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LE REMPLAÇANT – 3) Le risque et l’engagement
Suite et fin…
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Précisons enfin un dernier point :
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Je suis moi-même propriétaire forestier, sylviculteur professionnel, et expert forestier.
C’est de ma forêt que je tire l’essentiel de mes revenus, même s’il me faut les compléter par des prestations.
C’est donc à mes propres risques que je fais depuis près de vingt ans de multiples essais dans mes parcelles, dans le but d’en optimiser la santé, la qualité, la productivité et, en fin de comptes, la rentabilité. J’ai en outre le souci constant d’en améliorer le capital : peuplements, sols, desserte, ambiance, stabilité des arbres, etc..
Lors de mes prestations en tant qu’expert forestier, je porte donc à la fois l’expérience
du CONSEILLEUR et celle du PAYEUR !
Les options que j’ai prises en matière d’objectifs, d’itinéraires, et de régénération sont le fruit d’expériences, d’études et de réflexions de longue haleine. Beaucoup d’entre-elles m’ont été inspirées par des forestiers prestigieux et reconnus.
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Ce que je propose aux sylviculteurs Landais, c’est d’essayer certaines des options les plus intéressantes que j’ai moi-même testées dans ma forêt, qui n’engagent que très peu de frais et qui, de surcroît, sont réversibles pour la plupart d’entre-elles.
Me faire traiter en retour, sans examen, sans visite et sans débat,
de farfelu, de nostalgique et d’excentrique
ne fait que renforcer mes doutes sur les objectifs réels du Donjon.
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LE REMPLAÇANT – 1) Reconnaissance officielle
Youpi ! On existe !
Le Donjon a fini par craquer :
le Parti admet enfin qu’il existe des alternatives à sa Ligne !
Un témoignage de reconnaissance surprenant, mais officiel,
vient en effet d’être publié en ces termes :
Les chercheurs [...] opposent un net démenti aux initiatives farfelues de certains nostalgiques qui sont prêts à attendre quatre vingt ans des bois de ‘qualité‘ dont ne veut plus l’industrie. Leur excentricité peut amuser et abuser les médias pendant un moment, ‘puis la bulle fera pschitt !‘
C’est par ces quelques lignes, sobres mais éloquentes,
que le Remplaçant a accompli, dans la Pravda de Gascogne, son rite d’intronisation
au Praesidium du SSSOviêt Suprêm.
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Jusqu’ici le Donjon n’avait pas daigné nous voir,
il ne nous entendait pas,
ne se montrait pas à nos tournées de terrain,
interdisait à ses gens d’y venir,
ne répondait pas à nos invitations…
Bref, le mépris total : nous n’étions rien ou le Diable !
Et brusquement, nés de rien, nous nous mettons à exister,
au point même de mériter d’élogieux noms d’oiseaux :
‘farfelus‘, ‘nostalgiques‘, auteurs ‘d’excentricités‘…
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Beau débat !
On vient avec des propositions, on repart avec des coups de pied ;
on arrive avec des arguments, on repart avec des insultes :
Merci le Remplaçant !
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En réponse, just for fun, cette nouvelle fiche :
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Quant à ce que disent les chercheurs, on en reparlera.
On reparlera aussi d’autres passages de l’intronisation du Remplaçant…
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À suivre !…
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En mémoire de Didier
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Lisons le beau discours qu’a prononcé Jean-Bernard en mémoire de Didier :
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Merci à Jean-Bernard pour ces quelques mots simples et chargés d’émotion !
Merci à l’assistance pour son recueillement sincère !
Merci à Didier pour le beau sillon qu’il a tracé sur cette terre !
Longue vie au pommier « Florina Querina » que nous avons ensuite tous planté ensemble !
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C’était vendredi dernier, le 29 octobre, à Audenge, dans le petit bois de Didier, tout près de ses ruches.
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Labour tabou ?
Qu’est-ce qui vous arrive, amis laboureurs ?…
Je vous trouve bien mous ! Savez-vous que tous les forestiers Landais tendent l’oreille ?… Et même en France, beaucoup vous écoutent !… On est impatient d’avoir votre avis !…
Bon, je vois bien que vous n’avez pas envie de jouer avec moi, alors je vais jouer tout seul, na !
Quelques petits trucs piochés ici ou là :
- Un labour, pour la vie du sol, peut être comparé au cumul d’un tremblement de terre, d’une inondation, d’un feu et d’un ouragan. D. Reicosky (U.S. Departement of Agriculture)
- La minéralisation par le travail du sol est un moyen efficace de fertiliser les cultures mais, si elle est trop importante, elle consomme le stock d’humus. C’est comme un feu : plus on souffle dessus, plus ça brûle fort, et moins ça brûle longtemps ! Après un labour, la végétation est détruite, la vie du sol perturbée et la culture n’a pas encore de besoins importants : les nitrates sont lessivés. Frédéric Thomas (L’agriculture du carbone)
- Le travail du sol accélère la minéralisation de la matière organique : d’avantage d’éléments minéraux à court terme (souvent perdus) mais perte d’humus à moyen terme. Frédéric Thomas (L’agriculture du carbone)
- Le labour génère plus d’azote minéral que le semis direct. L’azote descend dans le profil avec l’eau des pluies d’automne-hiver, et va se perdre dans l’eau de drainage. Frédéric Thomas (L’agriculture du carbone)
- On aurait pu croire que le travail millénaire des paysans a eu pour but d’ameublir le sol pour permettre aux racines de leurs cultures de s’y installer. Il n’en est rien. L’agriculture a été dans les siècles passés l’art de ne pas cultiver le sol, autrement dit de laisser la plante se débrouiller pour pénétrer le sol, l’essentiel étant de lui fournir un sol dégagé. Dominique Soltner
- C’est la vie qui forme le sol. La structure et la porosité sont surtout d’origine biologique. Le véritable but du travail du sol est de dégager le sol plus qu’ameublir la terre. Dominique Soltner
- Il faut nourrir le sol, pas la plante. Anonyme
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Toutes ces remarques rappellent étrangement ce qu’on peut lire
en page 2 de ma fiche intitulée Le sol :
Ainsi l’excès d’humus ne sert à rien si la capacité des micro-organismes présents est trop faible pour minéraliser cet excès : l’indigestion n’est pas un procédé d’alimentation envisageable à long terme ! Le rouleau landais provoque un brusque surplus d’humus, en même temps qu’il tranche un bon nombre de racines de pins, qu’il détruit quantité de végétaux bienveillants, qu’il perturbe la rhizosphère, qu’il fragilise l’ancrage racinaire, qu’il rend le sol inhospitalier pour la microfaune, qu’il accroît le volume de carbone largué pour rien dans l’atmosphère, qu’il met la terre à nu augmentant ainsi l’érosion, l’évaporation des pluies et le lessivage des éléments nutritifs, etc..
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À suivre, les amis…
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Pro Silva – Bulletin d’adhésion
Que vous ayez une âme de bienfaiteur,
ou un tempérament de militant,
ou une passion pour la forêt,
ou une volonté de progrès,
ou un désir de réforme,
ou une soif de justice,
ou le besoin tout simple de retour au bon sens dans la sylviculture,
je vous encourage à adhérer à Pro Silva.
Nous avons besoin d’aide car
notre chemin est semé de clous.
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Pro Silva milite pour une sylviculture proche de la nature.
En ce qui concerne plus particulièrement le Massif Landais,
voir dans ce même blog l’ensemble des fiches sur la
sylviculture naturelle et continue
pour une argumentation plus détaillée et plus complète.
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Didier Müller en vidéo

À la suite du décès de Didier Müller, Delphine Détrie a obtenu de la société « éclectic production » qu’elle lui transmette les enregistrements filmés de la « Journée Pro Silva » du 3 octobre 2009 à Hostens. Delphine vient de me les envoyer à l’attention de la famille de Didier.
Le reportage de cette journée, que Didier avait organisée avec moi, devait initialement faire partie de l’émission « Des Racines et des Ailes » sur le Sud-Ouest, signée Delphine Détrie, et diffusée le 21 avril dernier.
Sur ces enregistrements, qui sont à l’état brut (ce ne sont que des « rushes »), apparaît Didier tel qu’on l’a tous connu et aimé, ainsi que la plupart des échanges et des débats très fournis auxquels a donné lieu cette journée.
Je tiens à remercier profondément Delphine ainsi que la société « éclectic production » de cette très aimable attention.
Difficile, la régé nat ?
L’avis du C.R.P.F. au sujet de la régénération naturelle.
1) Un texte :
« La régénération naturelle du pin maritime [...] est mal adaptée à la lande humide. Le sylviculteur qui choisit (ou subit) la régénération naturelle, se prive de l’apport de l’amélioration génétique et devra en tout état de cause ‘assister’ les semis pour en faire des peuplements productifs (dépressages, mise en allées, etc.). »
(extrait de « Elaboration de nouveaux itinéraires techniques de régénération de la forêt landaise en réponse aux scénarios possibles - Innovations Agronomiques » – Y. Lesgourgues et S. Drouineau – 2009)
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2) Une image :

(diapositive extraite de l’exposé présenté par Yves Lesgourgues le 30 juin 2009 au colloque organisé à Pessac (Gironde) par l’I.N.R.A. sur le thème Sylviculture, Forêts et Tempêtes
et présenté de nouveau lors de la restitution des travaux du G.I.P.-ECO.FOR. le 15 avril 2010 à Sabres*)
* Le débat qui devait clore ce colloque n’a pas eu lieu.
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3) Ma réponse en quelques photos :
(photos prises au cours de l’hiver 2009-2010, dans les parties humides de la parcelle A449)
La régénération que l’on voit sous les adultes est issue d’un simple passage de rouleau landais effectué en janvier 2005 sur la totalité de la surface.
En septembre 2010, j’ai mesuré quelques hauteurs parmi les dominants :
4,93 mètres – 4,42 m – 4,84 m – 4,79 m – 5,58 m – 6,05 m
soit une moyenne de 5,10 mètres par arbre
et 85 cm d’accroissement annuel pour moins de 150 € de frais.
Qui dit mieux ?
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Les fonctions multiples de la forêt
L’Association Futaie Irrégulière vient de publier un nouvel ouvrage intitulé :
Le traitement des futaies irrégulières
Valoriser les fonctions multiples de la forêt

Ce beau livre richement illustré (tableaux, graphiques, photos magnifiques…) est surtout un ouvrage technique. Il rapporte les derniers résultats chiffrés issus du réseau de placettes de références installé par l’A.F.I., mais donne aussi beaucoup d’explications sur la façon de traiter des cas différents d’essences, de stations, de mélanges…
Son objectif est de montrer comment mettre en valeur conjointement, sur chaque morceau d’une forêt, les trois fonctions principales : économique, protectrice et sociale.
Il a été publié en partenariat avec l’association France-Bois-Forêt.
L’A.F.I. est proche partenaire de Pro Silva.
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Pour se le procurer :
Association Futaie Irrégulière
24 Quai Vauban
25000 Besançon
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Pro Silva : A.G. 2012 ici ?
L’Assemblée Générale 2012 de Pro Silva est susceptible d’être organisée en Aquitaine.
Si c’est le cas, elle aura probablement lieu en Sud-Gironde vers septembre ou octobre.
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Que toutes les personnes qui souhaiteraient assister aux visites :
- les techniciens qui avaient choisi la forêt par goût ;
- les entrepreneurs soucieux de travail soigné ;
- les artisans travaillant le joli bois tels des artistes, les charpentiers, les ébénistes, les scieurs… ;
- les ingénieurs initialement formés aux principes de la foresterie ;
- les passionnés aspirant à une sylviculture proche de la nature ;
- les sylviculteurs à la recherche de pratiques raisonnables ;
- les chercheurs préoccupés des sols, des racines, des feuilles, du vent, des parasites… ;
- les propriétaires préférant les recettes aux dépenses ;
- les curieux avides de forêts accueillantes ;
- les amoureux du Massif Landais désireux d’un retour à une forêt vivante ;
- les naturalistes, les simples promeneurs, les esthètes rêvant de paysages à échelle humaine ;
- les Girondins, les Landais, tous les Aquitains, forestiers ou non forestiers ;
- tous les conformistes et tous les anti-conformistes ;
Que tous se signalent pour prendre date.
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Laissez un commentaire ci-dessous, envoyez-moi un message, téléphonez-moi…
peu importe, mais signalez d’ores et déjà votre intérêt.
Il y aura des visites en forêt, probablement assez pour alimenter quelques débats nourris.
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Pro Silva
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Le Conseil d’Administration de Pro Silva France,
qui s’est tenu le 10 septembre dernier,
s’est doté d’un nouveau Vice-Président : votre serviteur.
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Désormais, je vais m’employer à développer le réseau de pistes de réflexion que Didier Müller avait ouvertes dans notre Massif Landais. J’essaierai de prolonger la voie du bon sens, de l’élargir, et de l’entretenir.
Pour réussir cette mission, nous ne serons pas trop de toutes les bonnes volontés.
J’en appelle donc à tous les forestiers qui aiment notre Massif Landais.
J’en appelle à une vraie réflexion commune.
J’en appelle au retour à une sylviculture raisonnable et pérenne.
Unissons nos visions, nos compétences, nos forces car la tâche est vaste et la piste semée de mines.
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Ceux qui souhaitent aller plus loin trouveront ci-dessous le
bulletin d’adhésion à Pro Silva.
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Merci à tous !
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Un bébé-forum
Un nouveau forum vient de voir le jour :
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Pour l’instant, c’est juste l’ouverture, mais il y a déjà un texte signé Sosténi qui est un vrai régal, et une description de la sylviculture Pro Silva, signée Philippe d’Harcourt, qui est une merveille de finesse, de clarté, et de sensibilité !
Vous m’en direz des nouvelles…
D’Émile Müller pour son père Didier
Voici le texte qu’Émile Müller a écrit en hommage à son père :
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Le dernier paragraphe me touche particulièrement :
« [...] Dans le Sud-Ouest, son engagement allait peu à peu se renforcer et il commença un nouveau combat. En effet, l’avenir des pins l’inquiétait : le productivisme, la science aveugle et l’oubli des savoirs anciens mettaient en péril la forêt face aux ouragans. Des arbres plus grands plus vite, mais aussi plus fragiles. Aidé d’amis, il s’était lancé dans la promotion d’une forêt plus saine, qui concilierait économie et écologie. Non pas comme la volonté actuelle de séparer zones de production intensive de quelques rares niches naturelles où le marcheur lambda pourrait photographier de jolies fleurs. Non. Il voulait croire en une réconciliation générale entre l’Homme et la nature qu’il aimait tant. Son combat, il était en train de le gagner, il l’aurait gagné. Il s’est arrêté là.
Et ceux qu’il a convaincus le gagneront pour lui. »
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Merci Émile d’avoir écrit ça, et merci de m’en avoir autorisé la publication.
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Garder un arbre ?… L’enlever ?… Pourquoi ?…
Quelles raisons peuvent nous inciter à conserver un arbre, ou à le couper ?…
… à le couper plutôt qu’à le conserver ?
Pourquoi couper le dominé ? Pourquoi garder le vilain ? Pourquoi garder le mort ? Pourquoi enlever le plus beau ?…
Quelques réponses grâce à notre ami Marc-Étienne Wilhelm dans le document ci-dessous :
Merci à Marc-Étienne !
Ah, mais alors, les branches ? C’est pareil peut-être, non ? Pourquoi les couper, pourquoi les garder ?…
La fiche ci-dessous n’est qu’un modeste clin-d’œil au très
beau document de Marc-Étienne :
Un magazine édifiant
Une chaîne de télévision du Limousin a diffusé dans son magazine n° 179 (avril 2010) tout un reportage sur la forêt, à partir des questions qu’on peut se poser au sujet du P.E.F.C..
Ce reportage est lumineux, de bout en bout. La sylviculture, notamment, y est expliquée d’une façon tellement simple que tout semble aussi aisé qu’évident.
Les secrets de l’organisation de la filière du bois y sont révélés, ainsi que quelques collusions. Je vous recommande ardemment de le visionner, même s’il écorche au passage un certain nombre de procédés…
Rectif : … SURTOUT qu’il écorche au passage un grand nombre de procédés courants !
Des procédés qu’on retrouve bien entendu ailleurs : remplaçons juste « douglas » par « pin maritime » et on est chez nous dans les Landes.
Mais voyez plutôt ce qui se dit d’édifiant sur le Plateau des Millevaches :
Le 21 avril
Des Racines et des Ailes : c’est pour le 21 avril !
C’est baroque, c’est décadent, c’est Kafka, c’est Guignol… c’est bientôt les élections
Monsieur Le Préfet de la Région Aquitaine,
Préfet de la Gironde,
Officier de la Légion d’Honneur
Commandant de l’Ordre National du Mérite…
… qui donc vous tient la plume ?
L’Arrêté de reconstitution vient d’être signé. Depuis un an, depuis la survenue de notre ami Klaus, la France forestière prétend réfléchir à de nouvelles façons de pratiquer la sylviculture. Tout ce qui contient des neurones est d’avis de changer nos habitudes. Et les médias, et la presse spécialisée, et les colloques, et les symposiums, et les séminaires, et Internet, et tous les bureaux du Donjon, et tous les cercles de la Gascogne et tous les bistrots de la Guyenne débordent de grandes affirmations magiques :
« C’est promis, on va changer de sylviculture ! Oui changeons ! C’est ça, changeons… Il faut que les arbres tiennent debout, il faut que la forêt soit un réservoir de biodiversité, il faut améliorer la qualité du bois… Il faut des palombes, il faut une forêt faite pour l’Homme, il faut des forêts plus ceci, des forêts plus cela ! Oh oui, voilà ce qu’il faut !.. ».
En conséquence, on va continuer comme avant : c’est bien ce que dit cet Arrêté.
La preuve en deux extraits :
On va donc continuer à faire les entretiens forestiers au disque. Oui, au disque ! Pauvres racines : on va continuer à trancher consciencieusement les racines des pins avec des outils coûteux traînés par des monstres…
Quant à la régénération naturelle, afin d’éviter les substantielles économies qu’elle permettrait, on sera tenus de la massacrer. Au cas où quelques provocateurs voudraient quand même pratiquer ouvertement la régénération naturelle, ils seront aussitôt repérés, fichés, et on surveillera qu’ils la traitent selon les Règles Immuables de la Sainte Monoculture Intensive. De même, afin d’éviter tout risque d’amélioration de la qualité du bois, les rebelles devront avoir dépressé leurs semis naturels avant qu’aient sonné 5 ans, jusqu’à en réduire la densité à 2.500 tiges par hectare. Si jamais quelque adepte de la secte naturelle était assez téméraire pour se jeter aveuglément dans l’enrichissement en feuillus, il sera tenu de décaper une bande de 6 mètres de largeur autour de chaque plant et ce jusqu’à la septième génération !… Ce type de régénération naturelle enrichie, moi j’appelle ça de la plantation sur sol nu.
Quoi de forestier dans de telles dispositions ? M’est avis que ceux qui ont tenu la plume sont soit des industriels, soit des financiers, soit des politicards. Ceux qui ont approuvé l’Arrêté devraient avoir de plus saines lectures… Qu’ils viennent donc s’instruire sur un certain blog !
Ce brouillon aurait-il donc été arrêté dans l’urgence, en vue des élections ? S’agirait-il tout juste de rassurer certaines inquiétudes ? Peut-être ne s’agit-il que de relancer la filière… au détriment de la forêt elle-même ? Quelle frénésie pour sortir cet Arrêté, pour qu’il puisse être brandi à temps : pendant la campagne électorale ! Urgence, urgence, avis à toutes les voitures : élections en vue !
Pour une fois, au moment de la préparation du texte, les experts forestiers avaient été sollicités, chose assez rare pour être mentionnée. Hélas, nos petites remarques d’experts n’ont pas changé grand-chose : même de simples observations modestement consacrées à la seule orthographe ont été refoulées au panier ; bosser à l’œil, tant mieux si c’est pour rien ! Mais du coup ce brouillon, c’est du petit nègre.
Peu importe car, en réalité, cet Arrêté ne sera JAMAIS appliqué. On a mis la charrue avant les bœufs, et il faudra en rédiger un nouveau après les conclusions du groupe de travail actuellement en train de plancher. En effet, des travaux sont en cours pour faire le point sur les aspects techniques de la sylviculture : c’est le G.I.P.-ECO.FOR. qui y travaille. Or ce G.I.P. est financé par le Ministère… C’est ainsi que l’animal se mord la queue : le Ministère fait fi des résultats qui sortiront du groupe qui carbure pour lui. L’argent public est ainsi confirmé dans son rôle habituel, bassement stratégique, et ce qui est consacré, c’est seulement la fébrilité électorale. Ça rappelle le fameux « Gel Présidentiel », tout ce qui est politicien étant sacré.
Politicard « au sens noble du terme » comme disent beaucoup d’élus !
Faut-il souhaiter le prochain ouragan, la prochaine dévastation ? Au secours !
Forêt Landaise et biodiversité : un colloque
Annonce d’un colloque qui se tiendra à Sabres le 27 février prochain.
Ce colloque est organisé par Europe-Écologie et réunira un certain nombre de témoins et de professionnels. Pour ma part, j’ai été invité à y présenter succinctement la « sylviculture naturelle et continue ».
Programme à télécharger :
Des racines et des ailes en avril
Voici des nouvelles de l’émission « Des racines et des ailes », données ces jours-ci par sa réalisatrice Delphine Détrie :
L’émission sera probablement diffusée en avril prochain (sur FR3).
Le montage devrait être terminé vers la mi-février. Tout se passe bien. Les dernières prises ont été tournées la semaine dernière, à Carcans-plage, sur le chantier de remontage de la fuste que Philippe Bray est en train de terminer (voir Les Maisons d’Arbres, fustes en pin maritime : http://www.lesmaisonsdarbres.com/).
Rappel (pour ceux qui prendraient l’émission en cours de route) :
Delphine Détrie et son équipe sont en train de préparer un reportage de 52 minutes pour l’émission de FR3 « Des racines et des ailes ». En octobre dernier, ils sont venus passer plusieurs semaines en Gironde pour réaliser les tournages. Le thème est la mise en valeur du patrimoine forestier dans le Massif Landais. Il est clair qu’un tel sujet ne pouvait pas passer à côté de la « sylviculture naturelle et continue ». Delphine et ses aides ont filmé toute la « Journée Pro Silva » du 3 octobre en forêt, à Hostens. Ils ont également fait des tournages sur l’exploitation des chablis, avec Stéphane Barbotin, et sur le chantier de préparation de la fuste chez Philippe Bray à Béliet, et à Cousseau chez François Sargos, et sur la parcelle des gros pépères de 100 ans à Louchats (on devrait voir le « Pin-Président »), etc.. Dès que j’en sais plus je vous appelle !
Un grand bonjour à Delphine et à ses Ailes !
Les forêts slovènes
Extrait d’une présentation faite par le Comité des Forêts au sujet des forêts slovènes :
« [...] Dès l’après-guerre, et avec le soutien de la FAO, une politique forestière particulièrement dynamique, volontariste et efficace a été mise en place, dont les principales mesures ont été les suivantes :
- Interdiction de la coupe rase ;
- Élimination des chèvres ;
- Gestion communautaire des propriétés privées morcelées ;
- Mise en place d’un système de financement des travaux sylvicoles, de la desserte des massifs, y compris la liaison téléphonique des fermes isolées. Les propriétaires réalisant des travaux dans leurs propres parcelles pouvaient avoir accès à ces crédits, qu’ils soient exécutés par eux-mêmes ou par des prestataires de services ;
- Création de la faculté forestière à l’Université de Ljubljana, en relation constante et très proche avec les gestionnaires de terrain ;
- Très grands efforts de formation continue de tous les intervenants ;
- Application sur tout le territoire d’une sylviculture multifonctionnelle, continue et proche de la nature.
Les résultats de ces efforts ont été, notamment, les suivants : ils permettent certainement de citer la Slovénie comme un modèle de gestion forestière à l’échelle de tout un pays :
- Augmentation du taux de boisement : 1875 = 36 % - 1947 = 43 % - 2005 = 58 % ;
- Volume producteur à l’hectare : 1947 = 130 m3 - 2008 = 290 m3 ;
- Accroissement : 1947 = 2,9 m3/ha/an - 2003 = 6,2 m3/ha/an ;
- Régénérations naturelles en 2005 : 98 % ;
- Routes forestières : 1950 = 2 ml/ha - 2003 = 20 ml/ha.«
Et nous, qu’attend-on pour bâtir une véritable politique forestière ? Qu’attend-on pour promouvoir sérieusement le bois massif ?
Est-on donc trop couillons, nous, en France, ou trop fiers, pour emboîter le pas, ou peut-être trop esclaves des lobbies ?…

























