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Réponse à Maître Pif
Sur Adiu – Sud-Gironde, Maître Pif a écrit ceci :
bonjour à toutes et tous
vos provocations révèlent un certain mépris du monde agricole .
La question du labour ‘profond’ en milieu forestier peut paraître effectivement inutile , mais la question de savoir si le labour en agriculture est destructeur (micro-organismes,vers de terre ,…) cela n’est pas vrai!
Concernant la mécanisation de tous les travaux de pénibilité je ne crois pas que l’on puisse revenir en arrière , ce que faisaient nos grands -parents est révolu, et je suis sûr qu’aucun d’entre vous ne le ferait :
la terre est trop basse !
des efforts considérables sont faits depuis plus de 10 ans en matière environnementale en France ( – de phytos, – d’engrais , -de C02,…)mais bien-sûr cela ne se voit pas , pourtant les nitrates dans l’eau ont baissé significativement , mais cela est passé sous silence malheureusement pour nos agriculteurs qui ne cessent de se justifier et d’évoluer dans le bon sens malgré ce vent de panique que vous les écolos , vous vendez aux médias.
alors que sur les forêts , personne ne se préocupe de savoir s’il n’y a pas de pollution.
Savez -vous que les forêts produisent des nitrates?
et c’est bien normal!
s’il n’y avait pas eu sur la terre des nitrates(azote) il n’y aurait jamais aucune vie.
j’espère vous avoir éclairé un peu .
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C’est à lire à l’adresse suivante : http://www.adiu.fr/a/index.php/Forum/LabourLaParoleAuxTechniciens
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Voici ma réponse :
Maître Pif,
Poser des questions et formuler des critiques ne constitue pas des provocations. Par ailleurs, j’ai le plus grand respect pour le monde agricole mais ce que je critique, c’est le système destructeur dans lequel il s’est laissé aliéner, à l’exemple des producteurs de lait. Or les forestiers se dirigent tout droit vers un système aussi pervers : on assiste à une perte de prospérité généralisée, où seuls quelques malins mieux placés parviennent à faire fortune… aux dépens des autres.
Vous ne pouvez pas nier que le simple fait de labourer une terre perturbe obligatoirement l’habitat des vers de terre et des micro-organismes. Le sol est une zone d’échanges entre l’atmosphère et le sous-sol. Les vers de terre ont pour effet de créer, grâce à leurs galeries verticales, un réseau de communication entre les diverses couches du sol. Cela permet à l’air et à l’eau d’y circuler du haut vers le bas et inversement. Les micro-organismes ont d’autres fonctions, plus ou moins spécialisées. En perturbant cet habitat, le laboureur prend donc le risque d’appauvrir son sol, surtout s’il utilise des engins lourds : le tassement provoqué est d’autant plus profond, d’autant plus épais, et d’autant plus grave que l’engin est lourd. Ce tassement a des conséquences néfastes sur la circulation verticale des fluides dans le sol. Certaines terres sont plus fragiles que d’autres au tassement, mais toutes le sont en conditions humides. Gérard Ducerf le résume ainsi : « Le plus grand destructeur des sols, c’est l’essuie-glace ». Une fois que le sol est trop tassé, ni les vers de terre ni les racines ne peuvent plus y créer de nouvelles galeries. Du coup, les bactéries anaérobies deviennent dominantes et l’ensemble du système bascule alors. Ce fonctionnement en anaérobiose dégage des déchets toxiques (nitrites et méthane notamment, me semble-t-il). D’autre part, lors des grandes pluies, l’eau qui ne peut plus s’infiltrer en profondeur est contrainte de ruisseler à l’horizontale, notamment en surface, en entraînant une érosion et pouvant même provoquer les inondations catastrophiques auxquelles on assiste de plus en plus souvent lorsque l’ensemble d’un bassin versant a ainsi été maltraité. Toujours d’après Gérard Ducerf : « En 2007, 71% des sols français avaient perdu leur porosité ». De plus, le passage répété de la charrue provoque l’apparition d’une nouvelle couche infranchissable : la semelle de labour.
En agriculture, on peut compenser provisoirement ces défaillances en n’utilisant le sol que comme un simple support neutre : on lui apporte alors tous les éléments chimiques dont la plante aura besoin, on irrigue, on draine, on détruit les parasites… On le met sous perfusion. Quoi qu’il en soit, l’agriculture réclame beaucoup de travail, et il sera en effet difficile de se passer du confort de la mécanisation maintenant que les habitudes sont prises : sur ce point, vous avez raison. Le cas est différent en forêt où, pour pousser, les arbres n’ont aucun besoin du tracteur, mais d’un écosystème en bon état : il suffit simplement au sylviculteur d’accompagner les processus naturels. Ma proposition consiste donc à ce qu’on retourne à une sylviculture plus économe et plus efficace… ou du moins qu’on étudie la possibilité d’y retourner. Pour ma part, j’ai vingt ans d’expériences très positives dans cette voie et je suis optimiste. De plus, en forêt, les arbres ont besoin d’un sol très épais pour tenir debout… une épaisseur que la charrue est bien incapable d’atteindre, même en labour profond !
Que vous reconnaissiez les dérives engendrées par les pratiques agricoles (« des efforts considérables sont faits depuis 10 ans en matière environnementale… ») c’est très bien, mais cela ne vous autorise pas à retourner l’arme vers la forêt. Même si les nitrates sont nécessaires à la vie de la forêt, vous ne pouvez pas dire que « les forêts produisent des nitrates » car ils sont principalement issus de l’atmosphère. Certaines plantes capturent l’azote atmosphérique dans des tissus spécifiques (sous forme ammoniacale me semble-t-il), et le conservent en stock à la disposition du milieu. Certaines bactéries fixent également l’azote atmosphérique. Cet azote n’est donc pas entraîné vers les nappes d’eau, ni sous forme de nitrate ni de nitrite ni d’ammonium… Bref, si les nitrates sont effectivement présents dans un écosystème forestier équilibré, ils n’y sont pas en excès ! Des villes comme Vittel ou Munich ont d’ailleurs organisé leur approvisionnement en eau potable grâce à l’excellente épuration qu’opèrent à peu de frais les massifs forestiers qui les entourent. Croyez-vous que ce serait possible dans des bassins d’agriculture intensive, ou d’élevage intensif ? Ou simplement dans des zones de surpâturage ? Savez-vous réellement ce que contiennent tous nos « bons » fromages A.O.C. ? Savez-vous que, dans les Pyrénées, les pâturages d’altitde sont parsemés de ronds d’herbe brûlée à tous les endroits où une bête a uriné ? Savez-vous que, en un demi-siècle, le surpâturage en a fait disparaître l’arnica (Arnica montana) et a rendu explosif le gispet (Festuca eskia) au détriment du nard raide (Nardus stricta) ? Savez-vous que lors de l’établissement de l’A.O.C. du Comté, les relevés floristiques recensaient 80 espèces de plantes et qu’il n’en reste plus qu’une dizaine aujourd’hui ? Comment expliquez-vous cela, Maître Pif ?
Pour finir, je ne retiendrai de vos explications qu’une seule phrase : « La question du labour ‘profond’ en milieu forestier peut paraître effectivement inutile ». Merci !
Jacques HAZERA
Expert forestier
Vice-Président de Pro Silva France
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Pour information, extrait de l’ouvrage « Vie microbienne du sol et production végétale » de Pierre Davet (éditions Quae) : « On observe donc, selon ce schéma, un flux permanent d’azote atmosphérique vers le sol, où il est fixé et transformé en une matière organique susceptible d’être indéfiniment recyclée. L’accumulation est évitée et l’équilibre rétabli, dans les écosystèmes naturels, par l’action d’organismes dénitrifiants qui assurent le retour à l’état gazeux de l’azote nitrique en excès. Il n’en est plus de même dans les systèmes d’agriculture intensive où les apports d’engrais azotés s’ajoutent à la fixation naturelle. Une partie seulement de la fumure azotée est utilisée par les cultures. Le reste, facilement entraîné par les eaux de pluie et d’irrigation, échappe aux organismes dénitrificateurs (dont il dépasse de toutes façons les capacités de transformation) et va polluer les nappes phréatiques. »
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Difficile, la régé nat ?
L’avis du C.R.P.F. au sujet de la régénération naturelle.
1) Un texte :
« La régénération naturelle du pin maritime [...] est mal adaptée à la lande humide. Le sylviculteur qui choisit (ou subit) la régénération naturelle, se prive de l’apport de l’amélioration génétique et devra en tout état de cause ‘assister’ les semis pour en faire des peuplements productifs (dépressages, mise en allées, etc.). »
(extrait de « Elaboration de nouveaux itinéraires techniques de régénération de la forêt landaise en réponse aux scénarios possibles - Innovations Agronomiques » – Y. Lesgourgues et S. Drouineau – 2009)
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2) Une image :

(diapositive extraite de l’exposé présenté par Yves Lesgourgues le 30 juin 2009 au colloque organisé à Pessac (Gironde) par l’I.N.R.A. sur le thème Sylviculture, Forêts et Tempêtes
et présenté de nouveau lors de la restitution des travaux du G.I.P.-ECO.FOR. le 15 avril 2010 à Sabres*)
* Le débat qui devait clore ce colloque n’a pas eu lieu.
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3) Ma réponse en quelques photos :
(photos prises au cours de l’hiver 2009-2010, dans les parties humides de la parcelle A449)
La régénération que l’on voit sous les adultes est issue d’un simple passage de rouleau landais effectué en janvier 2005 sur la totalité de la surface.
En septembre 2010, j’ai mesuré quelques hauteurs parmi les dominants :
4,93 mètres – 4,42 m – 4,84 m – 4,79 m – 5,58 m – 6,05 m
soit une moyenne de 5,10 mètres par arbre
et 85 cm d’accroissement annuel pour moins de 150 € de frais.
Qui dit mieux ?
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Un bébé-forum
Un nouveau forum vient de voir le jour :
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Pour l’instant, c’est juste l’ouverture, mais il y a déjà un texte signé Sosténi qui est un vrai régal, et une description de la sylviculture Pro Silva, signée Philippe d’Harcourt, qui est une merveille de finesse, de clarté, et de sensibilité !
Vous m’en direz des nouvelles…
Garder un arbre ?… L’enlever ?… Pourquoi ?…
Quelles raisons peuvent nous inciter à conserver un arbre, ou à le couper ?…
… à le couper plutôt qu’à le conserver ?
Pourquoi couper le dominé ? Pourquoi garder le vilain ? Pourquoi garder le mort ? Pourquoi enlever le plus beau ?…
Quelques réponses grâce à notre ami Marc-Étienne Wilhelm dans le document ci-dessous :
Merci à Marc-Étienne !
Ah, mais alors, les branches ? C’est pareil peut-être, non ? Pourquoi les couper, pourquoi les garder ?…
La fiche ci-dessous n’est qu’un modeste clin-d’œil au très
beau document de Marc-Étienne :
Lu dans la Komsomolskaia PRAVDA de Gascogne
Des Racines et des Ailes :
La réaction officielle du SSSoviêt Supprêm
en page 12 de la PRAVDA.
Le Præsidium du SSSoviêt Supprêm vient de réagir vivement de ses petits poings à la diffusion, qui a eu lieu le 21 avril dernier, de l’émission « Des Racines et des Ailes ».
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Avant de commenter, lisons :
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Et maintenant, commentons :
« Les sylviculteurs ont été profondément choqués et je me fais leur interprète. »
Landais, groupons-nous face à l’ennemi ! Unanimissons-nous tous ensemble tous ensemble derrière moi.
Silence, une seule tête, c’est moi qui parle
et censure aux autres !
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« Est-ce donc le moment de revenir à des cycles de 80 ans pour la récolte ? »
Évitons de produire stupidement de beaux pins mûrs à un coût modique dans le but de vendre du bois de haute valeur. Continuons plutôt comme on sait si bien faire, continuons tête baissée sans réfléchir, continuons à foncer dans le mur, hardi, allons-y !
Continuons de fabriquer, à grands frais mais à toute vitesse, de la biomasse minable qu’on est incapables de vendre correctement !
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« Le pin maritime est le seul arbre à vouloir pousser dans ce désert de sable et ceci depuis dix mille ans. Aucune autre espèce n’a pu s’y acclimater afin d’assainir le sol et produire de la richesse et de l’emploi. Il y a quand même 35.000 emplois industriels et au moins 40.000 sylviculteurs qui investissent chaque année dans cette forêt. »
Oui Chef, bien Chef, compris Chef, on promet de zigouiller tout ce qui n’est pas du pin maritime et qui pourtant veut pousser dans nos forêts ; on jure de détruire tous les feuillus, on s’engage à assassiner les chênes, les acacias, les châtaigniers, les bouleaux, saules, trembles, vergnes, sorbiers et toutes ces espèces qui n’existent pas mais qui nous narguent tous les jours !
Quant aux autres vermines, bourdaines, fougères, ajoncs, genêts, brandes et leurs commères, on les empoisonnera sans relâche et sans distinction ! C’est l’avenir du sol qui est en jeu, on a bien appris ça, Chef ! On est au moins 40.000 sylviculteurs à faire aveuglément c’que vous nous dites. Éradiquons graminées, légumineuses, éricacées, crucifères, fagacées, salicacées, bétulacées, faunacées, floracées et toutes ces satanacées !
On investit tant qu’on peut pour contrôler tous les intrus, Chef !
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« On peut certes [...] tenter d’imaginer un retour vers une Nature imaginaire. C’est à la mode, mais est-ce raisonnable ? »
Respecter la biologie végétale ? Mais vous n’y pensez pas ! Que deviendraient nos beaux tracteurs ? Que deviendrait notre magnifique « couplage forêt-industrie » auquel nous sommes tellement attachés ? Nos pauvres industriels en deviendraient inconsolables !
Non, très franchement, ce ne serait pas raisonnable de réduire les travaux mécanisés (qui permettent à toute la filière de tourner grâce l’argent des sylvicos), pour laisser la Nature faire gratuitement le même travail !
La Nature, c’est juste un truc stupide, na ! Rompez !
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« Il y a encore beaucoup de choses à dire sur cette forêt, la seule en France, capable de fournir à une région, l’Aquitaine, un chiffre d’affaires égal à celui des vins de Bordeaux. »
On l’a bien vu, encore une fois, avec l’ouragan Klaus : la commercialisation des chablis a généré un chiffre d’affaires fabuleux, extraordinaire. Ouh là là, c’est surtout les sylvicos qui en ont profité ! Oh oui alors, ça c’est sûr ! Un chiffre d’affaires énorme, énorme ! Toute la prospérité des sylvicos vient du pin maritime. L’Arbre d’Or ! Et puis alors, hein, c’est pas près de s’arrêter…
…même si, pourtant, le pouvoir d’achat du pin maritime a été divisé par 16 entre 1970 et 2008 (sans même parler de 2009 ni de 2010 !).
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« Pour autant, elle n’a perdu ni son mystère, ni sa séduction… »
Le Præsidium du SSSoviêt Supprêm s’est largement foutu de nous jusqu’ici, mais alors là, c’est le bouquet final : prétendre que le Massif Landais de 2010 est encore la forêt mystérieuse qu’elle a pu être dans le passé, qu’elle aurait conservé sa séduction ! Moi je suis le Pape et mon copain c’est les Beatles. Le Massif Landais actuel (celui de 2008, juste avant l’ouragan Klaus), ce n’est en réalité que de vulgaires champs d’arbres tordus et boursouflés, des lignes de pins à croissance forcée, d’une exécrable qualité technologique, où le moindre feuillu est exterminé d’office et d’où, d’ailleurs, toute vie est absente.
Il y a une collusion – le fameux « couplage forêt-industrie » – qui, en un demi-siècle, a transformé notre belle pinède vivante et habitée en une machine à fabriquer de la pâte à papier, en un univers déshumanisé qui ne produit plus qu’une biomasse sans nom et sans valeur. C’est une déviance forestière. Tout cela se passe sous le contrôle des Instances SSSuprêmes.
Ces pratiques contre-nature sont en train d’engendrer des pullulations de parasites et de multiples attaques sanitaires. Tous les équilibres naturels sont anéantis.
Ce sont les conséquences directes de nos excès.
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STOP AUX BOBARDS !
Un magazine édifiant
Une chaîne de télévision du Limousin a diffusé dans son magazine n° 179 (avril 2010) tout un reportage sur la forêt, à partir des questions qu’on peut se poser au sujet du P.E.F.C..
Ce reportage est lumineux, de bout en bout. La sylviculture, notamment, y est expliquée d’une façon tellement simple que tout semble aussi aisé qu’évident.
Les secrets de l’organisation de la filière du bois y sont révélés, ainsi que quelques collusions. Je vous recommande ardemment de le visionner, même s’il écorche au passage un certain nombre de procédés…
Rectif : … SURTOUT qu’il écorche au passage un grand nombre de procédés courants !
Des procédés qu’on retrouve bien entendu ailleurs : remplaçons juste « douglas » par « pin maritime » et on est chez nous dans les Landes.
Mais voyez plutôt ce qui se dit d’édifiant sur le Plateau des Millevaches :
Forêt Landaise et biodiversité : un colloque
Annonce d’un colloque qui se tiendra à Sabres le 27 février prochain.
Ce colloque est organisé par Europe-Écologie et réunira un certain nombre de témoins et de professionnels. Pour ma part, j’ai été invité à y présenter succinctement la « sylviculture naturelle et continue ».
Programme à télécharger :
Des racines et des ailes en avril
Voici des nouvelles de l’émission « Des racines et des ailes », données ces jours-ci par sa réalisatrice Delphine Détrie :
L’émission sera probablement diffusée en avril prochain (sur FR3).
Le montage devrait être terminé vers la mi-février. Tout se passe bien. Les dernières prises ont été tournées la semaine dernière, à Carcans-plage, sur le chantier de remontage de la fuste que Philippe Bray est en train de terminer (voir Les Maisons d’Arbres, fustes en pin maritime : http://www.lesmaisonsdarbres.com/).
Rappel (pour ceux qui prendraient l’émission en cours de route) :
Delphine Détrie et son équipe sont en train de préparer un reportage de 52 minutes pour l’émission de FR3 « Des racines et des ailes ». En octobre dernier, ils sont venus passer plusieurs semaines en Gironde pour réaliser les tournages. Le thème est la mise en valeur du patrimoine forestier dans le Massif Landais. Il est clair qu’un tel sujet ne pouvait pas passer à côté de la « sylviculture naturelle et continue ». Delphine et ses aides ont filmé toute la « Journée Pro Silva » du 3 octobre en forêt, à Hostens. Ils ont également fait des tournages sur l’exploitation des chablis, avec Stéphane Barbotin, et sur le chantier de préparation de la fuste chez Philippe Bray à Béliet, et à Cousseau chez François Sargos, et sur la parcelle des gros pépères de 100 ans à Louchats (on devrait voir le « Pin-Président »), etc.. Dès que j’en sais plus je vous appelle !
Un grand bonjour à Delphine et à ses Ailes !
La forêt dans Le Monde
Dans Le Monde du 24 décembre 2009, un article très intéressant de Jérôme Fenoglio au sujet de la reconstitution des forêts dans l’Est après 1999.
Cet article fait le pendant des trois traductions disponibles sur ce même blog : « Après Lothar », « Typologie des successions », et « De la typologie aux itinéraires ».
Cet article répond aussi aux pathétiques inquiétudes de Pépinitos-en-Chef (cf. « Sauvons les pépinières« ).
Morceaux choisis :
« [...] La forêt s’en sort bien mieux que les hommes. Dix ans après la dévastation de près de 1 million de ses hectares (sur plus de 14 millions) par les grandes tempêtes qui ont traversé la France, du 26 au 28 décembre 1999, elle s’est débrouillée seule, ou presque, pour surmonter le choc. Avec une telle vitalité que les passages de Lothar et Martin ne s’apparenteraient plus qu’à un immense coup de jeune s’ils n’avaient autant marqué les humains en effaçant leurs paysages et leurs repères. C’est dans l’esprit des forestiers que les rafales de l’hiver 1999 auront imprimé les traces les plus profondes. Et c’est pour leur économie meurtrie que la cicatrisation s’annonce la plus longue.
Pour l’heure, il faut se fier au jugement du spécialiste pour se laisser rassurer par ces bois si uniformément juvéniles, par ces arbres dans l’enfance, à peine plus hauts qu’un promeneur. « C’est difficile à concevoir pour quelqu’un qui n’est pas du métier, dit Jérôme Bock, responsable du pôle recherche et développement lorrain à l’Office national des forêts (ONF). Mais ici, c’est gagné, alors que tout avait été rasé par la tempête : nous sommes bien dans une forêt, avec ses essences parfaitement en place. Il y a les pionnières, le bouleau, le tremble ou le merisier, qui préparent le terrain pour les intermédiaires, comme l’alisier, puis pour les terminales, comme le chêne, ou surtout le hêtre, qui finira par dominer toutes les autres. »
[...]
Parfois, ce sont les hommes qui, dans leur hâte de dégager les chablis, les arbres déracinés, ont causé des dommages bien plus durables que ceux de la tempête. L’intervention mal maîtrisée des véhicules dans les sous-bois a tassé des sols pour de longues années, compromettant leur aération, la circulation de l’eau et le développement des racines. Une étude au laser de la taille de la végétation en forêt de Haye a montré à quel point ces actions intempestives pouvaient être néfastes. Dans les secteurs où les moyens mécaniques ne sont pas sortis des ’cloisonnements’, des bandes de terrain dégagé qui séparent les peuplements, les arbres prospèrent. Là où les engins sont intervenus sans contrainte, la croissance a pris plusieurs années de retard.
Ces enseignements sont venus étayer une nouvelle manière de pratiquer la sylviculture, qui était apparue avant les tempêtes, mais que celles-ci ont achevé de faire entrer dans les moeurs. Comme si la force des éléments avait rendu les forestiers plus humbles, plus à l’écoute et moins ’maîtres et dominateurs’ de la nature. Comme si le coup de folie de ces vents turbulents avait achevé d’ébranler la rationalisation des plantations d’après-guerre.
« Jusque dans les années 1970, on aurait réagi à ce genre d’événements en replantant massivement quelques espèces, explique Jean-Luc Dupouey, spécialiste de l’écologie forestière à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) de Nancy. Après la tempête, on a opté pour la régénération naturelle à la fois parce que l’on manquait de moyens financiers et parce que la vision de la forêt a évolué dans la société : les replantations artificielles sont beaucoup moins bien acceptées. » Symboliquement, Lothar aura d’ailleurs décimé les dernières plantations de résineux en plaine de Lorraine, vestiges d’un après-guerre où l’on avait planifié la production massive de pâte à papier.
Cette ’régénération naturelle’, Jérôme Bock la résume d’une formule : « Faire au mieux avec ce qui se trouve sur place. » Dans cette logique, le forestier laisse le temps au soleil de réveiller les semences qui se trouvent sur le terrain. Il n’a recours aux plantations qu’en cas de blocage manifeste du processus : en Lorraine, ces issues de secours n’ont été empruntées que sur 10 % des parcelles à régénérer. Il refuse l’interventionnisme et se contente d’accompagner l’élan naturel, en libérant de la place pour les essences les plus valorisées. Car les bois de l’après-tempête sont régis par un nouveau maître-mot : variété. Sur cet humus consensuel, formé par la décomposition de la politique de l’essence unique, doivent fructifier les compromis entre les trois usages de la forêt : écologique, économique et social.
[...] »
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