aquitaine

Le Groupement de Productivité Forestière du Sud-Gironde écrit au Préfet de la Région Aquitaine pour se plaindre de certaines dispositions concernant la reconstitution de la Forêt Landaise.

Lisons :

 Lettre du GPF - Vignette

PostHeaderIcon Le 21 avril

Des Racines et des Ailes : c’est pour le 21 avril !

Le reportage tourné l’automne dernier en forêt landaise par Delphine Détrie et son équipe pour l’émission « Des Racines et des Ailes » est programmé pour le 21 avril. Ce sera certainement un reportage très intéressant. Toute la « visite Pro Silva » du 3 octobre, à Hostens, avait été filmée. Nous avions aussi tourné de nombreuses autres séances en forêt, et des entretiens, des débats, des propos libres… L’équipe a également suivi de près l’exploitation des chablis par Stéphane Barbotin (F.J.A. Eurl), et la construction d’une fuste livrée tout récemment à Carcans-Plage par Philippe Bray (Les Maisons d’Arbres).
Bref, de quoi monter des heures d’émission, mais nous verrons si l’avenir forestier du Massif Landais aura vraiment réussi à passer les filtres délicats des chasseurs d’audience Parisiens…
Mon petit doigt est assez pessimiste sur ce point.
Tous à vos postes !

PostHeaderIcon Vive la forêt « mélangée »

Un article plutôt intéressant :

Vive la forêt mélangée - Vignette

PostHeaderIcon Après les aides, les conseils

Nouvelle scène de la vie dans la Forêt Landaise :

Les conseils - Vignette

PostHeaderIcon Les aides

Scène de la vie dans la Forêt Landaise :

Les aides - Vignette

PostHeaderIcon C’est baroque, c’est décadent, c’est Kafka, c’est Guignol… c’est bientôt les élections

Monsieur Le Préfet de la Région Aquitaine,

Préfet de la Gironde,

Officier de la Légion d’Honneur

Commandant de l’Ordre National du Mérite…

… qui donc vous tient la plume ?

L’Arrêté de reconstitution vient d’être signé. Depuis un an, depuis la survenue de notre ami Klaus, la France forestière prétend réfléchir à de nouvelles façons de pratiquer la sylviculture. Tout ce qui contient des neurones est d’avis de changer nos habitudes. Et les médias, et la presse spécialisée, et les colloques, et les symposiums, et les séminaires, et Internet, et tous les bureaux du Donjon, et tous les cercles de la Gascogne et tous les bistrots de la Guyenne débordent de grandes affirmations magiques :

« C’est promis, on va changer de sylviculture ! Oui changeons ! C’est ça, changeons… Il faut que les arbres tiennent debout, il faut que la forêt soit un réservoir de biodiversité, il faut améliorer la qualité du bois… Il faut des palombes, il faut une forêt faite pour l’Homme, il faut des forêts plus ceci, des forêts plus cela ! Oh oui, voilà ce qu’il faut !.. ».

En conséquence, on va continuer comme avant : c’est bien ce que dit cet Arrêté.

La preuve en deux extraits :

Disquage, dépressage... - Vignette

On va donc continuer à faire les entretiens forestiers au disque. Oui, au disque ! Pauvres racines : on va continuer à trancher consciencieusement les racines des pins avec des outils coûteux traînés par des monstres…

Quant à la régénération naturelle, afin d’éviter les substantielles économies qu’elle permettrait, on sera tenus de la massacrer. Au cas où quelques provocateurs voudraient quand même pratiquer ouvertement la régénération naturelle, ils seront aussitôt repérés, fichés, et on surveillera qu’ils la traitent selon les Règles Immuables de la Sainte Monoculture Intensive. De même, afin d’éviter tout risque d’amélioration de la qualité du bois, les rebelles devront avoir dépressé leurs semis naturels avant qu’aient sonné 5 ans, jusqu’à en réduire la densité à 2.500 tiges par hectare. Si jamais quelque adepte de la secte naturelle était assez téméraire pour se jeter aveuglément dans l’enrichissement en feuillus, il sera tenu de décaper une bande de 6 mètres de largeur autour de chaque plant et ce jusqu’à la septième génération !… Ce type de régénération naturelle enrichie, moi j’appelle ça de la plantation sur sol nu.

Quoi de forestier dans de telles dispositions ? M’est avis que ceux qui ont tenu la plume sont soit des industriels, soit des financiers, soit des politicards. Ceux qui ont approuvé l’Arrêté devraient avoir de plus saines lectures… Qu’ils viennent donc s’instruire sur un certain blog !

Ce brouillon aurait-il donc été arrêté dans l’urgence, en vue des élections ? S’agirait-il tout juste de rassurer certaines inquiétudes ? Peut-être ne s’agit-il que de relancer la filière… au détriment de la forêt elle-même ? Quelle frénésie pour sortir cet Arrêté, pour qu’il puisse être brandi à temps : pendant la campagne électorale ! Urgence, urgence, avis à toutes les voitures : élections en vue !

Pour une fois, au moment de la préparation du texte, les experts forestiers avaient été sollicités, chose assez rare pour être mentionnée. Hélas, nos petites remarques d’experts n’ont pas changé grand-chose : même de simples observations modestement consacrées à la seule orthographe ont été refoulées au panier ; bosser à l’œil, tant mieux si c’est pour rien ! Mais du coup ce brouillon, c’est du petit nègre.

Peu importe car, en réalité, cet Arrêté ne sera JAMAIS appliqué. On a mis la charrue avant les bœufs, et il faudra en rédiger un nouveau après les conclusions du groupe de travail actuellement en train de plancher. En effet, des travaux sont en cours pour faire le point sur les aspects techniques de la sylviculture : c’est le G.I.P.-ECO.FOR. qui y travaille. Or ce G.I.P. est financé par le Ministère… C’est ainsi que l’animal se mord la queue : le Ministère fait fi des résultats qui sortiront du groupe qui carbure pour lui. L’argent public est ainsi confirmé dans son rôle habituel, bassement stratégique, et ce qui est consacré, c’est seulement la fébrilité électorale. Ça rappelle le fameux « Gel Présidentiel », tout ce qui est politicien étant sacré.

Politicard « au sens noble du terme » comme disent beaucoup d’élus !

Faut-il souhaiter le prochain ouragan, la prochaine dévastation ? Au secours !

PostHeaderIcon Forêt Landaise et biodiversité : un colloque

Annonce d’un colloque qui se tiendra à Sabres le 27 février prochain.

Ce colloque est organisé par Europe-Écologie et réunira un certain nombre de témoins et de professionnels. Pour ma part, j’ai été invité à y présenter succinctement la « sylviculture naturelle et continue ».

Programme à télécharger :

Forêt Landaise et biodiversité - Vignette

PostHeaderIcon Des racines et des ailes en avril

Voici des nouvelles de l’émission « Des racines et des ailes », données ces jours-ci par sa réalisatrice Delphine Détrie :

 

L’émission sera probablement diffusée en avril prochain (sur FR3).

 

Le montage devrait être terminé vers la mi-février. Tout se passe bien. Les dernières prises ont été tournées la semaine dernière, à Carcans-plage, sur le chantier de remontage de la fuste que Philippe Bray est en train de terminer (voir Les Maisons d’Arbres, fustes en pin maritime : http://www.lesmaisonsdarbres.com/).

 

Rappel (pour ceux qui prendraient l’émission en cours de route) :

Delphine Détrie et son équipe sont en train de préparer un reportage de 52 minutes pour l’émission de FR3 « Des racines et des ailes ». En octobre dernier, ils sont venus passer plusieurs semaines en Gironde pour réaliser les tournages. Le thème est la mise en valeur du patrimoine forestier dans le Massif Landais. Il est clair qu’un tel sujet ne pouvait pas passer à côté de la « sylviculture naturelle et continue ». Delphine et ses aides ont filmé toute la « Journée Pro Silva » du 3 octobre en forêt, à Hostens. Ils ont également fait des tournages sur l’exploitation des chablis, avec Stéphane Barbotin, et sur le chantier de préparation de la fuste chez Philippe Bray à Béliet, et à Cousseau chez François Sargos, et sur la parcelle des gros pépères de 100 ans à Louchats (on devrait voir le « Pin-Président »), etc.. Dès que j’en sais plus je vous appelle !

 

Un grand bonjour à Delphine et à ses Ailes !

 

 

PostHeaderIcon Les forêts slovènes

Extrait d’une présentation faite par le Comité des Forêts au sujet des forêts slovènes :

« [...] Dès l’après-guerre, et avec le soutien de la FAO, une politique forestière particulièrement dynamique, volontariste et efficace a été mise en place, dont les principales mesures ont été les suivantes :

  • Interdiction de la coupe rase ;
  • Élimination des chèvres ;
  • Gestion communautaire des propriétés privées morcelées ;
  • Mise en place d’un système de financement des travaux sylvicoles, de la desserte des massifs, y compris la liaison téléphonique des fermes isolées. Les propriétaires réalisant des travaux dans leurs propres parcelles pouvaient avoir accès à ces crédits, qu’ils soient exécutés par eux-mêmes ou par des prestataires de services ;
  • Création de la faculté forestière à l’Université de Ljubljana, en relation constante et très proche avec les gestionnaires de terrain ;
  • Très grands efforts de formation continue de tous les intervenants ;
  • Application sur tout le territoire d’une sylviculture multifonctionnelle, continue et proche de la nature.

Les résultats de ces efforts ont été, notamment, les suivants : ils permettent certainement de citer la Slovénie comme un modèle de gestion forestière à l’échelle de tout un pays :

  • Augmentation du taux de boisement : 1875 = 36 %  -  1947 = 43 %  -  2005 = 58 % ;
  • Volume producteur à l’hectare : 1947 = 130 m3 -  2008 = 290 m3 ;
  • Accroissement : 1947 = 2,9 m3/ha/an  -  2003 = 6,2 m3/ha/an ;
  • Régénérations naturelles en 2005 : 98 % ;
  • Routes forestières : 1950 = 2 ml/ha  -  2003 = 20 ml/ha.« 

Et nous, qu’attend-on pour bâtir une véritable politique forestière ? Qu’attend-on pour promouvoir sérieusement le bois massif ?

Est-on donc trop couillons, nous, en France, ou trop fiers, pour emboîter le pas, ou peut-être trop esclaves des lobbies ?…

PostHeaderIcon Bourrage de crâne

Ils se sont ligués.

Ils voudraient qu’on reboise le Massif Landais : à l’occasion de l’anniversaire de Klaus, la presse en répercute la litanie. Tout est déjà décidé à la place des propriétaires.

Qu’on nous donne au moins une bonne raison de reboiser. Reboiser dans quel but ? Pour quoi faire ? Pour quel intérêt ?… Pour quels intérêts ? Pour l’emploi ? Pour l’approvisionnement de la filière ? Pour le tourisme, l’écologie, l’oxygène, l’épuration des eaux, les paysages, les promeneurs ?… Pour l’habitat du vison d’Europe, pour la cistude ?… Pour la bonne conscience des élus ?…

Qui a décidé ? C’est simple : les industriels, les papetiers, les pépiniéristes, le Syndicat des Sylviculteurs, le Centre Régional de la Propriété Forestière, les élus…

Qui va payer ?… Les propriétaires n’ont pas à se transformer en assistantes sociales, ni en mécènes. Je rappelle que le pouvoir d’achat du bois de pin maritime a été divisé par 16 entre 1970 et 2008 !

Au lieu de discours et de promesses, ce qui est indispensable, urgent, impératif, c’est un véritable projet forestier au plan national : une politique forestière digne de ce nom ! N’oublions pas que le niveau d’une civilisation se mesure à l’état de sa forêt.

PostHeaderIcon Encore des citations

Citations n° 3 sur le thème de l’honnêteté intellectuelle :

Citations n° 3 - Vignette

PostHeaderIcon Un constat de désastres

Lu…

… dans les deux derniers numéros de Forêt-Entreprise un témoignage extrêmement intéressant signé de Roland et Xavier Martin sur les suites de l’ouragan et sur l’avenir de la Forêt Landaise. Je vous en recommande ardemment la lecture.

Ce témoignage est en deux parties, l’une ayant paru dans le numéro 189 (novembre 2009) sous le titre « Un constat de désastres » est en téléchargement libre sur le site de la Forêt Privée Française (http://www.foretpriveefrancaise.com/klaus-temoignage-un-constat-de-desastres-752366.html).

La seconde partie est à lire dans le numéro 190 (janvier 2010) sous le titre « Quelles réponses de l’industrie en Aquitaine ? » mais n’est pas accessible sur le net.

Pour retrouver le site des Forestiers Privés de France : www.foretpriveefrancaise.com/

PostHeaderIcon L’homme qui a vu le Grand Patagourou

Témoignage exclusif de

l’Homme Qui A Vu Le Grand Patagourou :

« J’ai eu l’immense joie de faire la connaissance de votre immense ami le Grand Patagourou. Il est au moins comme vous me l’aviez décrit, en pire ! C’est un répulsif à l’intelligence et au respect. »

J’en profite pour saluer au passage notre Immense Ami le Grand Patagourou et ses Complices !