Articles avec le tag ‘monoculture intensive’

PostHeaderIcon Labour toujours

Alors, les laboureurs, je vous trouve bien timides : zéro réponse pour l’instant !

Puisqu’il faut vous aider, voici ce que vous auriez pu dire :

- « Le travail du sol a pour objectifs une bonne aération du sol et un mélange intime des différents horizons, de façon à augmenter le volume prospecté par le système racinaire du pin. On sait qu’un développement racinaire harmonieux et important est gage de la qualité et de la productivité des peuplements. Le travail du sol devra donc être aussi profond que possible et intéresser la totalité de la surface de la zone reboisée. » (Henry Chaperon – La culture du pin maritime en Aquitaine – A.FO.CEL. 1986 – Page 75).

Ou encore ceci :

- « Le labour a des objectifs multiples. Autrefois, on cherchait seulement à rendre possible le contact direct de la graine avec le sol minéral. Depuis longtemps, on s’est aperçu qu’il fallait être plus ambitieux. On recherche maintenant un ameublissement sur au moins 30 cm, et un bon mélange de la matière organique, de l’engrais et du sol minéral. » (Jean-Paul Maugé – Le pin maritime, premier résineux de France – I.D.F. 1987 – Page 107).

Voilà donc ce que vous auriez pu donner comme arguments. Bien qu’ils soient très rudimentaires, ce sont des arguments officiels parfaitement estampillés. Toutefois, ces arguments auraient suscité de ma part quelques nouvelles questions.

Exemples :

- Comment est-il possible que, « pour aérer le sol », on y lâche des engins de 160 chevaux et plus ?
- Par quel miracle est-il possible que le simple « mélange intime des différents horizons augmente le volume prospecté par le système racinaire » ?
- Comment se fait-il que des pins installés de façon naturelle bien avant l’existence des tracteurs et des charrues atteignent 40 mètres de hauteur et soient encore debout en 2010 ?
- Quel est le volume prospecté par les racines de tels pins n’ayant jamais bénéficié des outils modernes ?
- Comment se fait-il que, en n’ameublissant le sol que sur une profondeur de 30 cm, on aide les racines à descendre au-dessous ?
- Quel est l’intérêt de « mélanger la matière organique, l’engrais, et le sol minéral » ?
- Est-ce que notre brave pin maritime est trop stupide pour trouver ce qui lui convient, eau et sels minéraux ? Est-ce que les autres arbres sont plus malins que lui ?
- Les végétaux du monde entier ont-ils attendu, pour croître et se multiplier, qu’il existe tracteurs, charrues, engrais, gros sous… ?

Allez les gars, courage ! Vous ne m’aidez pas beaucoup sur ce débat !

Vous avez la parole.

En attendant votre réponse, les tracteurs tournent,

les euros changent de mains…

et les pins tombent !

PostHeaderIcon Les sols landais

Une étude intéressante sur nos sols landais :

Le maintien de la fertilité des sols forestiers landais - Vignette

Il s’agit d’une revue bibliographique publiée en 1999 sur le sujet, et coordonnée par Pierre Trichet (I.N.R.A. de Pierroton), dans le cadre de la monoculture intensive du pin maritime. Bien que sa publication soit déjà ancienne, il semble bizarrement que personne ne se soucie des mises en garde qui y sont faites.

Quelques extraits :

[...] D’ores et déjà, des scénarios plus intensifs fondés sur de courtes rotations (20 à 25 ans) sont envisagés par les gestionnaires forestiers pour répondre à l’évolution du marché vers la production de bois de trituration (Lesgourgues et al., 1997). Face à l’apparition de tels scénarios, impliquant une pression accrue sur les sols forestiers (interventions mécaniques, augmentation de la  productivité forestière et raccourcissement des rotations), le maintien de la fertilité des sols à long terme se pose de manière cruciale. Dans un souci de gestion durable des ressources minérales et organiques du sol à l’échelle du massif landais, un certain nombre de travaux ont déjà été réalisés ou sont en cours de réalisation. [...]

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[...] La mise en andain et le brûlage provoquent des pertes minérales importantes (lessivage, volatilisation, pertes particulaires) et privent le sol d’un apport de matière organique fraîche, nécessaire au maintien de ses caractéristiques physico-chimiques. Ces pratiques sont donc à déconseiller dans le cadre d’une gestion durable. Chez le Pin maritime l’écorce est épaisse : elle constitue sur un peuplement de 26 ans de l’ordre de 12 % de la biomasse aérienne (Porté, 1999). L’écorçage en forêt permettrait de réduire les exportations, et restituer au sol une importante quantité de matière organique (+55% par rapport à la restitution du houppier seul, sur le peuplement étudié de 26 ans) et de minéraux : pour un pin maritime de 16 ans, 30 % de l’azote et du phosphore contenus dans le tronc, sont dans l’écorce (Lemoine et al. 1988, 1990). Cependant, la valeur commerciale de l’écorce de Pin maritime (très recherchée en horticulture), rend peu probable l’hypothèse d’un écorçage in situ. [...]

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[...] les effets observés lors de la mise en culture de ces sols (Jolivet et al., 1997) laissent penser que l’effet mécanique de la coupe rase et du travail du sol possède un impact important, au moins en ce qui concerne la minéralisation des stocks de matières organiques. Le labour profond réalisé avant l’installation de la plantation, favorise l’incorporation de la matière organique dans le sol, accélère la minéralisation et provoquerait ainsi une libération massive d’éléments minéraux dans le sol, qui peuvent être immobilisés dans la strate basse ou par les jeunes arbres, ou exportés hors du profil par drainage. Le mélange des horizons supérieurs (O et A1) provoqué par le labour peut également être à l’origine d’une dilution des stocks d’éléments minéraux et organiques localisés dans la couche superficielle du sol. [...]

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[...] Dans un contexte similaire, Schmitt et al. (1996) ont mis en évidence une diminution des teneurs en azote minéralisable et en phosphore assimilable, liée à la préparation mécanique du sol. [...]

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[...] Pennock et van Kessel (1997) observent ainsi que la réduction des stocks de carbone liée à la coupe rase varie en fonction de la texture du sol, les pertes les plus importantes étant mesurées dans les sols de texture sableuse. [...]

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[...] La fixation symbiotique d’azote est assurée par des ajoncs (Ulex nanus et Ulex europaeus), aucune estimation des quantités fixées ne peut à ce jour être fournie, cependant la non dominance des ajoncs parmi la flore landaise peut amener à penser que les quantités fixées sont faibles. La fixation non symbiotique de l’azote n’a jamais, à notre connaissance, été abordée, dans le contexte landais [...]

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[...] L’introduction de cultures intercalaires de légumineuses fixatrices d’azote (engrais vert), comme cela a été réalisé en Australie sur Pinus radiata (Nambiar et Nethercot, 1987 ; Smethurst et al., 1986), pourrait être ne solution à tester. [...]

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[...] Une acidification supplémentaire de sols déjà très acides ne serait pas sans conséquences néfastes sur l’évolution de la fertilité des sols landais. [...]

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[...] Les perspectives d’intensification, basée sur le raccourcissement des rotations et l’accroissement des exportations minérales hors de l’écosystème, seront donc à considérer avec la plus grande prudence. [...]

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[...] De toutes les modifications probables de l’itinéraire technique sylvicole du Pin maritime, le raccourcissement des révolutions est sans doute le point le plus délicat à prendre en compte dans le raisonnement du maintien de la fertilité des sols landais. En effet, l’augmentation des fréquences des prélèvements minéraux et organiques, et des perturbations du sol liées à la coupe rase, est susceptible d’engendrer d’importants changements dans les caractères et la fertilité des sols forestiers landais. [...]

Deux remarques :

1- Une petite rectification : il serait temps que les forestiers cessent d’employer le terme de ‘rotation‘ à la place de ‘révolution‘. Ce n’est absolument pas la même chose et cette erreur entraîne une confusion néfaste. Dans toute cette étude – du reste fort intéressante – c’est la notion de ‘révolution’ qui est représentée par le terme ‘rotation’.

2- Une interrogation : si les légumineuses permettent la fixation symbiotique de l’azote, pourquoi détruit-on systématiquement et régulièrement les légumineuses présentes, ajoncs et genêts notamment ? L’étude suggère d’en introduire artificiellement, comme cela a été tenté en Australie, alors que de nombreuses parcelles landaises en sont déjà bien pourvues !…

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PostHeaderIcon Le labour en forêt

Quelques échanges au sujet du labour, à lire sur le site « Adiu – Sud-Gironde » :

Adiu - Le labour - Vignette

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Le sujet est encore très loin d’être clos, mais pour l’instant aucun partisan du labour n’a daigné s’exprimer.

On se doute bien qu’ils sont tous occupés à tirer la charrue et qu’ils ont bien d’autres travaux à faire que de papoter sur le Net avec des couillons… Alors, entre couillons, on papote sur le Net à la gloire des Partisans du Labour.

PostHeaderIcon Conversation n° 2

Fiche technique :

Conversation n° 2 - Vignette

PostHeaderIcon L’autre mort

Lu dans la Dépêche du Midi du 24 août une pleine page intitulée

« L’autre mort de la forêt »

et qui ne fera peut-être pas plaisir à une certaine catégorie de personnel. Il s’agit de cet incendie sans flamme que subit actuellement notre pauvre Massif Landais. La conclusion est à lire sans faute, de même que l’encadré d’Hervé Jactel.

Pour lire l’article au format .Pdf cliquons ici (attention : qualité médiocre et lecture difficile) :

L'autre mort de la forêt - Vignette

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Pour le lire directement sur le site du quotidien, cliquons là :

L'autre mort de la forêt 2 - Vignette

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Bon alors, exceptionnellement pour ceux qui auraient la flemme d’ouvrir un lien pendant les vacances, voici l’encadré d’Hervé Jactel :

Hervé Jactel, directeur de recherches à l’INRA de Bordeaux :

« C’est qu’il existe une relation entre la biodiversité et la santé des forêts. On sait aujourd’hui que les forêts mélangées sont plus résistantes que les forêts pures, c’est-à-dire composées d’une seule essence comme le pin maritime dans le cas des Landes. Pour deux raisons majeures : parce qu’une essence forestière mélangée à d’autres est plus difficile à localiser par les insectes ravageurs attirés par ses signaux visuels et olfactifs et parce que les forêts mélangées abritent davantage d’ennemis naturels des ravageurs, autres insectes ou oiseaux insectivores. Ces mécanismes peuvent s’appliquer aux scolytes attirés par l’odeur de résine des conifères dépérissants car l’odeur des feuillus perturbe leurs mécanismes de localisation du pin. D’un point de vue strictement écologique, il convient donc de réfléchir à une diversification des essences forestières pour le massif, en créant des îlots ou des haies de feuillus à disperser dans l’espace forestier. »

On peut aussi se reporter à un précédent article, publié le 8 mars 2010 sur ce même blog, et citant Hervé Jactel, intitulé :Vive la forêt mélangée

Vive la forêt mélangée - Vignette

On peut également voir un petit film très intéressant sur le site de l’I.N.R.A. à l’adresse suivante : http://www.inra.fr/content/view/full/36862453

-Hervé Jactel - Vignette

PostHeaderIcon Sud-Ouest en forêt

Jean-Claude Guillebaud revient sur la forêt landaise.

Dans l’édition du 15 août de Sud-Ouest-Dimanche, Jean-Claude Guillebaud apporte quelques retouches à sa chronique du 1er août.

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Lisons les deux chroniques :

Paris-Province - Vignette

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On peut aussi lire directement ces deux chroniques sur le site de Sud-Ouest aux adresses suivantes :

1) Une tempête très silencieuse : http://www.sudouest.fr/2010/08/01/une-tempete-tres-silencieuse-151399-4723.php

2) Retour en forêt : http://www.sudouest.fr/2010/08/15/retour-en-foret-161391-4723.php

Merci, Monsieur Guillebaud, de vous intéresser à ce qui fut une belle forêt et qui, n’en doutons pas, peut se relever si nous le voulons bien !

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Voici le message que je m’étais permis d’adresser à Monsieur Guillebaud le premier août, dès la parution de sa première chronique :

« Cher Monsieur,

J’ai lu avec intérêt votre chronique d’aujourd’hui dans Sud-Ouest Dimanche (« Paris-Province – Une tempête très silencieuse« ). Heureux de trouver enfin un journaliste abordant le sujet de la forêt, je souhaiterais cependant vous faire part de quelques observations personnelles.   Il est exact que la pauvre forêt landaise est actuellement dans un état très préoccupant, dû notamment à l’enchaînement des catastrophes comme vous l’évoquez :

  • crise économique
  • ouragan Klaus
  • marché du bois perverti
  • grave pullulation de chenilles processionnaires
  • grave manque de pluies printanières
  • grave attaque de sténographes

Tout cela est exact et, dans l’attente des incertaines suites, la forêt, actuellement, en est à ce stade désolant que vous décrivez.

Toutefois, ce n’est pas une « belle » forêt qui a été mise à terre. Rien ne sert de pleurer le patrimoine landais de nos rêves, car la forêt traditionnelle a cessé d’exister depuis plusieurs décennies : depuis l’arrivée progressive, mais massive, de la mécanisation à outrance. La forêt landaise que vous regrettez a disparu peu à peu dans la deuxième moitié du XXème siècle. Elle a été remplacée par un système où règne la monoculture stricte du pin, et inspiré des pratiques agricoles hyper-intensives. C’est une approche où les écosystèmes sont méprisés, où la biologie végétale doit se plier aux besoins des tracteurs, où les sols sont régulièrement perturbés en profondeur, où on passe sur les racines des arbres des engins tranchants, où on coupe les pins longtemps avant leur maturité, où leur vente est parfois inférieure à leur coût de production, etc..

Les résultats de cette monoculture intensive sont déplorables, notamment en ce qui concerne le paysage. Ce qui est par terre aujourd’hui, ce n’est pas une forêt, et encore moins la forêt landaise de nos souvenirs. Même si la légende survit à la réalité, ce n’est pas la « civilisation landaise« , ce n’est pas « l’un des plus beaux massifs forestiers d’Europe« , ce n’est pas du tout la « sylve monumentale qu’affectionnait François Mauriac« , mais ce sont de vulgaires champs d’arbres tordus et boursoufflés, des lignes de pins à croissance forcée, de mauvaise qualité technologique, et où le moindre feuillu est exterminé.

Ce qui est exact, c’est que c’est bien une « tragédie« , mais c’est nous-mêmes - nous, les forestiers - qui avons amené cette tragédie. Nous n’avons pas su voir venir les dangers de l’intensification, nous n’avons pas voulu acquérir une formation professionnelle de bon niveau, nous avons été fascinés par l’arrivée des tracteurs, et par l’illusion que l’augmentation de la productivité résoudrait tout. Si nous ne regardons pas où nous mettons les pieds, si nous ne voulons pas changer nos pratiques, c’est notre propre faute.

On pourrait élargir le sujet et dire bien des choses encore, évoquer l’industrie lourde, le sort des producteurs de bois, le rôle des organismes forestiers, la censure des petites voix… On pourrait, par exemple, montrer les analogies entre les « affaires » de la filière du bois, et les « péripéties » de l’affaire Bettencourt… Les affaires ! Il me semble que, dans une précédente chronique, vous critiquiez la dictature aveugle et inhumaine de la finance. Elle est partout !

Bien cordialement,

Jacques Hazera

Expert Forestier

http://www.Pijouls.com/blog/

P.S. – Petite rectification : le second grand ouragan n’a pas eu lieu en 2004, mais en 2009 (ouragan Klaus, du 24 janvier 2009).»

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PostHeaderIcon Lu dans la Komsomolskaia PRAVDA de Gascogne

Des Racines et des Ailes :

La réaction officielle du SSSoviêt Supprêm

en page 12 de la PRAVDA.

Le Præsidium du SSSoviêt Supprêm vient de réagir vivement de ses petits poings à la diffusion, qui a eu lieu le 21 avril dernier, de l’émission « Des Racines et des Ailes ».

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Avant de commenter, lisons :

Après démission - Vignette

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Et maintenant, commentons :

« Les sylviculteurs ont été profondément choqués et je me fais leur interprète. »

Landais, groupons-nous face à l’ennemi ! Unanimissons-nous tous ensemble tous ensemble derrière moi.

Silence, une seule tête, c’est moi qui parle

et censure aux autres !

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« Est-ce donc le moment de revenir à des cycles de 80 ans pour la récolte ? »

Évitons de produire stupidement de beaux pins mûrs à un coût modique dans le but de vendre du bois de haute valeur. Continuons plutôt comme on sait si bien faire, continuons tête baissée sans réfléchir, continuons à foncer dans le mur, hardi, allons-y !

Continuons de fabriquer, à grands frais mais à toute vitesse, de la biomasse minable qu’on est incapables de vendre correctement !

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« Le pin maritime est le seul arbre à vouloir pousser dans ce désert de sable et ceci depuis dix mille ans. Aucune autre espèce n’a pu s’y acclimater afin d’assainir le sol et produire de la richesse et de l’emploi. Il y a quand même 35.000 emplois industriels et au moins 40.000 sylviculteurs qui investissent chaque année dans cette forêt. »

Oui Chef, bien Chef, compris Chef, on promet de zigouiller tout ce qui n’est pas du pin maritime et qui pourtant veut pousser dans nos forêts ; on jure de détruire tous les feuillus, on s’engage à assassiner les chênes, les acacias, les châtaigniers, les bouleaux, saules, trembles, vergnes, sorbiers et toutes ces espèces qui n’existent pas mais qui nous narguent tous les jours !

Quant aux autres vermines, bourdaines, fougères, ajoncs, genêts, brandes et leurs commères, on les empoisonnera sans relâche et sans distinction ! C’est l’avenir du sol qui est en jeu, on a bien appris ça, Chef ! On est au moins 40.000 sylviculteurs à faire aveuglément c’que vous nous dites. Éradiquons graminées, légumineuses, éricacées, crucifères, fagacées, salicacées, bétulacées, faunacées, floracées et toutes ces satanacées !

On investit tant qu’on peut pour contrôler tous les intrus, Chef !

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« On peut certes [...] tenter d’imaginer un retour vers une Nature imaginaire. C’est à la mode, mais  est-ce raisonnable ? »

Respecter la biologie végétale ? Mais vous n’y pensez pas ! Que deviendraient nos beaux tracteurs ? Que deviendrait notre magnifique « couplage forêt-industrie » auquel nous sommes tellement attachés ? Nos pauvres industriels en deviendraient inconsolables !

Non, très franchement, ce ne serait pas raisonnable de réduire les travaux mécanisés (qui permettent à toute la filière de tourner grâce l’argent des sylvicos), pour laisser la Nature faire gratuitement le même travail !

La Nature, c’est juste un truc stupide, na ! Rompez !

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« Il y a encore beaucoup de choses à dire sur cette forêt, la seule en France, capable de fournir à une région, l’Aquitaine, un chiffre d’affaires égal à celui des vins de Bordeaux. »

On l’a bien vu, encore une fois, avec l’ouragan Klaus : la commercialisation des chablis a généré un chiffre d’affaires fabuleux, extraordinaire. Ouh là là, c’est surtout les sylvicos qui en ont profité ! Oh oui alors, ça c’est sûr ! Un chiffre d’affaires énorme, énorme ! Toute la prospérité des sylvicos vient du pin maritime. L’Arbre d’Or ! Et puis alors, hein, c’est pas près de s’arrêter…

…même si, pourtant, le pouvoir d’achat du pin maritime a été divisé par 16 entre 1970 et 2008 (sans même parler de 2009 ni de 2010 !).

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« Pour autant, elle n’a perdu ni son mystère, ni sa séduction… »

Le Præsidium du SSSoviêt Supprêm s’est largement foutu de nous jusqu’ici, mais alors là, c’est le bouquet final : prétendre que le Massif Landais de 2010 est encore la forêt mystérieuse qu’elle a pu être dans le passé, qu’elle aurait conservé sa séduction ! Moi je suis le Pape et mon copain c’est les Beatles. Le Massif Landais actuel (celui de 2008, juste avant l’ouragan Klaus), ce n’est en réalité que de vulgaires champs d’arbres tordus et boursouflés, des lignes de pins à croissance forcée, d’une exécrable qualité technologique, où le moindre feuillu est exterminé d’office et d’où, d’ailleurs, toute vie est absente.

Il y a une collusion – le fameux « couplage forêt-industrie » – qui, en un demi-siècle, a transformé notre belle pinède vivante et habitée en une machine à fabriquer de la pâte à papier, en un univers déshumanisé qui ne produit plus qu’une biomasse sans nom et sans valeur. C’est une déviance forestière. Tout cela se passe sous le contrôle des Instances SSSuprêmes.

Ces pratiques contre-nature sont en train d’engendrer des pullulations de parasites et de multiples attaques sanitaires. Tous les équilibres naturels sont anéantis.

Ce sont les conséquences directes de nos excès.

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STOP AUX BOBARDS !



PostHeaderIcon La parole aux techniciens

Je cherche des forestiers professionnels pour m’éclairer sur une question technique.

Voici ma question :

Quel est l’intérêt de labourer le sol en grande profondeur ?

Le labour profond est une pratique très courante et qui a de nombreux adeptes, à commencer par les entrepreneurs de travaux, la C.A.F.S.A., la C.O.F.O.G.A.R., le C.R.P.F., les pépiniéristes, l’O.N.F., les sylviculteurs…

… je ne doute donc pas un seul instant qu’un grand nombre de volontaires vont se bousculer pour répondre à ma question !

Attention : ma question ne porte pas sur le sous-solage, mais bien sur le labour, qui se pratique avant le reboisement de façon systématique, sans aucun diagnostic préalable, et dans tous les types de sols.

Quelles en sont les raisons ?…

Quelle en est la justification technique ?…

Est-il possible d’en débattre ?…
Est-ce un sujet-tabou ?…
Est-ce que je vais être traîné devant les tribunaux pour avoir lancé ce sujet ?…

D’avance merci pour toutes réponses précises et bien argumentées…

… mais j’aurai ensuite quelques autres questions.

PostHeaderIcon Un raccourci qui en dit long

« Le plus grand destructeur des sols est l’essuie-glace »

Ce raccourci qui paraît un peu abscons à première vue est pourtant lumineux :

Depuis que les tracteurs agricoles sont devenus confortables,

depuis qu’ils ont le chauffage et la climatisation,

depuis qu’ils permettent de travailler quel que soit le temps,

bref, depuis que la pluie n’est plus dissuasive,

on laboure, on émiette, on herse, on aère, on décompacte,

on dégranule, on sous-sole, on dé-tasse et on re-détasse,

on re-bidouille et on re-dé-bidouille n’importe quand,

pluie, grêle ou vent…

En forêt, on fait pareil puisqu’on tient absolument à singer les agricultueurs, et que maintenant ce n’est plus la forêt qui commande aux tracteurs, mais l’inverse.

Je remercie Gérard Ducerf

(fondateur de Promonature),

de m’avoir gentiment autorisé à reproduire ce raccourci à échasses

qui fait des bonds de sept lieues !

Allez, une autre :

« En 2007, 71% des sols agricoles français avaient perdu leur porosité »

… mais ça, c’est l’I.N.R.A. qui le dit !

J’en ai aussi quelques-unes sur les conséquences des pratiques industricoles :

« En Argentine, 70% des enfants naissent stériles »

« Au Chili, les nouveaux-nés sont en très grande majorité des filles »

« Ici, de nombreux veaux naissent sans testicouilles »

Une dernière pour le fun :

« Le coquelicot, c’est la plante qui a inventé le semoir »

… mais celle-là, elle n’est pas subversive pour la jeunesse,

c’est juste un autre raccourci de Gérard Ducerf,

un simple hommage de sa part au génie des plantes.

Merci Gérard de nous ouvrir les yeux !

PostHeaderIcon Un magazine édifiant

Une chaîne de télévision du Limousin a diffusé dans son magazine n° 179 (avril 2010) tout un reportage sur la forêt, à partir des questions qu’on peut se poser au sujet du P.E.F.C..

Ce reportage est lumineux, de bout en bout. La sylviculture, notamment, y est expliquée d’une façon tellement simple que tout semble aussi aisé qu’évident.

Les secrets de l’organisation de la filière du bois y sont révélés, ainsi que quelques collusions. Je vous recommande ardemment de le visionner, même s’il écorche au passage un certain nombre de procédés…

Rectif : … SURTOUT qu’il écorche au passage un grand nombre de procédés courants !

Des procédés qu’on retrouve bien entendu ailleurs : remplaçons juste « douglas » par « pin maritime » et on est chez nous dans les Landes.

Mais voyez plutôt ce qui se dit d’édifiant sur le Plateau des Millevaches :

PEFC

PostHeaderIcon Le fumeux « bois-énergie » – 1

Un article est paru dans Forêt-Entreprise sous le titre :

BOIS-ÉNERGIE : UNE FAUSSE « BONNE SOLUTION »
POUR ATTÉNUER L’EFFET DE SERRE

Bois-énergie : une fausse ‘bonne solution’ pour atténuer l’effet de serre

Forêt-Mail en a tiré le résumé suivant :

Cet article montre, par des exemples parfois caricaturaux, que se focaliser sur le bois-énergie à tout prix va à l’encontre des objectifs espérés en matière de stockage de carbone et de limitation de l’effet de serre. Les arguments développés sont le piètre pouvoir calorifique du bois comparé aux combustibles fossiles, ses grandes potentialités de séquestration de carbone, ses prédispositions de matériau peu gourmand en énergie lors de sa transformation (comparé au béton ou à l’acier).

En résumé, le bois est un combustible, c’est certain, mais ce n’est pas dans ce domaine qu’il excelle. C’est un sous-emploi qui devrait donc être réservé pour des sous-produits ou des produits en fin de vie.

 

Téléchargez le numéro entier de Forêt-Mail,

comme d’habitude très intéressant de bout en bout :

Forêt-Mail - Vignette

 

PostHeaderIcon Un projet intéressant… non retenu

Voici la description d’un projet intéressant, qui n’a malheureusement

pas fait partie des quatre lauréats.

Il s’agit d’un projet ambitieux que Pro Silva avait déposé en 2009

lors de l’appel à idées lancé par le Réseau Mixte Technologique.

Ce projet concernait le Massif Landais.

 Description du projet (Pro Silva - RMT) - Vignette

PostHeaderIcon Un constat de désastres (fin de l’article)

Voici enfin,

grâce à la très aimable autorisation de la revue Forêt-Entreprise,

la deuxième partie de l’entretien de Nathalie Maréchal avec Roland et Xavier Martin,

intitulée « Quelles réponses de l’industrie en Aquitaine ? ».

Lisons avidement :

Un constat de désastres (fin) - Vignette

 

  Relisons aussi la première partie de cet entretien :

Un constat de désastres - Vignette

Je rappelle que cette partie-ci est toujours accessible en téléchargement sur le site de la Forêt Privée Française :

http://www.foretpriveefrancaise.com/actualites/depeches/klaus-temoignage-un-constat-de-desastres-738322_738334_752366.html?&FULLTEXT=Un+constat+de+d%E9sastres

PostHeaderIcon Article paru dans Forêt Wallonne

Un article signé des bons auteurs !

Klaus et Pro Silva dans les Landes - Vignette

PostHeaderIcon Le 21 avril

Des Racines et des Ailes : c’est pour le 21 avril !

Le reportage tourné l’automne dernier en forêt landaise par Delphine Détrie et son équipe pour l’émission « Des Racines et des Ailes » est programmé pour le 21 avril. Ce sera certainement un reportage très intéressant. Toute la « visite Pro Silva » du 3 octobre, à Hostens, avait été filmée. Nous avions aussi tourné de nombreuses autres séances en forêt, et des entretiens, des débats, des propos libres… L’équipe a également suivi de près l’exploitation des chablis par Stéphane Barbotin (F.J.A. Eurl), et la construction d’une fuste livrée tout récemment à Carcans-Plage par Philippe Bray (Les Maisons d’Arbres).
Bref, de quoi monter des heures d’émission, mais nous verrons si l’avenir forestier du Massif Landais aura vraiment réussi à passer les filtres délicats des chasseurs d’audience Parisiens…
Mon petit doigt est assez pessimiste sur ce point.
Tous à vos postes !

PostHeaderIcon Vive la forêt « mélangée »

Un article plutôt intéressant :

Vive la forêt mélangée - Vignette

PostHeaderIcon Après les aides, les conseils

Nouvelle scène de la vie dans la Forêt Landaise :

Les conseils - Vignette

PostHeaderIcon Les aides

Scène de la vie dans la Forêt Landaise :

Les aides - Vignette

PostHeaderIcon C’est baroque, c’est décadent, c’est Kafka, c’est Guignol… c’est bientôt les élections

Monsieur Le Préfet de la Région Aquitaine,

Préfet de la Gironde,

Officier de la Légion d’Honneur

Commandant de l’Ordre National du Mérite…

… qui donc vous tient la plume ?

L’Arrêté de reconstitution vient d’être signé. Depuis un an, depuis la survenue de notre ami Klaus, la France forestière prétend réfléchir à de nouvelles façons de pratiquer la sylviculture. Tout ce qui contient des neurones est d’avis de changer nos habitudes. Et les médias, et la presse spécialisée, et les colloques, et les symposiums, et les séminaires, et Internet, et tous les bureaux du Donjon, et tous les cercles de la Gascogne et tous les bistrots de la Guyenne débordent de grandes affirmations magiques :

« C’est promis, on va changer de sylviculture ! Oui changeons ! C’est ça, changeons… Il faut que les arbres tiennent debout, il faut que la forêt soit un réservoir de biodiversité, il faut améliorer la qualité du bois… Il faut des palombes, il faut une forêt faite pour l’Homme, il faut des forêts plus ceci, des forêts plus cela ! Oh oui, voilà ce qu’il faut !.. ».

En conséquence, on va continuer comme avant : c’est bien ce que dit cet Arrêté.

La preuve en deux extraits :

Disquage, dépressage... - Vignette

On va donc continuer à faire les entretiens forestiers au disque. Oui, au disque ! Pauvres racines : on va continuer à trancher consciencieusement les racines des pins avec des outils coûteux traînés par des monstres…

Quant à la régénération naturelle, afin d’éviter les substantielles économies qu’elle permettrait, on sera tenus de la massacrer. Au cas où quelques provocateurs voudraient quand même pratiquer ouvertement la régénération naturelle, ils seront aussitôt repérés, fichés, et on surveillera qu’ils la traitent selon les Règles Immuables de la Sainte Monoculture Intensive. De même, afin d’éviter tout risque d’amélioration de la qualité du bois, les rebelles devront avoir dépressé leurs semis naturels avant qu’aient sonné 5 ans, jusqu’à en réduire la densité à 2.500 tiges par hectare. Si jamais quelque adepte de la secte naturelle était assez téméraire pour se jeter aveuglément dans l’enrichissement en feuillus, il sera tenu de décaper une bande de 6 mètres de largeur autour de chaque plant et ce jusqu’à la septième génération !… Ce type de régénération naturelle enrichie, moi j’appelle ça de la plantation sur sol nu.

Quoi de forestier dans de telles dispositions ? M’est avis que ceux qui ont tenu la plume sont soit des industriels, soit des financiers, soit des politicards. Ceux qui ont approuvé l’Arrêté devraient avoir de plus saines lectures… Qu’ils viennent donc s’instruire sur un certain blog !

Ce brouillon aurait-il donc été arrêté dans l’urgence, en vue des élections ? S’agirait-il tout juste de rassurer certaines inquiétudes ? Peut-être ne s’agit-il que de relancer la filière… au détriment de la forêt elle-même ? Quelle frénésie pour sortir cet Arrêté, pour qu’il puisse être brandi à temps : pendant la campagne électorale ! Urgence, urgence, avis à toutes les voitures : élections en vue !

Pour une fois, au moment de la préparation du texte, les experts forestiers avaient été sollicités, chose assez rare pour être mentionnée. Hélas, nos petites remarques d’experts n’ont pas changé grand-chose : même de simples observations modestement consacrées à la seule orthographe ont été refoulées au panier ; bosser à l’œil, tant mieux si c’est pour rien ! Mais du coup ce brouillon, c’est du petit nègre.

Peu importe car, en réalité, cet Arrêté ne sera JAMAIS appliqué. On a mis la charrue avant les bœufs, et il faudra en rédiger un nouveau après les conclusions du groupe de travail actuellement en train de plancher. En effet, des travaux sont en cours pour faire le point sur les aspects techniques de la sylviculture : c’est le G.I.P.-ECO.FOR. qui y travaille. Or ce G.I.P. est financé par le Ministère… C’est ainsi que l’animal se mord la queue : le Ministère fait fi des résultats qui sortiront du groupe qui carbure pour lui. L’argent public est ainsi confirmé dans son rôle habituel, bassement stratégique, et ce qui est consacré, c’est seulement la fébrilité électorale. Ça rappelle le fameux « Gel Présidentiel », tout ce qui est politicien étant sacré.

Politicard « au sens noble du terme » comme disent beaucoup d’élus !

Faut-il souhaiter le prochain ouragan, la prochaine dévastation ? Au secours !

PostHeaderIcon Forêt Landaise et biodiversité : un colloque

Annonce d’un colloque qui se tiendra à Sabres le 27 février prochain.

Ce colloque est organisé par Europe-Écologie et réunira un certain nombre de témoins et de professionnels. Pour ma part, j’ai été invité à y présenter succinctement la « sylviculture naturelle et continue ».

Programme à télécharger :

Forêt Landaise et biodiversité - Vignette

PostHeaderIcon Bourrage de crâne

Ils se sont ligués.

Ils voudraient qu’on reboise le Massif Landais : à l’occasion de l’anniversaire de Klaus, la presse en répercute la litanie. Tout est déjà décidé à la place des propriétaires.

Qu’on nous donne au moins une bonne raison de reboiser. Reboiser dans quel but ? Pour quoi faire ? Pour quel intérêt ?… Pour quels intérêts ? Pour l’emploi ? Pour l’approvisionnement de la filière ? Pour le tourisme, l’écologie, l’oxygène, l’épuration des eaux, les paysages, les promeneurs ?… Pour l’habitat du vison d’Europe, pour la cistude ?… Pour la bonne conscience des élus ?…

Qui a décidé ? C’est simple : les industriels, les papetiers, les pépiniéristes, le Syndicat des Sylviculteurs, le Centre Régional de la Propriété Forestière, les élus…

Qui va payer ?… Les propriétaires n’ont pas à se transformer en assistantes sociales, ni en mécènes. Je rappelle que le pouvoir d’achat du bois de pin maritime a été divisé par 16 entre 1970 et 2008 !

Au lieu de discours et de promesses, ce qui est indispensable, urgent, impératif, c’est un véritable projet forestier au plan national : une politique forestière digne de ce nom ! N’oublions pas que le niveau d’une civilisation se mesure à l’état de sa forêt.

PostHeaderIcon Encore des citations

Citations n° 3 sur le thème de l’honnêteté intellectuelle :

Citations n° 3 - Vignette

PostHeaderIcon Un constat de désastres

Lu…

… dans les deux derniers numéros de Forêt-Entreprise un témoignage extrêmement intéressant signé de Roland et Xavier Martin sur les suites de l’ouragan et sur l’avenir de la Forêt Landaise. Je vous en recommande ardemment la lecture.

Ce témoignage est en deux parties, l’une ayant paru dans le numéro 189 (novembre 2009) sous le titre « Un constat de désastres » est en téléchargement libre sur le site de la Forêt Privée Française (http://www.foretpriveefrancaise.com/klaus-temoignage-un-constat-de-desastres-752366.html).

La seconde partie est à lire dans le numéro 190 (janvier 2010) sous le titre « Quelles réponses de l’industrie en Aquitaine ? » mais n’est pas accessible sur le net.

Pour retrouver le site des Forestiers Privés de France : www.foretpriveefrancaise.com/

PostHeaderIcon Lu

Lu dans la presse de lundi dernier :

« [...] Serge, natif de Brocas et membre du Cercle, lance le débat de l’exploitation intensive de la forêt. « Le gros problème, c’est qu’on a voulu rendre la forêt industrielle trop vite, en remplaçant les semis naturels par de nouvelles essences qui ont cassé comme des allumettes. Et puis, il ne faut pas oublier que l’on a abattu beaucoup de feuillus qui protégeaient les pins », pense-t-il.

À ses côtés, un homme d’une soixantaine d’années rebondit sur cette industrialisation du massif : « J’ai passé mon enfance ici avant de partir, jeune adulte. J’ai connu l’époque des gemmeurs et quand je suis revenu, quarante ans plus tard, à ma retraite, j’ai eu la sensation d’une forêt un peu morte. Il n’y avait plus personne dedans. »

Une dame d’un certain âge prend la parole. Elle a récolté la résine dans sa jeunesse. « ça sentait bon, c’était agréable, on entendait les cigales. À l’époque, la forêt faisait moins artificielle que maintenant. On voit qu’elle est là pour être vendue. C’est uniquement mercantile. » [...]

Vendredi soir, à Brocas, des Landais ont ainsi lancé un appel, gravé sur la bande de Jakes Aymonino : celui de ne pas reproduire les erreurs passées. [...] »

PostHeaderIcon L’homme qui a vu le Grand Patagourou

Témoignage exclusif de

l’Homme Qui A Vu Le Grand Patagourou :

« J’ai eu l’immense joie de faire la connaissance de votre immense ami le Grand Patagourou. Il est au moins comme vous me l’aviez décrit, en pire ! C’est un répulsif à l’intelligence et au respect. »

J’en profite pour saluer au passage notre Immense Ami le Grand Patagourou et ses Complices !

PostHeaderIcon Lettre ouverte au Syndicat des Sylviculteurs

Lettre envoyée huit jours après la survenue de Klaus.

Lisons :

Lettre ouverte au SSSO - Vignette

Au premier anniversaire de Klaus, aucune réponse encore…

PostHeaderIcon Visite du 11 novembre en forêt landaise

Compte-rendu de la « visite de rattrapage » qui a eu lieu le 11 novembre à Hostens et à Louchats sous l’égide de Pro Silva :

(Compte-rendu à nouveau signé de Gabriel Merlaut)

Pro Silva dans les Landes 2 - 11 novembre - Compte-rendu - Vignette

PostHeaderIcon La forêt dans Le Monde

Dans Le Monde du 24 décembre 2009, un article très intéressant de Jérôme Fenoglio au sujet de la reconstitution des forêts dans l’Est après 1999.

Cet article fait le pendant des trois traductions disponibles sur ce même blog : « Après Lothar », « Typologie des successions », et « De la typologie aux itinéraires ».

Cet article répond aussi aux pathétiques inquiétudes de Pépinitos-en-Chef (cf. « Sauvons les pépinières« ).

Morceaux choisis :

« [...] La forêt s’en sort bien mieux que les hommes. Dix ans après la dévastation de près de 1 million de ses hectares (sur plus de 14 millions) par les grandes tempêtes qui ont traversé la France, du 26 au 28 décembre 1999, elle s’est débrouillée seule, ou presque, pour surmonter le choc. Avec une telle vitalité que les passages de Lothar et Martin ne s’apparenteraient plus qu’à un immense coup de jeune s’ils n’avaient autant marqué les humains en effaçant leurs paysages et leurs repères. C’est dans l’esprit des forestiers que les rafales de l’hiver 1999 auront imprimé les traces les plus profondes. Et c’est pour leur économie meurtrie que la cicatrisation s’annonce la plus longue.

Pour l’heure, il faut se fier au jugement du spécialiste pour se laisser rassurer par ces bois si uniformément juvéniles, par ces arbres dans l’enfance, à peine plus hauts qu’un promeneur. « C’est difficile à concevoir pour quelqu’un qui n’est pas du métier, dit Jérôme Bock, responsable du pôle recherche et développement lorrain à l’Office national des forêts (ONF). Mais ici, c’est gagné, alors que tout avait été rasé par la tempête : nous sommes bien dans une forêt, avec ses essences parfaitement en place. Il y a les pionnières, le bouleau, le tremble ou le merisier, qui préparent le terrain pour les intermédiaires, comme l’alisier, puis pour les terminales, comme le chêne, ou surtout le hêtre, qui finira par dominer toutes les autres. »

[...]

Parfois, ce sont les hommes qui, dans leur hâte de dégager les chablis, les arbres déracinés, ont causé des dommages bien plus durables que ceux de la tempête. L’intervention mal maîtrisée des véhicules dans les sous-bois a tassé des sols pour de longues années, compromettant leur aération, la circulation de l’eau et le développement des racines. Une étude au laser de la taille de la végétation en forêt de Haye a montré à quel point ces actions intempestives pouvaient être néfastes. Dans les secteurs où les moyens mécaniques ne sont pas sortis des ’cloisonnements’, des bandes de terrain dégagé qui séparent les peuplements, les arbres prospèrent. Là où les engins sont intervenus sans contrainte, la croissance a pris plusieurs années de retard.

Ces enseignements sont venus étayer une nouvelle manière de pratiquer la sylviculture, qui était apparue avant les tempêtes, mais que celles-ci ont achevé de faire entrer dans les moeurs. Comme si la force des éléments avait rendu les forestiers plus humbles, plus à l’écoute et moins ’maîtres et dominateurs’ de la nature. Comme si le coup de folie de ces vents turbulents avait achevé d’ébranler la rationalisation des plantations d’après-guerre.

« Jusque dans les années 1970, on aurait réagi à ce genre d’événements en replantant massivement quelques espèces, explique Jean-Luc Dupouey, spécialiste de l’écologie forestière à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) de Nancy. Après la tempête, on a opté pour la régénération naturelle à la fois parce que l’on manquait de moyens financiers et parce que la vision de la forêt a évolué dans la société : les replantations artificielles sont beaucoup moins bien acceptées. » Symboliquement, Lothar aura d’ailleurs décimé les dernières plantations de résineux en plaine de Lorraine, vestiges d’un après-guerre où l’on avait planifié la production massive de pâte à papier.

Cette ’régénération naturelle’, Jérôme Bock la résume d’une formule : « Faire au mieux avec ce qui se trouve sur place. » Dans cette logique, le forestier laisse le temps au soleil de réveiller les semences qui se trouvent sur le terrain. Il n’a recours aux plantations qu’en cas de blocage manifeste du processus : en Lorraine, ces issues de secours n’ont été empruntées que sur 10 % des parcelles à régénérer. Il refuse l’interventionnisme et se contente d’accompagner l’élan naturel, en libérant de la place pour les essences les plus valorisées. Car les bois de l’après-tempête sont régis par un nouveau maître-mot : variété. Sur cet humus consensuel, formé par la décomposition de la politique de l’essence unique, doivent fructifier les compromis entre les trois usages de la forêt : écologique, économique et social.

 [...] »

Pour lire l’article complet :

http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/ARCHIVES/archives.cgi?ID=dfbd8ae972ff1e17786f5554fbbf8d754636f86f93606f82

PostHeaderIcon Citations n° 2

Citations sur le thème de la production :

Citations n° 2 - Vignette

PostHeaderIcon Les Forestiers Privés parlent de Pro Silva

Lisons :

Forestiers Privés - Pro Silva - Vignette