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PostHeaderIcon Émiettons le labour sans regrets

Hier :

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Bonjour Mr Hazera

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J’ai suivi avec intérêt les divers points de vue concernant le labour en profondeur.

Il semble en effet que le labour soit programmé un peu ‘à la légère‘, car des sols meubles ou sablonneux ne nécessitent à mon sens pas de labour, en tout cas dans le cadre de reboisements.

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Il est en tout cas très compliqué de bien faire la part (exacte) des choses entre rentabilité économique (à tout prix ?) et une gestion raisonnée ou raisonnable n’affichant pas un retour sur investissement aussi rapide (mais peut-être toutefois plus rentable).

Je pense que les usages actuels demandent une production rapide, peu importe le rendement final pourvu que l’argent tourne vite.

A chacun son point de vue, pour ma part je suis plutôt du genre à laisser le temps au temps de manière à générer une meilleure rentabilité, et en tout cas une qualité supérieure (qui engendrera forcément une meilleure rentabilité).

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Les temps ont changé, et il semble dérisoire pour beaucoup de personnes, de se passer des moyens techniques actuels.

Néanmoins, et je prends pour exemple les abattages mécanisés au détriment des bûcherons, et plus anciens encore les débardages dévolus aux lourds engins au détriment de moyens animaux ou plus légers, les services des Eaux et Forêts se sont depuis quelques années posé beaucoup de questions quant au dépérissement des feuillus, chênes et hêtres (ces derniers principalement), dont les racines mises à mal sont causes de traumatismes et par conséquent, les arbres déforcés sont plus sujets aux maladies ou attaques d’insectes.

Bien évidemment, les rotations beaucoup plus courtes en résineux n’ont pas permis de mesurer l’ampleur des dégâts (bien qu’en scierie, on soit en mesure de jauger des impacts de traumatismes profonds, mais ce n’est pas nécessairement remonté), mais ces bosi subissent le même traitement.

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Le labour a sans doute des raisons d’être dans des terrains qu’il faut enrichir ou trop tassés et soumis aux ruissellement et lessivage, mais ce n’est pas fréquent en Europe.

Les arbres (ou futurs arbres) ont des facultés que seule la volonté de booster la croisance peut ignorer, vous l’avez souligné. Des arbres qui croissent trop rapidement sont bien évidemment plus faibles ques des arbres croissant lentement.

Ameublir el sol est un risque de les déforcer lors de tempêtes, et les ravages à répétition dans la forêt des Landes en est un pur exemple.

Le sol n’est pas suffisamment ferme, et le labourer est à mon sens une grave erreur.

Persister à mener uen monoculture de pins en est une autre. Une culture mixée permettrait de combattre les vents et les maladies, et aussi apporter du soutien au sol par apport de systèmes racinaires différents. de plus, les besoins des arbres varient selon les espèces, ce qui pourrait aussi apporter un peu de positif pour le sous-sol.

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J’ai encore eu l’ocacsio nde bondir voici peu en écoutant TF1 relater les déboires des forestiers landais face au bistryche. Après une tempête, beaucoup d’arbres ont souffert et ce n’est pas parce qu’il est resté debout que l’arbre est indemne. il peut être criblé de ‘coups de vent‘, ce qui signifie d’infime cassures qui vont se retrouver sur les débits et ceux-ci secasseront. les fibres sont généralement très malmenées.

Si les insectes s’attaquent aux bos tombés en priorité, ils s’attaquent aussi aux arbres malades ou séniles. En cas d’attaque virulente, ils peuvent aussi s’attaquer à des peuiplements indemnes, mais cela est plus rare.

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Il s’agit donc, après une tempête, de ne pas tergiverser sur le sort d’arbres mal en point mais encore debout, car cela ouvre le risque de les voir succomber plus tard sous les attaques des insectes, et avec eux, d’autres arbres moins touchés. les insectes ne peuvent pas se déplacer très loin, leurs capacités à voler étant réduites. C’est une facteur à prendre en considération pour la survie des peuplements.

Enfin, les monocultures sont très exposées, à la fois aux intempéries (même résistance), aux insectes, aux autres maladies (contagion), bien qu’elles génèrent des rentabilités à court terme.

Vous aviez parlé d’une sylviculture de luxe pour un produit de merde ?

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En résumé, je suis plutôt de votre avis, surtout pour le respect à apporter à la forêt et aux arbres (et ses autres habitants). la submerger de moyens techniques comem on le fait ne constitue pas un erspect, mais un pillage.

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Cordialement

Richard Fays

Expert international en bois

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PostHeaderIcon Retournons le labour sans états-d’âme

Un ami forestier m’a récemment écrit ceci :

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Pour le labour voici ce que j’avais relevé :

L’objectif du labour est de :
1- Démembrer le feutrage de rhizomes dense de la molinie.
2- Assurer un bon mélange des horizons superficiels afin de réactiver l’humus brute et augmenter la rétention en eau.
3- Enfouir l’acide phosphorique pour le rendre disponible pour les racines.
4- Ameublir sur 30 cm de profondeur afin de faciliter l’enracinement des plants provenant des pépinières (en bleu c’est ce que j’ajouterais).
Plus tu investis dans du matériel sélectionné et plus tu dois préparer le sol afin de valoriser les potentiels sols et plants.

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Voici ma réponse :

Voici ce que m’inspirent les quatre objectifs que tu indiques au sujet du labour.

  1. Démembrer le feutrage de rhizomes dense de la molinie : je suis d’accord, et je crois même que c’est la fonction la plus ancienne, la plus universelle et la plus judicieuse du labour, molinie ou pas. C’est d’ailleurs ce qu’affirme Dominique Soltner : ‘On aurait pu croire que le travail millénaire des paysans a eu pour but d’ameublir le sol pour permettre aux racines de leurs cultures de s’y installer. Il n’en est rien. L’agriculture a été dans les siècles passés l’art de ne pas cultiver le sol, autrement dit de laisser la plante se débrouiller pour pénétrer le sol, l’essentiel étant de lui fournir un sol dégagé.‘ N’empêche que le labour à 30 ou 35 cm de profondeur descend en réalité bien au-delà de la rhizosphère des graminées : environ 2 à 3 fois plus profondément (cf. les photos ci-dessous). Là, il y a donc excès de zèle. D’autre part, pourquoi labourer tous les types de sols, même ceux où la molinie est absente ? Pourquoi labourer les sables purs ?
  2. Assurer un bon mélange des horizons superficiels afin de réactiver l’humus brut et augmenter la rétention en eau : à mon sens, le sol qui a le meilleur fonctionnement, c’est celui qui n’a subi aucune perturbation (aucun tassement par exemple). Labourer le sol ne peut être réparateur pour sa structure que dans le cas où on l’aurait abîmé auparavant (par exemple : exploitation de coupe rase avec un gros porteur circulant en tous sens). Bernard Jabiol dit : ‘Le labour peut être indispensable… si on a tout détruit et compacté avant !‘. C’est grâce à une bonne structure que la rétention en eau sera la meilleure (la macro-porosité). En l’émiettant après l’avoir retourné, on lui redonne provisoirement un semblant de structure, mais ce semblant de structure qu’on lui redonne artificiellement n’est pas du tout idéal : au lieu d’être ‘structuré‘, il en ressort ‘soufflé‘. La véritable structure d’un sol est le résultat d’un lent processus, et il ne la tient que de la vie qu’il abrite : racines des plantes, vers de terre, micro-faune, etc.. Si cette vie est absente, c’est dû généralement à l’excès d’acidité ; or ce n’est pas en faisant passer des tracteurs pour mélanger les horizons qu’on peut modifier l’acidité. D’autre part - indépendamment du tassement en profondeur provoqué par le simple poids de l’engin – le labour à 35 cm de profondeur ne mélange pas seulement les horizons superficiels. Dans le cas général, il remonte aussi de la terre stérile ; dans les podzosols, à mon avis, il ne remonte certainement pas beaucoup d’éléments fertiles de l’horizon d’accumulation, ce dernier étant dans la majorité des cas proche de l’alios et hors de portée du soc. Dans tous les cas, le soc descend moins profondément que certaines racines du pin. L’effet dopant du labour – qui est réel - vient à mon avis du fait qu’il accélère la minéralisation de l’humus (peut-être par un effet d’oxydation ?… ou par l’action de champignons ?…) mais c’est forcément au prix d’une réduction du ‘capital de fertilité’ du sol sur la durée : on choisit le court terme au préjudice du long terme. Or le bois de valeur est le bois mûr et sans nœuds, celui que produit l’arbre adulte (‘l’usine à bois‘), pas le jeunot ! En outre, accélérer la croissance des résineux n’est jamais une bonne chose pour les sylviculteurs ayant des objectifs de production de haute qualité, mais c’est encore pire dans le jeune âge car, ce faisant, on augmente le volume de branches et de bois juvénile (de mauvaise qualité technologique)… bois juvénile qui sera malheureusement présent au cœur des arbres lors de leur coupe, sans parler des nœuds. Pour fabriquer de la pâte à papier ou des panneaux de particules, ou même des palettes, ça n’est pas gênant… sauf que ce n’est pas ce type de production qui est à mon avis capable de rémunérer le sylviculteur, surtout dans un marché où l’on encourage la surproduction !
  3. Enfouir l’acide phosphorique pour le rendre disponible pour les racines : même remarque que précédemment. Noter que cette opération (travail du sol et fertilisation) représente un coût important et que, avec un tel investissement au départ, la durée du cycle de production doit impérativement être très courte. D’où la difficulté matérielle, en sylviculture industrielle, de fabriquer du bois de bonne qualité (qui, comme l’expliquait souvent Jacques Deval,  a besoin d’être ‘mûr’ et ne se trouve que dans les arbres âgés). D’autre part, la majorité des processus naturels d’enrichissement se font par simples dépôts à la surface du sol, l’incorporation ne se faisant que très lentement : c’est le cas de la litière. C’est cette lenteur qui garantit une croissance régulière et continue.
  4. Ameublir sur 30 cm de profondeur afin de faciliter l’enracinement des plants provenant des pépinières : ton hypothèse est intéressante (à savoir : pour les plans issus de pépinière, colonisation du sol  par leurs racines en deux étapes), mais elle reste à démontrer. Moi j’ai plusieurs essais qui ne confirment pas cette hypothèse, avec des plants issus de pépinière mais installés sans labour, parfois simplement au milieu de la végétation déjà présente. Ces plants ont aujourd’hui entre 5 et 14 ans et, même si leur vigueur est moindre que sur labour fertilisé, la plupart d’entre-eux ont aujourd’hui une conformation bien meilleure, des branches fines, et en plus ils sont stables : ils sont encore debout en 2010 ! Je me demande pour ma part si, en ameublissant le sol, on ne détériorerait pas la qualité de l’ancrage et si on ne cantonnerait pas quelque peu la prospection racinaire à la partie ameublie. On sait bien qu’un simple passage de rouleau landais fragilise cet ancrage, or la charrue fait bien pire que le rouleau landais. Il arrive qu’on nous donne d’excellentes raisons pour faire d’énormes bêtises : c’est le cas par exemple des ‘regonflages‘ avec passage de disques lourds dans les interlignes, alors qu’on connaît très bien par ailleurs l’effet dévastateur que peut avoir cette opération sur le système racinaire des pins.

D’après mon expérience, je concluerais ainsi : tous ces travaux lourds sont parfaits pour fabriquer de gros volumes de biomasse à toute vitesse, mais ils ne permettent généralement pas d’obtenir des bois de qualité ni des forêts stables. Certains des sylviculteurs qui donnent la préférence au volume par rapport à la qualité sont peut-être enthousiastes sur cet itinéraire, mais leurs performances s’effondrent un jour ou l’autre si la stabilité est déficiente… ce qui est le cas, et c’est ce qu’on vient de voir à deux reprises ! D’autre part, le coût de ces travaux me semble incompatible avec une rémunération correcte de l’investisseur. Le véritable risque, en forêt, est lié à l’ampleur de ces investissements. En un mot, comme disait Didier : ‘C’est une sylviculture de luxe pour un produit de merde !‘ Je m’emballe… mais t’en penses quoi ?

Pardon pour la longueur !

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Sur les trois photos ci-dessous, on voit bien que le labour descend bien au-delà de la zone prospectée par les racines de la molinie (cf. paragraphe 1),

même si, en cherchant bien, on arrive quand même à en retrouver quelques-unes, rares, près du fond de la cale.

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PostHeaderIcon Pro Silva et les étudiants

Une visite forestière un peu particulière aura lieu à Hostens le 25 novembre prochain.
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Il va s’y parler le castillan, le finlandais, l’anglais, le roumain, et le français.
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Après diverses écoles de techniciens ou d’ingénieurs, comme l’E.N.I.T.A. de Bordeaux, l’E.N.G.R.E.F. de Nancy, le Centre de Formation de Valrance (Aveyron), après les ingénieurs Espagnols venus des Asturies, les étudiants de Bavai (dans le Nord), les tout petits de Talence, et après bien d’autres encore, ce sont maintenant des étudiants forestiers venus de plusieurs pays qui viennent ensemble dans ma forêt pour découvrir la sylviculture naturelle et continue.
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Une soixantaine d’étudiants forestiers de diverses origines vont, avec leurs enseignants et leurs maîtres de stage, passer deux semaines à Bazas, du 22 novembre au 3 décembre. Ces jeunes sont du Centre de Formation de Bazas, mais également de Mont-de-Marsan, d’Espagne, de Finlande, et de Roumanie. C’est Amélie Bonnérat, enseignante au C.F.P.P.A.F. de Bazas, qui organise cette opération sous l’égide du programme européen Erasmus. L’objectif est de sensibiliser ces futurs forestiers aux changements à mettre en place à la suite des récents sinistres, sans oublier les autres contraintes qui pèsent sur les forêts.
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L’après-midi du 25 novembre sera consacrée à une visite de terrain sur la sylviculture naturelle et continue, que mes lecteurs connaissent maintenant par cœur ! Nous débattrons de points techniques particuliers, à partir d’exemples réels : scolytes, stabillité des arbres, conduite des peuplements, dépressages, semis artificiels, reboisements sans labour, etc..
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Les étudiants se répartiront aussi en petits groupes pour des travaux pratiques. Certains, par exemple, reviendront dans ma forêt, dans le courant de la deuxième semaine, pour approfondir les questions de régénération naturelle et de dégâts de scolytes.
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Rendez-vous pour le compte-rendu !
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PostHeaderIcon Unis-Cités et Pro Silva

Compte-rendu de l’action de jeunes volontaires menée en forêt d’Hostens pendant trois jours.

C’était le fruit d’un partenariat entre deux associations :

Unis-Cités et Pro Silva

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Lire l’article :

Unis-Cités et Pro Silva - Vignette-

PostHeaderIcon Labour tabou ?

Qu’est-ce qui vous arrive, amis laboureurs ?…

Je vous trouve bien mous ! Savez-vous que tous les forestiers Landais tendent l’oreille ?… Et même en France, beaucoup vous écoutent !… On est impatient d’avoir votre avis !…

Bon, je vois bien que vous n’avez pas envie de jouer avec moi, alors je vais jouer tout seul, na !

Quelques petits trucs piochés ici ou là :

- Un labour, pour la vie du sol, peut être comparé au cumul d’un tremblement de terre, d’une inondation, d’un feu et d’un ouragan. D. Reicosky (U.S. Departement of Agriculture)

- La minéralisation par le travail du sol est un moyen efficace de fertiliser les cultures mais, si elle est trop importante, elle consomme le stock d’humus. C’est comme un feu : plus on souffle dessus, plus ça brûle fort, et moins ça brûle longtemps ! Après un labour, la végétation est détruite, la vie du sol perturbée et la culture n’a pas encore de besoins importants : les nitrates sont lessivés. Frédéric Thomas (L’agriculture du carbone)

- Le travail du sol accélère la minéralisation de la matière organique : d’avantage d’éléments minéraux à court terme (souvent perdus) mais perte d’humus à moyen terme. Frédéric Thomas (L’agriculture du carbone)

- Le labour génère plus d’azote minéral que le semis direct. L’azote descend dans le profil avec l’eau des pluies d’automne-hiver, et va se perdre dans l’eau de drainage. Frédéric Thomas (L’agriculture du carbone)

- On aurait pu croire que le travail millénaire des paysans a eu pour but d’ameublir le sol pour permettre aux racines de leurs cultures de s’y installer. Il n’en est rien. L’agriculture a été dans les siècles passés l’art de ne pas cultiver le sol, autrement dit de laisser la plante se débrouiller pour pénétrer le sol, l’essentiel étant de lui fournir un sol dégagé. Dominique Soltner

- C’est la vie qui forme le sol. La structure et la porosité sont surtout d’origine biologique. Le véritable but du travail du sol est de dégager le sol plus qu’ameublir la terre. Dominique Soltner

- Il faut nourrir le sol, pas la plante. Anonyme

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Ainsi l’excès d’humus ne sert à rien si la capacité des micro-organismes présents est trop faible pour minéraliser cet excès :
l’indigestion n’est pas un procédé d’alimentation envisageable à long terme ! Le rouleau landais provoque un brusque
surplus d’humus, en même temps qu’il tranche un bon nombre de racines de pins, qu’il détruit quantité de végétaux
bienveillants, qu’il perturbe la rhizosphère, qu’il fragilise l’ancrage racinaire, qu’il rend le sol inhospitalier pour la microfaune,
qu’il accroît le volume de carbone largué pour rien dans l’atmosphère, qu’il met la terre à nu augmentant ainsi
l’érosion, l’évaporation des pluies et le lessivage des éléments nutritifs,

Toutes ces remarques rappellent étrangement ce qu’on peut lire

en page 2 de ma fiche intitulée Le sol :

Ainsi l’excès d’humus ne sert à rien si la capacité des micro-organismes présents est trop faible pour minéraliser cet excès : l’indigestion n’est pas un procédé d’alimentation envisageable à long terme ! Le rouleau landais provoque un brusque surplus d’humus, en même temps qu’il tranche un bon nombre de racines de pins, qu’il détruit quantité de végétaux bienveillants, qu’il perturbe la rhizosphère, qu’il fragilise l’ancrage racinaire, qu’il rend le sol inhospitalier pour la microfaune, qu’il accroît le volume de carbone largué pour rien dans l’atmosphère, qu’il met la terre à nu augmentant ainsi l’érosion, l’évaporation des pluies et le lessivage des éléments nutritifs, etc..

Le sol - Vignette

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À suivre, les amis…

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PostHeaderIcon Comment flinguer le bois

L’autre jour, au rayon bois, je n’ai pas résisté au plaisir d’acheter du pin.

Bon, du pin, j’en ai plein ma forêt, et mes hangars sont pleins de beaux sciages de pin des Landes en train de sécher tranquillement à l’air libre. Bref, je n’ai nullement besoin d’acheter des planches… mais c’était pour le plaisir : pour le seul plaisir de dénoncer les gougnafiers qui mettent en vente de pareilles saloperies, le plaisir d’épingler les voleurs, les escrocs, les vandales qui osent se moquer des consommateurs en leur fourguant du bois minable et hors de prix.

Trois planches et deux tasseaux en pin des Landes.

Comment flinguer le bois - Vignette

Mes achats au rayon bois massif chez Castorama, à Mérignac, le 9 août dernier :

Trois planches brutes en Pin de France (pin des Landes) de 100 mm x 22 mm x 2,40 m – PEFC – Prix : 9,80 € T.T.C.

Un tasseau brut (même bois) en 21 x 47 x 2,40 m – PEFC – Prix : 4,80 € T.T.C.

Un autre tasseau brut (idem) en 30 x 30 x 2,40 m – PEFC – Prix : 4,90 € T.T.C.

Mes commentaires :

Ce sciages n’ont que des défauts, très graves pour certains :
- des échauffures
- 5 couronnes de nœuds sur 2,40 m (11 nœuds !)
- certains de ces nœuds noirs et peu adhérents
- des poches de résine
- des déformations diverses : flambage, voilage, tuilage
- des défauts de surface (sciage mal fini)
- des planches couvertes de coulures de résine
- des accroissements larges (7 mm de large).
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Le seul défaut qui manque à la liste c’est le bleu ; sans doute un oubli… à moins que ce défaut ait été jugé trop bénin !
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Cette vulgaire saloperie est quand même vendue 9,80 € pièce,
c’est-à-dire 1.856 € le mètre-cube !
Oui monsieur : du bois échauffé, bourré de nœuds et de poches de résine, déformé, est vendu près de 2.000 €/m3 !!!
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Dans le rayon voisin, il y a de l’épicéa en dimensions comparables (119 mm x 22 mm x 2,40 m) mais raboté, sans défauts, et à peine 22% plus cher. Notons que cet épicéa a peut-être voyagé sur des milliers de kilomètres (depuis le Nord-Est ? Depuis la Scandinavie ? Depuis les Alpes ?…), alors que le pin des Landes est ici chez lui, mais presqu’aussi cher.
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Est-ce ainsi qu’on veut tirer vers le haut la filière du pin maritime ?
Qui a fait le coup ?…
C’est forcément l’association d’un producteur, d’un transformateur, et d’un distributeur : ça, on ne pourra pas le contredire… mais je n’ai pas dit qu’ils étaient tous les trois échauffés.
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Au fin-bout de cette bande, il y a forcément un quatrième : le pigeon !
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PostHeaderIcon Difficile, la régé nat ?

L’avis du C.R.P.F. au sujet de la régénération naturelle.

1) Un texte :

« La régénération naturelle du pin maritime [...] est mal adaptée à la lande humide. Le sylviculteur qui choisit (ou subit) la régénération naturelle, se prive de l’apport de l’amélioration génétique et devra en tout état de cause ‘assister’ les semis pour en faire des peuplements productifs (dépressages, mise en allées, etc.). »

(extrait de « Elaboration de nouveaux itinéraires techniques de régénération de la forêt landaise en réponse aux scénarios possibles - Innovations Agronomiques » – Y. Lesgourgues et S. Drouineau – 2009)

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2) Une image :

Yznogourg - La régé nat

(diapositive extraite de l’exposé présenté par Yves Lesgourgues le 30 juin 2009 au colloque organisé à Pessac (Gironde) par l’I.N.R.A. sur le thème Sylviculture, Forêts et Tempêtes

et présenté de nouveau lors de la restitution des travaux du G.I.P.-ECO.FOR. le 15 avril 2010 à Sabres*)

* Le débat qui devait clore ce colloque n’a pas eu lieu.

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3) Ma réponse en quelques photos :

Photos de régé nat - Vignette

(photos prises au cours de l’hiver 2009-2010, dans les parties humides de la parcelle A449)

La régénération que l’on voit sous les adultes est issue d’un simple passage de rouleau landais effectué en janvier 2005 sur la totalité de la surface.

En septembre 2010, j’ai mesuré quelques hauteurs parmi les dominants :

4,93 mètres – 4,42 m – 4,84 m – 4,79 m – 5,58 m – 6,05 m

soit une moyenne de 5,10 mètres par arbre

et 85 cm d’accroissement annuel pour moins de 150 € de frais.

Qui dit mieux ?

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PostHeaderIcon Labour toujours

Alors, les laboureurs, je vous trouve bien timides : zéro réponse pour l’instant !

Puisqu’il faut vous aider, voici ce que vous auriez pu dire :

- « Le travail du sol a pour objectifs une bonne aération du sol et un mélange intime des différents horizons, de façon à augmenter le volume prospecté par le système racinaire du pin. On sait qu’un développement racinaire harmonieux et important est gage de la qualité et de la productivité des peuplements. Le travail du sol devra donc être aussi profond que possible et intéresser la totalité de la surface de la zone reboisée. » (Henry Chaperon – La culture du pin maritime en Aquitaine – A.FO.CEL. 1986 – Page 75).

Ou encore ceci :

- « Le labour a des objectifs multiples. Autrefois, on cherchait seulement à rendre possible le contact direct de la graine avec le sol minéral. Depuis longtemps, on s’est aperçu qu’il fallait être plus ambitieux. On recherche maintenant un ameublissement sur au moins 30 cm, et un bon mélange de la matière organique, de l’engrais et du sol minéral. » (Jean-Paul Maugé – Le pin maritime, premier résineux de France – I.D.F. 1987 – Page 107).

Voilà donc ce que vous auriez pu donner comme arguments. Bien qu’ils soient très rudimentaires, ce sont des arguments officiels parfaitement estampillés. Toutefois, ces arguments auraient suscité de ma part quelques nouvelles questions.

Exemples :

- Comment est-il possible que, « pour aérer le sol », on y lâche des engins de 160 chevaux et plus ?
- Par quel miracle est-il possible que le simple « mélange intime des différents horizons augmente le volume prospecté par le système racinaire » ?
- Comment se fait-il que des pins installés de façon naturelle bien avant l’existence des tracteurs et des charrues atteignent 40 mètres de hauteur et soient encore debout en 2010 ?
- Quel est le volume prospecté par les racines de tels pins n’ayant jamais bénéficié des outils modernes ?
- Comment se fait-il que, en n’ameublissant le sol que sur une profondeur de 30 cm, on aide les racines à descendre au-dessous ?
- Quel est l’intérêt de « mélanger la matière organique, l’engrais, et le sol minéral » ?
- Est-ce que notre brave pin maritime est trop stupide pour trouver ce qui lui convient, eau et sels minéraux ? Est-ce que les autres arbres sont plus malins que lui ?
- Les végétaux du monde entier ont-ils attendu, pour croître et se multiplier, qu’il existe tracteurs, charrues, engrais, gros sous… ?

Allez les gars, courage ! Vous ne m’aidez pas beaucoup sur ce débat !

Vous avez la parole.

En attendant votre réponse, les tracteurs tournent,

les euros changent de mains…

et les pins tombent !

PostHeaderIcon Les sols landais

Une étude intéressante sur nos sols landais :

Le maintien de la fertilité des sols forestiers landais - Vignette

Il s’agit d’une revue bibliographique publiée en 1999 sur le sujet, et coordonnée par Pierre Trichet (I.N.R.A. de Pierroton), dans le cadre de la monoculture intensive du pin maritime. Bien que sa publication soit déjà ancienne, il semble bizarrement que personne ne se soucie des mises en garde qui y sont faites.

Quelques extraits :

[...] D’ores et déjà, des scénarios plus intensifs fondés sur de courtes rotations (20 à 25 ans) sont envisagés par les gestionnaires forestiers pour répondre à l’évolution du marché vers la production de bois de trituration (Lesgourgues et al., 1997). Face à l’apparition de tels scénarios, impliquant une pression accrue sur les sols forestiers (interventions mécaniques, augmentation de la  productivité forestière et raccourcissement des rotations), le maintien de la fertilité des sols à long terme se pose de manière cruciale. Dans un souci de gestion durable des ressources minérales et organiques du sol à l’échelle du massif landais, un certain nombre de travaux ont déjà été réalisés ou sont en cours de réalisation. [...]

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[...] La mise en andain et le brûlage provoquent des pertes minérales importantes (lessivage, volatilisation, pertes particulaires) et privent le sol d’un apport de matière organique fraîche, nécessaire au maintien de ses caractéristiques physico-chimiques. Ces pratiques sont donc à déconseiller dans le cadre d’une gestion durable. Chez le Pin maritime l’écorce est épaisse : elle constitue sur un peuplement de 26 ans de l’ordre de 12 % de la biomasse aérienne (Porté, 1999). L’écorçage en forêt permettrait de réduire les exportations, et restituer au sol une importante quantité de matière organique (+55% par rapport à la restitution du houppier seul, sur le peuplement étudié de 26 ans) et de minéraux : pour un pin maritime de 16 ans, 30 % de l’azote et du phosphore contenus dans le tronc, sont dans l’écorce (Lemoine et al. 1988, 1990). Cependant, la valeur commerciale de l’écorce de Pin maritime (très recherchée en horticulture), rend peu probable l’hypothèse d’un écorçage in situ. [...]

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[...] les effets observés lors de la mise en culture de ces sols (Jolivet et al., 1997) laissent penser que l’effet mécanique de la coupe rase et du travail du sol possède un impact important, au moins en ce qui concerne la minéralisation des stocks de matières organiques. Le labour profond réalisé avant l’installation de la plantation, favorise l’incorporation de la matière organique dans le sol, accélère la minéralisation et provoquerait ainsi une libération massive d’éléments minéraux dans le sol, qui peuvent être immobilisés dans la strate basse ou par les jeunes arbres, ou exportés hors du profil par drainage. Le mélange des horizons supérieurs (O et A1) provoqué par le labour peut également être à l’origine d’une dilution des stocks d’éléments minéraux et organiques localisés dans la couche superficielle du sol. [...]

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[...] Dans un contexte similaire, Schmitt et al. (1996) ont mis en évidence une diminution des teneurs en azote minéralisable et en phosphore assimilable, liée à la préparation mécanique du sol. [...]

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[...] Pennock et van Kessel (1997) observent ainsi que la réduction des stocks de carbone liée à la coupe rase varie en fonction de la texture du sol, les pertes les plus importantes étant mesurées dans les sols de texture sableuse. [...]

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[...] La fixation symbiotique d’azote est assurée par des ajoncs (Ulex nanus et Ulex europaeus), aucune estimation des quantités fixées ne peut à ce jour être fournie, cependant la non dominance des ajoncs parmi la flore landaise peut amener à penser que les quantités fixées sont faibles. La fixation non symbiotique de l’azote n’a jamais, à notre connaissance, été abordée, dans le contexte landais [...]

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[...] L’introduction de cultures intercalaires de légumineuses fixatrices d’azote (engrais vert), comme cela a été réalisé en Australie sur Pinus radiata (Nambiar et Nethercot, 1987 ; Smethurst et al., 1986), pourrait être ne solution à tester. [...]

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[...] Une acidification supplémentaire de sols déjà très acides ne serait pas sans conséquences néfastes sur l’évolution de la fertilité des sols landais. [...]

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[...] Les perspectives d’intensification, basée sur le raccourcissement des rotations et l’accroissement des exportations minérales hors de l’écosystème, seront donc à considérer avec la plus grande prudence. [...]

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[...] De toutes les modifications probables de l’itinéraire technique sylvicole du Pin maritime, le raccourcissement des révolutions est sans doute le point le plus délicat à prendre en compte dans le raisonnement du maintien de la fertilité des sols landais. En effet, l’augmentation des fréquences des prélèvements minéraux et organiques, et des perturbations du sol liées à la coupe rase, est susceptible d’engendrer d’importants changements dans les caractères et la fertilité des sols forestiers landais. [...]

Deux remarques :

1- Une petite rectification : il serait temps que les forestiers cessent d’employer le terme de ‘rotation‘ à la place de ‘révolution‘. Ce n’est absolument pas la même chose et cette erreur entraîne une confusion néfaste. Dans toute cette étude – du reste fort intéressante – c’est la notion de ‘révolution’ qui est représentée par le terme ‘rotation’.

2- Une interrogation : si les légumineuses permettent la fixation symbiotique de l’azote, pourquoi détruit-on systématiquement et régulièrement les légumineuses présentes, ajoncs et genêts notamment ? L’étude suggère d’en introduire artificiellement, comme cela a été tenté en Australie, alors que de nombreuses parcelles landaises en sont déjà bien pourvues !…

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PostHeaderIcon Le labour en forêt

Quelques échanges au sujet du labour, à lire sur le site « Adiu – Sud-Gironde » :

Adiu - Le labour - Vignette

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Le sujet est encore très loin d’être clos, mais pour l’instant aucun partisan du labour n’a daigné s’exprimer.

On se doute bien qu’ils sont tous occupés à tirer la charrue et qu’ils ont bien d’autres travaux à faire que de papoter sur le Net avec des couillons… Alors, entre couillons, on papote sur le Net à la gloire des Partisans du Labour.

PostHeaderIcon Conversation n° 2

Fiche technique :

Conversation n° 2 - Vignette

PostHeaderIcon L’autre mort

Lu dans la Dépêche du Midi du 24 août une pleine page intitulée

« L’autre mort de la forêt »

et qui ne fera peut-être pas plaisir à une certaine catégorie de personnel. Il s’agit de cet incendie sans flamme que subit actuellement notre pauvre Massif Landais. La conclusion est à lire sans faute, de même que l’encadré d’Hervé Jactel.

Pour lire l’article au format .Pdf cliquons ici (attention : qualité médiocre et lecture difficile) :

L'autre mort de la forêt - Vignette

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Pour le lire directement sur le site du quotidien, cliquons là :

L'autre mort de la forêt 2 - Vignette

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Bon alors, exceptionnellement pour ceux qui auraient la flemme d’ouvrir un lien pendant les vacances, voici l’encadré d’Hervé Jactel :

Hervé Jactel, directeur de recherches à l’INRA de Bordeaux :

« C’est qu’il existe une relation entre la biodiversité et la santé des forêts. On sait aujourd’hui que les forêts mélangées sont plus résistantes que les forêts pures, c’est-à-dire composées d’une seule essence comme le pin maritime dans le cas des Landes. Pour deux raisons majeures : parce qu’une essence forestière mélangée à d’autres est plus difficile à localiser par les insectes ravageurs attirés par ses signaux visuels et olfactifs et parce que les forêts mélangées abritent davantage d’ennemis naturels des ravageurs, autres insectes ou oiseaux insectivores. Ces mécanismes peuvent s’appliquer aux scolytes attirés par l’odeur de résine des conifères dépérissants car l’odeur des feuillus perturbe leurs mécanismes de localisation du pin. D’un point de vue strictement écologique, il convient donc de réfléchir à une diversification des essences forestières pour le massif, en créant des îlots ou des haies de feuillus à disperser dans l’espace forestier. »

On peut aussi se reporter à un précédent article, publié le 8 mars 2010 sur ce même blog, et citant Hervé Jactel, intitulé :Vive la forêt mélangée

Vive la forêt mélangée - Vignette

On peut également voir un petit film très intéressant sur le site de l’I.N.R.A. à l’adresse suivante : http://www.inra.fr/content/view/full/36862453

-Hervé Jactel - Vignette

PostHeaderIcon Sud-Ouest en forêt

Jean-Claude Guillebaud revient sur la forêt landaise.

Dans l’édition du 15 août de Sud-Ouest-Dimanche, Jean-Claude Guillebaud apporte quelques retouches à sa chronique du 1er août.

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Lisons les deux chroniques :

Paris-Province - Vignette

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On peut aussi lire directement ces deux chroniques sur le site de Sud-Ouest aux adresses suivantes :

1) Une tempête très silencieuse : http://www.sudouest.fr/2010/08/01/une-tempete-tres-silencieuse-151399-4723.php

2) Retour en forêt : http://www.sudouest.fr/2010/08/15/retour-en-foret-161391-4723.php

Merci, Monsieur Guillebaud, de vous intéresser à ce qui fut une belle forêt et qui, n’en doutons pas, peut se relever si nous le voulons bien !

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Voici le message que je m’étais permis d’adresser à Monsieur Guillebaud le premier août, dès la parution de sa première chronique :

« Cher Monsieur,

J’ai lu avec intérêt votre chronique d’aujourd’hui dans Sud-Ouest Dimanche (« Paris-Province – Une tempête très silencieuse« ). Heureux de trouver enfin un journaliste abordant le sujet de la forêt, je souhaiterais cependant vous faire part de quelques observations personnelles.   Il est exact que la pauvre forêt landaise est actuellement dans un état très préoccupant, dû notamment à l’enchaînement des catastrophes comme vous l’évoquez :

  • crise économique
  • ouragan Klaus
  • marché du bois perverti
  • grave pullulation de chenilles processionnaires
  • grave manque de pluies printanières
  • grave attaque de sténographes

Tout cela est exact et, dans l’attente des incertaines suites, la forêt, actuellement, en est à ce stade désolant que vous décrivez.

Toutefois, ce n’est pas une « belle » forêt qui a été mise à terre. Rien ne sert de pleurer le patrimoine landais de nos rêves, car la forêt traditionnelle a cessé d’exister depuis plusieurs décennies : depuis l’arrivée progressive, mais massive, de la mécanisation à outrance. La forêt landaise que vous regrettez a disparu peu à peu dans la deuxième moitié du XXème siècle. Elle a été remplacée par un système où règne la monoculture stricte du pin, et inspiré des pratiques agricoles hyper-intensives. C’est une approche où les écosystèmes sont méprisés, où la biologie végétale doit se plier aux besoins des tracteurs, où les sols sont régulièrement perturbés en profondeur, où on passe sur les racines des arbres des engins tranchants, où on coupe les pins longtemps avant leur maturité, où leur vente est parfois inférieure à leur coût de production, etc..

Les résultats de cette monoculture intensive sont déplorables, notamment en ce qui concerne le paysage. Ce qui est par terre aujourd’hui, ce n’est pas une forêt, et encore moins la forêt landaise de nos souvenirs. Même si la légende survit à la réalité, ce n’est pas la « civilisation landaise« , ce n’est pas « l’un des plus beaux massifs forestiers d’Europe« , ce n’est pas du tout la « sylve monumentale qu’affectionnait François Mauriac« , mais ce sont de vulgaires champs d’arbres tordus et boursoufflés, des lignes de pins à croissance forcée, de mauvaise qualité technologique, et où le moindre feuillu est exterminé.

Ce qui est exact, c’est que c’est bien une « tragédie« , mais c’est nous-mêmes - nous, les forestiers - qui avons amené cette tragédie. Nous n’avons pas su voir venir les dangers de l’intensification, nous n’avons pas voulu acquérir une formation professionnelle de bon niveau, nous avons été fascinés par l’arrivée des tracteurs, et par l’illusion que l’augmentation de la productivité résoudrait tout. Si nous ne regardons pas où nous mettons les pieds, si nous ne voulons pas changer nos pratiques, c’est notre propre faute.

On pourrait élargir le sujet et dire bien des choses encore, évoquer l’industrie lourde, le sort des producteurs de bois, le rôle des organismes forestiers, la censure des petites voix… On pourrait, par exemple, montrer les analogies entre les « affaires » de la filière du bois, et les « péripéties » de l’affaire Bettencourt… Les affaires ! Il me semble que, dans une précédente chronique, vous critiquiez la dictature aveugle et inhumaine de la finance. Elle est partout !

Bien cordialement,

Jacques Hazera

Expert Forestier

http://www.Pijouls.com/blog/

P.S. – Petite rectification : le second grand ouragan n’a pas eu lieu en 2004, mais en 2009 (ouragan Klaus, du 24 janvier 2009).»

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PostHeaderIcon La parole aux techniciens

Je cherche des forestiers professionnels pour m’éclairer sur une question technique.

Voici ma question :

Quel est l’intérêt de labourer le sol en grande profondeur ?

Le labour profond est une pratique très courante et qui a de nombreux adeptes, à commencer par les entrepreneurs de travaux, la C.A.F.S.A., la C.O.F.O.G.A.R., le C.R.P.F., les pépiniéristes, l’O.N.F., les sylviculteurs…

… je ne doute donc pas un seul instant qu’un grand nombre de volontaires vont se bousculer pour répondre à ma question !

Attention : ma question ne porte pas sur le sous-solage, mais bien sur le labour, qui se pratique avant le reboisement de façon systématique, sans aucun diagnostic préalable, et dans tous les types de sols.

Quelles en sont les raisons ?…

Quelle en est la justification technique ?…

Est-il possible d’en débattre ?…
Est-ce un sujet-tabou ?…
Est-ce que je vais être traîné devant les tribunaux pour avoir lancé ce sujet ?…

D’avance merci pour toutes réponses précises et bien argumentées…

… mais j’aurai ensuite quelques autres questions.

PostHeaderIcon Les 3 p’tits docs

C’est trois petits documents sympas à feuilleter en vacances.

1) Mini-topo à propos d’arbres :

Mini-topo - Vignette

2) Quelques écorces et quelques feuilles :

Quelques écorces - Vignette

3) Quelques animaux et quelques végétaux :

Quelques animaux - Vignette

PostHeaderIcon Un magazine édifiant

Une chaîne de télévision du Limousin a diffusé dans son magazine n° 179 (avril 2010) tout un reportage sur la forêt, à partir des questions qu’on peut se poser au sujet du P.E.F.C..

Ce reportage est lumineux, de bout en bout. La sylviculture, notamment, y est expliquée d’une façon tellement simple que tout semble aussi aisé qu’évident.

Les secrets de l’organisation de la filière du bois y sont révélés, ainsi que quelques collusions. Je vous recommande ardemment de le visionner, même s’il écorche au passage un certain nombre de procédés…

Rectif : … SURTOUT qu’il écorche au passage un grand nombre de procédés courants !

Des procédés qu’on retrouve bien entendu ailleurs : remplaçons juste « douglas » par « pin maritime » et on est chez nous dans les Landes.

Mais voyez plutôt ce qui se dit d’édifiant sur le Plateau des Millevaches :

PEFC

PostHeaderIcon Un projet intéressant… non retenu

Voici la description d’un projet intéressant, qui n’a malheureusement

pas fait partie des quatre lauréats.

Il s’agit d’un projet ambitieux que Pro Silva avait déposé en 2009

lors de l’appel à idées lancé par le Réseau Mixte Technologique.

Ce projet concernait le Massif Landais.

 Description du projet (Pro Silva - RMT) - Vignette

PostHeaderIcon Un constat de désastres (fin de l’article)

Voici enfin,

grâce à la très aimable autorisation de la revue Forêt-Entreprise,

la deuxième partie de l’entretien de Nathalie Maréchal avec Roland et Xavier Martin,

intitulée « Quelles réponses de l’industrie en Aquitaine ? ».

Lisons avidement :

Un constat de désastres (fin) - Vignette

 

  Relisons aussi la première partie de cet entretien :

Un constat de désastres - Vignette

Je rappelle que cette partie-ci est toujours accessible en téléchargement sur le site de la Forêt Privée Française :

http://www.foretpriveefrancaise.com/actualites/depeches/klaus-temoignage-un-constat-de-desastres-738322_738334_752366.html?&FULLTEXT=Un+constat+de+d%E9sastres

PostHeaderIcon Forêt Landaise et biodiversité : un colloque

Annonce d’un colloque qui se tiendra à Sabres le 27 février prochain.

Ce colloque est organisé par Europe-Écologie et réunira un certain nombre de témoins et de professionnels. Pour ma part, j’ai été invité à y présenter succinctement la « sylviculture naturelle et continue ».

Programme à télécharger :

Forêt Landaise et biodiversité - Vignette

PostHeaderIcon Pins radiata en mélange

Traduction d’un article :

Pins radiata en mélange - Vignette

PostHeaderIcon Lettre ouverte au Syndicat des Sylviculteurs

Lettre envoyée huit jours après la survenue de Klaus.

Lisons :

Lettre ouverte au SSSO - Vignette

Au premier anniversaire de Klaus, aucune réponse encore…

PostHeaderIcon Visite du 11 novembre en forêt landaise

Compte-rendu de la « visite de rattrapage » qui a eu lieu le 11 novembre à Hostens et à Louchats sous l’égide de Pro Silva :

(Compte-rendu à nouveau signé de Gabriel Merlaut)

Pro Silva dans les Landes 2 - 11 novembre - Compte-rendu - Vignette

PostHeaderIcon Records de prix pour des résineux

Lu dans le numéro 102 de Forêt Wallonne (septembre-octobre 2009) :

« VENTE AUX ENCHÈRES DE BOIS PRÉCIEUX DE RÉSINEUX

Début 2009, une vente aux enchères de bois précieux de résineux a rassemblé une centaine de personnes, à Litzendorf, en Bavière (Allemagne).

Les acheteurs s’attendaient à une demande modérée et à un recul des prix, mais c’est le contraire qui s’est passé : bien que la part de bois de qualité A, toutes essences confondues, était plus faible que l’année passée, les prix proposés ont atteint des sommets.

Les lots proposés à la vente variaient, selon les esssences, entre 1 et 24 m3. Un mélèze de 2,38 m3 a atteint un nouveau record à 775 euros/m3. Avec plusieurs autres lots de mélèzes, ils ont largement dépassé l’ancien record qui était de 465 euros/m3. Les prix maximum des autres résineux étaient les suivants : 180 pour le pin, 200 pour l’épicéa et 235 pour le douglas. »

(Article préalablement repris du n° 307 de La Forêt Privée)

PostHeaderIcon Quelques citations

Quelques citations glanées çà et là :

Quelques citations - Vignette

PostHeaderIcon En deux mots

Présentation de la « sylviculture naturelle et continue »  brossée en deux mots de main de maître : en une page, tout y est !

(Article paru dans la Dépêche du Bassin sous la plume intrépide de Nathalie Le Chalony, et chaleureusement dénoncée ici)

Article de Nathalie Le Chalony - Vignette

PostHeaderIcon Pro Silva en vidéo

La visite du 3 octobre 2009 à Hostens

(Reportage réalisé par Marc-Alexis Morelle, et publié avec son coupable consentement)

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Marc - Visite du 3 octobre - Vignette

PostHeaderIcon Pro Silva dans les Landes !

Compte-rendu des « Journées Pro Silva » d’octobre 2009

(Compte-rendu rédigé par Gabriel Merlaut, et reproduit malgré sa formelle interdiction)

Pro Silva dans les Landes - Compte-rendu - vignette

PostHeaderIcon Plaidoyer pour la production de gros bois

Article paru dans Forêt Wallonne n° 102 (septembre-octobre 2009) et reproduit ici avec sa très aimable autorisatin

Jean-Philippe SCHÜTZ et Ernst GEHRI

Plaidoyer FW-Schütz - Vignette

PostHeaderIcon De la typologie aux itinéraires

Traduction d’un article :

De la typologie aux itinéraires - Vignette

PostHeaderIcon Typologie des successions

Traduction d’un article :

Typologie des successions - Vignette