Enfin une agriculture Pro Silva !

Le labour, les vaches, les céréales, l’azote, le lait, le carbone, l’économie, le soleil, les légumineuses… :

écoutons ce que nous disent les vers de terre !

Vive l’agriculture Pro Silva !

Encore une émission passionnante sur l’agronomie et sur France-Culture,

et mille parallèles avec la sylviculture :

http://www.franceculture.fr/emission-l-invite-des-matins-2eme-partie-l-invite-des-matins-2eme-partie-2014-01-08

Écoutez, c’est que du bon sens et du plaisir.France-Culture - Vignette

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Et puis, pour aller plus loin, allez vite visionner

cette conférence de Bruno Parmentier :

Conférence de Bruno Parmentier - Vignette

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Pro Silva Landes s'étoffe

Du nouveau à Pro Silva Landes :

Éric CASTEX et Thomas MODORI

ont accepté de me prêter main-forte

pour animer notre groupe

et représenter Pro Silva

auprès des instances locales.

Éric et Thomas ne sont pas

seulement d’excellents forestiers,

mais ce sont aussi des amis dynamiques et dévoués.

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Au rythme où se développe Pro Silva,

nous ne serons pas trop de trois pour rester à flots !

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C’est au grand complet que notre petite équipe

présente à tous les forestiers

ses meilleurs vœux pour 2014 !

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Nouveau débat : l'amélioration génétique des pins

21 novembre 2013

Lancement d’un débat sur

l’amélioration génétique des pins

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Dans un document fort intéressant sur la chasse, je lis le paragraphe suivant :

‘Sachant que toute sélection dirigée conduit à une perte de diversité génétique – et si cette sélection est sévère, la perte de diversité génétique le sera aussi – ces individus sélectionnés sur des qualités commerciales n’auront plus qu’un patrimoine génétique restreint. Il s’ensuit que leur potentiel d’adaptation en cas de changement de milieu sera lui aussi fortement réduit.’

-
La forêt landaise est en train de se reconstituer massivement à partir de plants issus d’une sélection génétique très performante (et sévère).

Cette sélection est le fruit de recherches importantes et de longs travaux entamés il y a déjà plusieurs décennies,

et de la mise en place de vergers à graines à partir d’un nombre restreint d’arbres classés…

Or le paragraphe ci-dessus conduit à s’interroger sur le bien-fondé de cette sélection et sur les perspectives qu’elle offre pour l’avenir.

-

Afin de me faire une idée objective sur cette question, j’aimerais recueillir l’avis de personnes compétentes en la matière,

ainsi que l’avis de tous ceux qui souhaitent donner leur avis,

ou leur témoignage, ou leur vision, ou leurs craintes,

ou leur expérience, ou leurs réflexions…

-

D’avance merci à tous les participants !

Pour participer, le plus simple est de se rendre sur le site Adiu Sud-Gironde, à la page consacrée au débat :

http://www.adiu.fr/a/index.php/Forum/LameliorationGenetiqueDesPins

(c’est sur ce site que seront regroupés tous les échanges, en libre consultation)

mais il est possible également d’ajouter un commentaire ici-même,

ou bien de m’adresser un message électronique à mon adresse :

Jacques.Hazera(at)Pijouls.com

À télécharger, ou à lire ci-dessous : l’ensemble des contributions reçues à ce jour

Débat sur la génétique des pins - Vignette

Débat sur l’amélioration génétique des pins

Débat en cours (débuté le 21 novembre 2013)…

Dans un document fort intéressant sur la chasse, on peut lire le paragraphe suivant :

« Sachant que toute sélection dirigée conduit à une perte de diversité génétique – et si cette sélection est sévère, la perte de diversité génétique le sera aussi – ces individus sélectionnés sur des qualités commerciales n’auront plus qu’un patrimoine génétique restreint. Il s’ensuit que leur potentiel d’adaptation en cas de changement de milieu sera lui aussi fortement réduit. »

 

La forêt landaise est en train de se reconstituer massivement à partir de plants issus d’une sélection génétique très performante (et sévère). Cette sélection est le fruit de recherches importantes et de longs travaux entamés il y a déjà plusieurs décennies, et de la mise en place de vergers à graines à partir d’un nombre restreint d’arbres classés… Or le paragraphe ci-dessus conduit à s’interroger sur le bien-fondé de cette sélection, sur les perspectives qu’elle offre pour l’avenir, et sur les risques qu’elle engendre.

 

Pour pouvoir se faire une idée objective sur cette question, il serait utile de recueillir l’avis de personnes compétentes en la matière, ainsi que l’avis de tous ceux qui souhaitent donner leur avis, ou leur témoignage, ou leur vision, ou leurs craintes, ou leur expérience, ou leurs réflexions…

 

C’est pourquoi je lance un débat sur le sujet de l’amélioration génétique des pins.

 

Pour participer, il vous suffit :

– soit de m’adresser directement vos commentaires : Jacques.Hazera(at)Pijouls.com ;

– soit de placer vos commentaires ici même (sur le site Adiu Sud-Gironde) ;

– soit sur mon blog : http://www.pijouls.com/blog/jacques-hazera/sylviculture/pin-maritime/2013/11/21/nouveau-debat-lamelioration-genetique-des-pins/.

 

D’avance merci à tous les participants !

Jacques Hazera                  (26 novembre 2013)

 

 

 

002

Bonjour

Vous lancez une polémique que je comprends mais qui me semble assez injuste car vous comparez le règne végétale au règne animal qui en la matière est assez différent. De plus la base génétique étroite que vous laissez supposer sous le terme sévère que vous utilisez et peut être à vérifier en traduction d’étroitesse. 
C’est sur que médiatiquement vous lèverez les foules contre la sélection génétique, ce que vous faites implicitement lorsque vous faites de la sylviculture lorsque vous choisissez un arbre plus tôt qu’un autre. Surement moins vite parce que vous n’avez pas accès en tant que sylviculteur aux forêts de vos voisins. 
Nous sommes bien sur la question de la base génétique de la population d’amélioration

coordialement

Luc Bouvarel                      (26 novembre 2013)

Directeur Général de la Fédération 
 »Forestiers Privés de France »

 

003

Salut Jacques,

Effectivement très réducteur, mais le pollen des vieux pins oubliés dans les villages, dont les tiens continueront heureusement à polluer, pardon poliniser, les fleurs des nouvelles plantations et heureusement le pollen de pin vole assez loin…

A bientôt,

Sven                                        (26 novembre 2013)

 

004

Bonjour Jacques,

Je n’ai pas d’avis autorisé sur la question, 
mai il y a une autre interrogation : est-ce que la rotation accélérée ne va pas épuiser un sol déjà peu fertile ?

Amicalement

Alain                                      (26 novembre 2013)

 

005  Ma réponse à Luc Bouvarel (002) :

Bonsoir,

Je vous remercie pour votre réponse, cependant permettez-moi de vous rassurer : je ne cherche pas à lancer une polémique mais un simple débat ! J’espère obtenir quelques précisions sur un sujet inconnu pour moi… si certains spécialistes veulent bien participer.

Vous craignez peut-être que ce sujet soit trop sensible mais, pour nous autres sylviculteurs, c’est surtout un sujet crucial.

Cordialement,

Jacques Hazera                                    (26 novembre 2013)

 

006  Ma réponse à Alain (004) :

Bonsoir Alain,

Je partage ton inquiétude à propos des risques d’épuisement des sols. Il me semble que ce risque, très réel, est lié d’une part au raccourcissement des cycles de production, mais d’autre part aussi aux utilisations récentes des arbres (extraction des souches, exportation des aiguilles, des feuilles, des rameaux fins, des écorces…).

Amicalement,

Jacques Hazera                                    (26 novembre 2013)

 

007  Ma réponse à Sven (003) :

Merci Sven,

On pourrait créer un club des vieux pins pollu-nisateurs !

Amitiés,

Jacques Hazera                                    (26 novembre 2013)

 

008

Bonsoir Jacques,

J’ai esayer de participer à ton débat sur ton blog, mais je n’arrive pas a l’incérer (c’est peut être due à ma connexion qui n’est pas très bonne).

Du coup, comme il est dit dans ton mal, je te transmet ca directement par mail.

Aller, je me lance.

Le problème de l’appauvrissement génétique est mit en avant lorsque l’on parle de semis naturel, la qualité, la vigueur et la rectitude est décrite comme moins bonne qu’avec une plantation.

Pour la vigueur et la rectitude, étant donné que ces plant issus des vergers à graines de deuxième génération voire même de troisième génération maintenant, et qu’ils ont été plus ou moins modifié génétiquement pour, j’imagine que les plants sont meilleurs (du moins je l’éspère car c’est tout de même leurs arguments commerciaux).

Par contre le fait que la régénération s’effectue naturellement permet surement, à l’image de toutes les autres espéces végétales ou animales sur Terre, de muter naturellement afin de faire face aux changements de leur environnement (rechaufement climatique, maladie,…). 
Quand on regarde les clones de Peuplier, ils ont peut être une très bonne croissance, une bonne qualité de bois, cependant lorsqu’ils sont touché la maladie et que leurs feuilles se remplissent de champigons, ils meurent tous et de la même facon car ils sont génétiquement identiques.

Bien sur nos cher Pins des Landes ne sont pas tous des clones, mais est ce qu’en agisssant sur certains génes commes la rectitudes et la croissance, on ne modifie pas également les autres?

Est ce que le semis naturel serait il plus résistant pour faire face au chagement climatique auquel on doit faire face?

Est ce que le nombre de maladie n’a pas augmenté depuis que l’on utilise des graines génétiquement modifiées?

Voilà, je ne dis absolument pas qu’il faut rayer les plantations des moyens de reboisement, je sais très bien qu’il y a de nombreuses plantations présentant de très bon résultats, je me demande juste si les plants modifié arriveront à s’adapter aux changements de leur environnement.

Voilà, j’ai essayer de lancer mes profs sur le sujets, mais ils m’ont répondu qu’ils n’étaient pas des généticiens et qu’il ne s’y connaissaitpas assez. Je vais tout de même essayer de lancer Bruno, ces remarques pourraient être pertinentes.

Bonne soirée,

Martin                                   (26 novembre 2013)

 

009  Ma réponse à Martin (008) :

Bonsoir Martin,

Je te remercie de prendre la parole sur ce sujet très important pour tous les forestiers. Je partage tes interrogations, et j’espère que des spécialistes pourront nous apporter des réponses.

Une petite précision cependant : nos pins ne sont pas du tout des clones (du moins pour l’instant), et il ne s’agit pas non plus de plants modifiés. Ils sont simplement sélectionnés.

Cordialement,

Jacques Hazera                                    (26 novembre 2013)

 

010

Il me semble que nos énarques aussi sont sélectionnés, voyez où ça mène!

Francis                                  (26 novembre 2013)

 

011  La réponse de Luc Bouvarel (005) :

Je ne crains en rien la sensibilité de ce sujet proprietaire, technicien forestier ( pas encore expert je m en excuse), ancien ingenieur de recherches à l INRA. Je suis juste surpris et étonné qu’ une personne compétente et qualifiée comme vous n est aucune notion et information sur les programmes d amelioration genetique des arbres forestiers

Cordialement

Luc Bouvarel                      (27 novembre 2013)

Fédération FPF

 

012  Ma réponse à Luc Bouvarel (011) :

Bonjour,

Quelles que soient les notions qu’on peut avoir sur ces programmes, n’est-il pas légitime de chercher à en savoir davantage ?

Mais puisque vous-mêmes semblez maîtriser ce sujet, n’hésitez pas à apporter votre pierre : précisions techniques, analyse critique, ou toute autre considération.

Merci pour votre participation et bonne journée,

Jacques Hazera                                    (26 novembre 2013)

 

013

merci pour ce commentaire sur la sélection génétique ! je dois dire que je me sens peu apte à apporter une contribution à ce débat hautement technique : il serait bon de s’en ouvrir à des généticiens sans doute ?

Bien amicalement

BA                                          (27 novembre 2013)

 

014  Ma réponse à BA (013) :

Bonjour,

C’est bien mon espoir : que des généticiens prennent la parole dans ce débat, ainsi que toutes sortes de spécialistes. Lors du débat sur le labour, en 2010, j’ai malheureusement constaté une certaine timidité de la part des spécialistes concernés. J’espère que ce ne sera pas le cas cette fois-ci.

Cela dit, les profanes (dont je fais partie), ne doivent pas se sentir exclus, et je crois légitime d’exprimer, très simplement, nos craintes ou nos espérances liées à ce sujet.

Amitiés,

Jacques Hazera                                    (27 novembre 2013)

 

015

Bonjour Mr Hazera

Voilà un bon gros pavé en plein milieu de la mare……

« toute sélection dirigée conduit à une perte de diversité génétique »

Cette simple phrase dit tout ; aucune sélection ne respecte la nature puisqu’elle se dirige vers les seuls éléments conformes aux exigences de la sélection .

La forêt est en train de marcher sur les pas de l’agriculture ; il suffirait pourtant de regarder dans quel état celle-ci se trouve pour ne pas avoir envie de l’imiter. 
Néanmoins, et en dépit de grandes paroles (gestion durable, respect et protection de l’environnement, etc…), la rentabilité à tout prix ouvre grande la porte aux clônes et OGM.

La forêt est malheureusement bien peu connue (et encore moins respectée) et elle échappe aux (vrais) forestiers pour tomber entre les mains de financiers (purs et durs). 
On se dirige vers des déserts ou des champs d’arbres. Mais qu’adviendra-t-il quand le sol ou les conditions climatiques diront « stop » ? 
Quand je vois des photos de la planète Mars, je m’imagine toujours qu’il pouvait y pousser des arbres. Et j’imagine la Terre dans le futur.

Est-il normal de trouver (naturellement) des arbres de mêmes hauteurs et de mêmes diamètres, bien droits, dont la croissance annuelle est de 3 à 4 m (eucalyptus) , bien alignés en rang d’oignons ? 
Personnellement je n’appelle plus cela de la forêt, mais une culture, et je pense sincèrement que les propriétaires n’y voient même pas des arbres mais seulement des dollars. 
L’un d’eux m’a un jour déclaré : « Il n’y a pas de bon ou de beau bois ; il n’y a que des bois qui rapportent ». 
On est loin de la diversité…..

Le débat que vous soulevez est semblable à celui qui compare les forêts primaires aux forêts sous régime d’exploitation, où l’homme dirige la manoeuvre et forcément influence la Nature. 
A partir du moment où l’on procède à des plantations, on progresse dans cette ‘manipulation’, pas forcément mauvaise, mais néanmoins toujours délicate. 
La sélection naturelle laisse subsister les plus forts, les plus résistants, les mieux adaptés. 
Les plants issus de pépinières (croissance à l’ombre ou à mi-ombre, régulièrement arrosés, dont la croissance est rapide) subissent au moment de la replantation un traumatisme bien plus important qu’un plant issu d’une graine qu’on a laissé se développer par elle-même, en plein soleil, sans irrigation, dans des conditions ‘naturelles’. 
Les essences à croissance lente, et de surcroît à croissance tourmentée, produisent un bois de bien meilleure qualité que les essences de plantation ou à croissance rapide.

Qu’advient-il de clônes ou d’autres produits hautement sélectionnés si subitement on les abandonne à leur sort ? ou si les conditions, l’environnement changent soudainement ? Ont-ils les capacités de réagir et s’adapter ? Cela devrait pourtant faire partie du programme d’études.

Salutations

RF                                           (27 novembre 2013)

 

016  Ma réponse à R.F. (015) :

Bonjour,

En guise de réponse au point de vue que vous exposez (et que je partage entièrement), je vous propose la phrase suivante, attribuée à Hubert Reeves, et que je viens juste d’entendre à la radio : « Nous avons entrepris une guerre contre la nature. Si nous la gagnons, nous sommes perdus ».

Quant aux questions que vous posez, j’espère que des spécialistes accepteront d’y répondre dans ce débat…

Cordialement,

Jacques Hazera                                    (27 novembre 2013)

 

017

Bonjour Jacques,

Je salue bien bas cette initiative et la manière dont tu l’introduis. Je me sens trop peu compétent en matière de pin pour répondre. Je me permettrait juste d’insister – au besoin avec le crédit que pourrait apporter mon statut de Docteur en Sciences et de Qualité Maitre de Recherches en Ecologie des Ecosystèmes et Populations – qu’il est établi de longue date que la diversité génétique est un facteur important d’adaptation des populations aux changements que leur impose l’évolution de leur biotope. Je crains que cet argument ait peu de poids dans l’univers landais actuel qui, malgré le recul que nous offre l’agriculture, mise tout sur une production assistée par les promesses de la technologie. Il faut s’accrocher malgré tout et nous avons été convaincus de ta motivation et de la pertinence de ton approche sociale.

Amicalement,

Gaëtan                                  (27 novembre 2013)

 

018  Ma réponse à Gaëtan (017) :

Merci Gaëtan !

Ça me rassure de constater que certaines personnes pas tout à fait ignares semblent avoir une approche semblable à celle que me suggère mon intuition.

Je suis intrigué par une affirmation (très surprenante à mes yeux de profane), écrite par Luc Bouvarel dans son message d’hier soir. Il m’écrit : « […] vous comparez le règne végétale au règne animal qui en la matière est assez différent. ». Il me semblait au contraire que les deux règnes répondaient aux mêmes principes de base pour ce qui concerne les lois de la génétique. Est-ce que tu confirmes son affirmation ?

Bien amicalement,

Jacques Hazera                                    (27 novembre 2013)

 

 

019  La réponse de Gaëtan (018) :

1 – On ne parle plus aujourd’hui (et depuis longtemps !) de « règne végétal » et de « règne animal », il y a 5 grands ensemble que son les procaryotes, les eucaryotes mono au paucicellulaires (amas de peu de cellules sans tissus) – ces deux premiers pouvant être à « tendance » végétale, animale ou fongique, végétaux supérieurs, animaux supérieurs et champignons supérieurs. Luc Bouvarel (directeur CRPF MP quand j’étais à l’INRA de Toulouse !)

2 – Ce n’est pas une histoire de règne mais de durée des cycles de reproduction. Certains animaux évoluent très lentement, certaines végétaux évoluent rapidement. Et pourquoi une capacité d’évolution lente plaiderait-elle en faveur de populations génétiquement pauvres ?? Curieuse idée.

L.Bouvarel devrait aussi etre plus subtil mais je crains queson point de vue soit entaché d’un axiome amicalo-industriel lui interdisant de penser comme toi.

Gaëtan                                  (27 novembre 2013)

 

020  Ma réponse à Gaëtan (019) :

Merci Gaëtan…

… sans commentaire !

Cordialement,

Jacques Hazera                                    (27 novembre 2013)

 

021

bonsoir,

je ne suis pas spécialiste mais je vis dans la forêt landaise!Je suis toujours aussi admirative devant ces pins majestueux devenus si rares, replantés après le grand incendie, immenses, tordus mais si imparfaits….et toujours aussi triste devant le spectacle de ces coupes rases où le labour a avalé la callune, la bruyère cendrée et tant d’animaux…avec un ou deux chênes épargnés.Je suis fière de laisser mes pins pousser naturellement.

LINON                                  (28 novembre 2013)

 

022

Jacques

Cette question n’est malheureeusement pas nouvelle.

En éducation physique ,il y a eu dans les années 30 un courant de pensée à la tête duquel se trouvait en France un célèbre physiologiste nommé Marrey.Le thèses de l’eugénisme y étaient reprises.

Je crois comprendre que ton inquiétude vis à vis de la forêt est du même ordre. Je la partage.

Amicalement

Francis Passet                     (29 novembre 2013)

 

023  Ma réponse à Francis Passet (022) :

Bonsoir Francis,

Ce n’est pas vraiment une inquiétude… enfin, pas encore… Ça dépendra des réponses et des arguments qui seront apportés dans ce débat par tous ceux qui connaissent la question. Il paraît que ladite sélection (concernant le pin maritime) aurait été faite dans le plus grand respect de conservation du capital génétique.

Cordialement (!)

Jacques Hazera                                    (29 novembre 2013)

 

024  La réponse de Francis Passet (023) :

Pour prolonger la question de la sélection des espèces… http://www.ariegenews.com/news-1464-67205.html

Francis Passet                     (30 novembre 2013)

 

025

Chez monsieur Hazera,

Une fois de plus je vous envoie un point de vue qui devra rester anonyme, je vous en remercie (vous pouvez utiliser mon pseudo « Mireille des Landes »).

J’ai discuté récemment avec un technicien de la fédération des chasseurs des Landes qui m’a parlé de ce réel problème sur le gibier d’élevage.

D’autres faits ont également attiré mon attention : par exemple, les producteurs de races « conservatoires » bovines ou ovines constatent que des souches quasiment originelles résistent mieux aux maladies et autres adversités, à tel point qu’il n’est plus nécessaire de les traiter (antibiotiques, vitamines, voire hormones…).

Pourquoi dans certains pays on arrive à produire des céréales ou des légumes, sans irrigation et sans engrais ? Tout simplement parce que les semences utilisées n’ont pas été « trafiquées » (je ne parle pas d’OGM) génétiquement, elles sont « pures » et tout au plus issues de croisements locaux du point de vue géographique.

Pour l’arbre, le processus est très probablement le même, sauf que les cycles de cultures étant plus longs, il faudra plus de temps pour se forger une opinion. Les pins d’aujourd’hui semblent plus fragiles que leurs « parents » ; il est indéniable que les techniques sylvicoles favorisent cette fragilité (par le travail du sol qui détruit les humus, par les apports d’engrais, voire de pesticides ou traitements, par le drainage qui conduit à limiter l’eau disponible au printemps et en été, etc.). Mais l’amélioration génétique vise à une amélioration de la productivité, de la rectitude, de la branchaison, etc., mais en aucun cas de la résistance aux adversités.

L’adaptation des pins à certains types de sols assez réducteurs a pu se faire au fil des générations ; mais en quelques décennies, on parvient à modifier le patrimoine génétique des arbres, et par là même on perd certainement des qualités d’adaptation qu’avaient les parents.

L’amélioration génétique conduit à une perte de diversité génétique chez les pins maritimes, et à la perte de certains caractères qui permettaient une meilleure adaptation de l’arbre aux milieux et aux aléas.

Il serait intéressant de voir ce qu’en pense « la recherche » … dans la mesure où elle pourrait s’exprimer sans être obligée à la « pensée unique »…

Bien à vous, et … merci pour la discrétion !

Mireille des Landes          (5 décembre 2013)

 

026  Marc-Alexis répond à Mireille des Landes (025) :  

> … pas été « trafiquées » génétiquement, elles sont « pures » et tout au plus issues de croisements locaux du point de vue géographique.

Mireille des Landes à raison de mettre ces notions de trafic et de pureté génétique entre guillemets. Non pas moralement, mais pratiquement. 
Parce que l’humanité n’a cessé, depuis quelques milliers d’années, de sélectionner et de croiser des variétés ou des races, pour respectivement isoler ou partager des qualités auxquelles elle accorde de la valeur. On a constitué ainsi un patrimoine, de grande valeur puisqu’on en dépend maintenant ; par exemple à propos des semences qu’on a du mal à laisser breveter par une industrie privée qui ne fait qu’y apporter « sa petite touche » ogm. Les adaptations locales (on dit même familiales) ont aussi une grande valeur, d’abord parce qu’elles sont les plus à même de vivre dans des conditions spécifiques, ensuite parce qu’elles augmentent la diversité générale des espèces. 
Mais la vie semble mettre des barrières à ces jongleries : par exemple, la consanguinité excessive affaiblit, et l’hybridité exagérée rend stérile.

Les règles de l’art sont complexes… Mais on peut dire sans trop risquer de se tromper que d’envisager la question du vivant – et son exploitation pérenne – par les biais seuls des « trafics » économiques et du rendement « pur » mène à des choix qui ne sont pas viables.

Marc-Alexis                         (5 décembre 2013)

 

027  Ma réponse à Mireille des Landes (025) :

Je vous remercie pour cette contribution intéressante.

La génétique représente un sujet crucial pour nous-autres forestiers et j’aimerais moi aussi que « la recherche » ose s’exprimer. Malheureusement, je crains fort que « la recherche » reste muette. En effet, « la recherche » n’a pas moufté lors du débat sur le labour en 2010, ni à aucune autre occasion. Je suppose que la vulgarisation ne fait probablement pas partie du rôle des chercheurs, mais pourtant « la recherche » avait elle-même pris l’initiative d’ouvrir un forum spécialement dédié à la vulgarisation et aux échanges : n’importe qui pouvait poser des questions sauf que… on n’obtenait jamais de réponse ! Ce forum dont j’ai oublié le nom comportait un volet sur les questions forestières. Depuis, je crois qu’il a été fermé. En 2010, Didier Müller et moi-même y avions posé quantité de questions. Pour rien !

Attendons…

Cordialement,

Jacques Hazera                                    (6 décembre 2013)

 

028  On m’apprend la tenue d’une conférence proche de notre sujet de débat :

L’association Oïkos organise une conférence : 
Samedi 7 décembre à 15 h précises : Adaptation des arbres forestiers aux changements climatiques. Conférence par M. Orazio Ingénieur à l’Institut Européen de la Forêt Cultivée INRA de Cestas. 
Cette conférence est ouverte à tous. 
Lieu : Bordeaux, salle des conférences du Jardin Botanique rive droite, esplanade Linné.

Jacques Hazera                                    (6 décembre 2013)

 

029

Merci M. Hazera,

Il est « normal » que la recherche ne s’exprime pas ; [...]

Le « dogme » est défini en haut lieu et les scientifiques des laboratoires sont tenus de respecter la ligne directrice. Imaginez qu’un chercheur de l’INRA dise : « il faut cesser d’avoir recours à l’amélioration génétique, on court à la catastrophe ! » Ce serait réellement un scoop et il est probable que ledit chercheur se retrouvera vite à Pole emploi… [...]

Je crois que dans notre Société les lobbies sont aujourd’hui vite érigés en dogmes, ce qui n’autorise plus aucun débat. Le citoyen n’a plus droit à la parole, la « connaissance » reste en cercle fermé (et contrôlé), et elle ne sort que sous forme de stéréotypes bien ficelés pour rester conformes au « Cadre ». En sortir tiendrait de l’hérésie ! Vous le savez mieux que moi, mais pourquoi ne développe-t-on pas, en tout cas sur les stations qui ne sont pas détruites par labours et autres travaux du sol, le concept du « on laisse pousser ce qui vient, on l’assiste, et on gère en fonction ». Cela revient à dire que l’on ne fait plus d’acharnement sylvicole, que l’on limite les investissements et les intrants, que l’on exploite différemment. En gros : moins de dépenses, moins de recettes, mais, toutes choses égales par ailleurs, on dégage autant, voire plus de bénéfices… avec moins de risques.

Mais cela, ce serait dans un Monde idéal, où citoyens et professionnels seraient libres de participer à l’amélioration des techniques, sans être contraints par les lobbies industriels ou de la mécanisation…

On pourrait en parler des heures durant, sans, hélas, faire avancer le schmilblick…

Ne perdez pas espoir ! [...]

Bien à vous

Mireille des Landes          (6 décembre 2013)

 

030  Ma réponse à Mireille des Landes (029) :

Bonsoir Mireille des Landes !!

Je me permets de poursuivre votre raisonnement, ou de le formuler différemment : 
- Si les chercheurs étaient d’accord avec le « dogme », alors, dans ce cas, il s’en trouverait bien quelques-uns pour prendre la parole et livrer ouvertement leur conviction, pour redresser les erreurs dans lesquelles nous nous fourvoyons, nous-autres profanes, béotiens et ignorants. 
- Mais puisqu’ils ne prennent pas la parole, on peut suspecter que c’est par crainte d’être sanctionnés… ce qui signifie que leur conviction serait donc, en secret, en désaccord avec « le dogme ».

La recherche est-elle indépendante ? Ou est-elle soumise à la voix des lobbies ? Poser ces questions, c’est sans doute aller trop vite et trop loin, mais après tout : à eux de nous fournir la clef de leur silence !… Que signifie le mutisme de « la recherche » ?…

Cordialement,

Jacques Hazera                                    (7 décembre 2013)

 

031

La forêt landaise est TOTALEMENT artificielle, ne l’oublions pas. Et il faut en remercier Napoléon III. 
Dans ce contexte, l’utilisation de pins génétiquement sélectionnés est tout à fait naturelle -n’en déplaise aux « accros » écolo-bobos. 
De même, leur utilisation dans un but économique est justifiée, ne m’en déplaise (je suis favorable à la diversité génétique)!

Pourquoi, dans ce contexte ne pas avoir plutôt proposé transformer les forêts landaises en champs de maïs Mon 810? 
Il est vrai, qu’alors, les sangliers auraient posés problèmes et que les chasseurs se seraient vus dans l’obligation de multiplier les battues! -à leur plus grande satisfaction!

Luc Becker                           (8 décembre 2013)

 

032  Ma réponse à Luc Becker (031) :

Bonjour,

Je vous remercie pour votre participation à notre débat. Deux remarques cependant, et deux questions :

– Il me semble que vous vous limitez à un point de vue nettement plus agronomique que forestier, ce qui change beaucoup de choses.

– J’ai le sentiment que votre vision de notre Massif Landais est quelque peu caricaturale.

– Même s’il était exact que notre Massif Landais fût totalement artificiel, pourquoi le condamner à demeurer indéfiniment tel ?

– La sélection génétique qui s’opère naturellement au sein des écosystèmes et au fil des décennies serait-elle à votre avis moins performante que celle qui se réalise de main d’homme et à grands frais ?

Cordialement,

Jacques Hazera                                    (8 décembre 2013)

 

033   Marc-Alexis répond à Luc Becker (031) :

> Dans ce contexte, l’utilisation de pins génétiquement sélectionnés est tout à fait naturelle…

c’est ce que j’essayais de dire maladroitement plus haut : les activités humaines locales ont produit la grande diversité des plantes et animaux domestiques depuis 5 ou 10 mille ans. Mais l’activté humaine globale détruit cette diversité à cause d’une logique économique « pure ».

Dans les deux cas, l’homme modifie son environnement, c’est plus pérenne dans le premier, plus risqué dans le second.

Marc-Alexis                         (8 décembre 2013)

 

034   Ma réponse à Marc-Alexis (033) :

Marc-Alexis,

Je crois que tu touches un point essentiel.

Les activités humaines locales ont produit la grande diversité des plantes et animaux domestiques depuis 5 ou 10 mille ans. [...] Oui, je suis d’accord, et le travail du forestier tel que je le conçois continue de participer à cette dynamique de très longue haleine. Le résultat en est une adaptation sans cesse améliorée des êtres vivants à leur milieu (à leur micro-milieu), c’est un perfectionnement en continu mais qui conserve un énorme brassage génétique. Il s’agit simplement de sélectionner les individus les plus performants, ceux qui, sur le terrain, ont fait leurs preuves en présence d’une multitude de facteurs (concurrence des autres individus, présence de parasites, contraintes climatiques, contraintes liées au sol, rectitude du tronc, finesse des branches, etc.).

[...] Mais l’activté humaine globale détruit cette diversité à cause d’une logique économique « pure ». D’accord aussi sur cette analyse, mais c’est justement le sujet du présent débat : la sélection des pins, telle qu’elle se pratique actuellement, n’engendre-t-elle pas une réduction dangereuse du capital génétique ? Est-ce que cette sélection, qui n’est faite qu’à partir d’un nombre très restreint de critères (rectitude du tronc, finesse des branches, vigueur de l’arbre…), ne risque pas de se révéler néfaste à long terme ? Bien entendu, le risque de changement climatique représente une des menaces les plus importantes, mais il y en a d’autres (notamment sanitaires).

Mon interrogation porte précisément sur ces points-là, et mon attente est que des spécialistes fassent état de leurs compétences pour y répondre, arguments à la clef.

Jacques Hazera                                    (8 décembre 2013)

 

035  La réponse de Luc Becker (032) :

Bonsoir,

– Au premier point, je répondrai volontiers par la négative, étant moi même « tout petit » acteur du monde forestier au titre de « populiculteur » dans l’Aisne. [...]

– Au second point, je ne peux que vous donner raison, étant « totalement » ignorant de la vie de ce massif.

– Au troisième point, je me dois de m’inscrire en faux et penser que, avant de réfléchir à une évolution du massif, il me paraitrait préférable de raisonner en terme d’amélioration de la filière bois qui est malheureusement nettement sous développée en France (Chaque chose en son temps!).

– Le point numéro quatre a déjà une réponse dans mon mail précédent : (je suis favorable à la diversité génétique)!

Mais je suis parti du fait de la destruction du massif lors de la tempête de 2000 et il m’est alors apparu raisonnable d’envisager une replantation « manuelle » afin d’accélérer sa reconstitution. Hors cette circonstance, il me parait en effet préférable de promouvoir la régénérescence « naturelle » des forêts, ainsi que je l’ai vu faire en forêt de Bercé dans la Sarthe.

Luc Becker                           (8 décembre 2013)

 

036  Ma réponse à Luc Becker (035) :

Bonsoir,

Vous écrivez : « […] avant de réfléchir à une évolution du massif, il me paraitrait préférable de raisonner en terme d’amélioration de la filière bois […] ».

Je vous approuve sur le problème de la filière du bois en France : sa maladie est réelle et grave, elle dure depuis des décennies, et personne ne l’a véritablement prise à bras-le-corps jusqu’à maintenant malgré la multitude d’études, de diagnostics et de rapports publiés à son sujet et remis aux gouvernants successifs.

Il n’empêche que la fabrication d’une forêt nécessite plusieurs décennies, alors que la construction d’une usine se fait en quelques années. De plus, le choix des essences qu’on peut produire dans le Massif Landais est très réduit. Ce serait dont une perte de temps absurde d’attendre, avant de reboiser nos parcelles sinistrées, que, à la suite de mille et une réunions et colloques, la filière ait enfin réussi à s’organiser sur le papier et nous donne le top pour introduire… des pins !!!

D’autre part, la production de bois est soumise à des contraintes bien plus sévères que celle d’une usine, les contraintes naturelles (climat, sol, vent, régime hydrique, etc.) étant absolument implacables. De mon point de vue, c’est donc la filière qu’il convient d’organiser en fonction des possibilités de production qu’offre une région, et non pas l’inverse. Vouloir adapter la production de bois à une filière me semble relever d’un rêve d’apprenti-sorcier, mais je reconnais que beaucoup de gens font ce rêve. On voudrait que l’approvisionnement des usines à bois s’opère en flux tendus !

Vous évoquez aussi « une replantation manuelle », mais c’est là que le problème génétique se pose car les seuls plants disponibles actuellement dans le commerce sont issus de cette sélection (sélection qui peut inquiéter, peut-être à juste titre). Sachez d’autre part que, contrairement à ce qu’on imagine, quantité de parcelles ravagées par l’ouragan Klaus en 2009 se sont déjà reboisées par régénération naturelle et ont, dans bien des cas, pris plusieurs années d’avance sur les plantations artificielles : le plus rapide n’est pas toujours le lièvre.

Bien cordialement,

Jacques Hazera                                    (8 décembre 2013)

 

037

Lu dans Forêt-Entreprise n° 209 de mars 2013 (page 52) :

– « Il a été constaté chez le sapin et le hêtre que les individus ayant présenté une croissance plus élevée au jeune âge étaient parmi les plus vulnérables en cas de sécheresses extrêmes et récurrentes ».

– « […] l’analyse des tests de comparaison de provenances de douglas a mis en évidence une meilleure récupération de croissance après la sécheresse pour des provenances qui avaient été déconseillées car moins performantes. Cela conduit à s’interroger sur les critères de sélection utilisés jusqu’ici, et à réfléchir à de nouveaux compromis entre tolérance à la sécheresse et performance de croissance ».

Des commentaires ?…

Jacques Hazera                                    (9 décembre 2013)

 

038  La réponse de Luc Becker (036) :

Bonjour à vous et mille merci pour vos informations.

Elles me sont précieuses pour ma connaissance (à but gratuit) du problème de la filière « sylvicultrice ». En effet, je n’avais ni souvenir ni connaissance précise de la tempête Klaus. et ce que vous m’apprenez sur le régénération naturelle de certaines parcelles ne peuvent que me réjouir.

Par contre, et par expérience, je peux affirmer que le développement d’une filière bois ne se fera pas plus rapidement que toute autre « bonne idée », c’est à dire au minimum 15 ans avant d’avoir toutes les autorisations nécessaires à la mise en place d’une telle filière. C’est pour cette raison que je pense indispensable de promouvoir « quasi en priorité » celle ci avant toute autre action. Les sylviculteurs n’attendent que cela pour agir! Une fois l’amorce d’une nouvelle filière bois lancée, il sera possible de l’adapter « localement » aux possibilités techniques de la sylviculture.

Pour ma part, j’ai mis 40 ans pour prouver que certaines de mes idées étaient dans le vrai malgré un dossier enterré tant dans un ministère, une sous préfecture et les bureaux d’une communauté de commune! Et pourtant!

Bien cordialement à vous.

Luc Becker                           (9 décembre 2013)

 

039  Ma réponse à Luc Becker (038) :

Bonjour,

Je viens d’entendre à l’instant sur une radio nationale que la durée moyenne de mise en place d’une filière industrielle serait de 10 ans. Cela confirme un peu ce que vous écrivez.

D’autre part, nous-autres forestiers assistons actuellement à la création en accéléré de la filière du « bois-énergie ». Je suis convaincu qu’elle sera opérationnelle en moins de 10 ans (mais qu’on s’en mordra les doigts pendant des décennies).

Cordialement,

Jacques Hazera                                    (10 décembre 2013)

 

040   Marc-Alexis répond à Luc Becker (038) :

Mais nous avons un problème énergétique, c’est certain, et le bois n’est-il pas une ressource intéressante ?

Il est renouvelable, 
il peut être local, 
il « peut ne pas nécessiter » une industrie lourde.

Marc-Alexis                         (10 décembre 2013)

 

041  Luc Becker répond à Marc-Alexis (040) :

Exact, le bois peut être une source énergétique -et je le mentionnais dans mont dossier … vieux de 40 ans … 
Mais, à mon avis, il ne peut être que comme activité auxiliaire c’est à dire pour le traitement des « ourpis » lors du bucheronnage ou les résidus de scieries. 
Le problème, lorsque vous vous renseignez sur la fabrication de « pellets », on vous répond tout de suite : « bois de qualité »! Cherchez l’erreur! En cela, je rejoins Jacques Hazera lorsqu’il dit : (mais qu’on s’en mordra les doigts pendant des décennies), car hélas, toute réglementation se base sur une notion de « général » et non de « local » et le développement de la filière « bois-energie » passera, hélas encore, par de la règlementation.

Luc Becker                           (10 décembre 2013)

 

042  Ma réponse à Marc-Alexis (040) :

Marc, je partage l’avis de Luc Becker : c’est parfait de considérer le bois comme source d’énergie, mais seulement sous certaines conditions. Par exemple :

– de l’utiliser en circuits très courts, dans nos poêles et nos chaudières domestiques (pas de transport à l’autre bout du département) ;

– de ne brûler que le bois de rebut (et pas les parties « nobles » permettant de faire des charpentes, des maisons, des meubles, de la décoration…) ;

– de ne dépenser que peu d’énergie pour le façonner (plutôt des bûches que des produits issus de procédés industriels très énergivores) ;

– de ne pas consacrer nos forêts à cet objectif de production (de toutes façons, il y a toujours en forêt une part de rebut juste bon à être brûlé, même dans les plus beaux arbres) ;

– etc..

Or la « filière bois-énergie » qu’on est en train de mettre en place à marche forcée est basée sur :

– le transport depuis la forêt jusqu’aux usines souvent éloignées (je crois qu’on envoie parfois du bois vers l’Autriche, vers l’Allemagne, vers la Belgique, vers l’Asie, en tous cas c’est déjà arrivé) ;

– des processus industriels lourds (énormes chaudières de biomasse, de cogénération…) ;

– l’affectation de peuplements entiers à cet objectif unique « bois-énergie » (dans bien des cas, ce sont les arbres entiers qui sont déchiquetés, y-compris les rameaux fins, les souches, les aiguilles, les feuilles… ce qui a bien entendu un effet désastreux sur la fertilité des sols) ;

– sur l’argent des contribuables ;

– etc…

Une étude faite par Philippe Leturcq est disponible sur mon blog à ce sujet. Elle est présentée sous trois formes : l’étude complète, un résumé, et un abrégé (voir : http://www.pijouls.com/blog/jacques-hazera/sylviculture/pin-maritime/2011/05/16/retour-sur-le-fumeux-bois-energie/). Cette étude montre notamment que le bois a un pouvoir calorifique moins performant que la plupart des autres sources de chaleur. D’autre part, l’utilisation en bois-énergie ne pourra jamais être rémunératrice à mon avis, du moins pour les sylviculteurs, ni pour les bûcherons, ni pour les débardeurs… mais il est certain que ça va rapporter gros à ceux qui savent s’y prendre.

… mais on s’éloigne de notre sujet : la génétique.

Jacques Hazera                                    (10 décembre 2013)

 

043  Marc-Alexis me répond (042) :

Le mot « filière » montre tout de suite une volonté économique d’échelle importante, donc avec ses travers.

Il faudrait peut-être ajouter à ta liste de conditions une notion d’économie (au « bon » sens où ma grand-mère l’entendait), c’est à dire brûler le moins possible de bois en construisant et en isolant mieux les habitats, en mettant un pull, etc.

Je viens de lire un article amusant (http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2013/12/linra-boste-le-blé-bio.html). Il écrit :

« les équipes Inra de Rennes et Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) sélectionnent des blés «rustiques». Résistants aux maladies (champignons), capables de lutter contre les adventices (les mauvaises herbes), de ne pas verser en cas d’orage et de bien pousser avec peu d’engrais. »

Ces qualités « rustiques » permettraient de définir les semences « intensives » juste en inversant : fragiles faces aux maladies (donc traitements), incapables faces aux concurrents (donc accompagnement), couchées sous l’orage (donc soumises aux aléas), et gourmandes (donc à nourrir).

Mais c’est un travail de journaliste pressé, comme d’habitude, pas de scientifique. 
Plus loin l’article évoque les difficultés économiques et politiques.

Marc-Alexis                         (12 décembre 2013)

 

044  Ma réponse à Marc-Alexis (043) :

Marc, tu as raison, il faut ajouter la notion d’économie au bon sens de ta grand-mère (et de beaucoup de grands-parents… ou du moins, ceux de mon époque !). Cette notion est fondamentale : brûler le moins possible de combustible, et le brûler au plus près de son lieu de production, isoler au mieux les bâtiments à chauffer (si possible avec des matériaux naturels), enfiler une grosse laine, etc.. Bref : du bon sens.

En parallèle avec ton étude sur les blés rustiques, chez nous, en forêt, ce sont les peupliers qui sont sur la sellette. On a créé des tas de clones de peupliers (et on continue d’en créer de nouveaux), et toutes les plantations actuelles de peupliers sont strictement composées de clones. Chaque clone a ses qualités et ses défauts, tant sur le plan de sa croissance que de sa valeur économique sur le marché. Or beaucoup de ces clones sont sensibles à des champignons parasites (les rouilles), ce qui provoque pas mal de dégâts. Il arrive même que certains clones, donnés pour être résistants aux rouilles, soient en réalité vulnérables. Il faut dire que les rouilles mutent et s’adaptent plus vite que les arbres, ayant un cycle de vie plus court qu’eux.

On conseille donc aux populiculteurs d’introduire de la diversité en faisant des plantations multi-clonales… même si cette diversité est une démarche exactement opposée au principe du clone.

Alors, sélection ou diversité ?… Restreindre le capital génétique ou l’élargir ?… Un pas en avant ?… Ou plutôt un pas en arrière ?…

… et pendant qu’on cause entre nous, les spécialistes se taisent (comme ils l’avaient fait lors du débat sur le labour).

Jacques Hazera                                    (15 décembre 2013)

 

045  Mireille des Landes répond à ce que j’écrivais le 7 décembre (030) :

Mireille des Landes n’est pas fâchée de cette approche !

Ce que je ne comprends pas, c’est que lorsqu’on évoque le sujet, on reçoit comme réponse « que la chose a été étudiée et que par conséquent il n’y a rien à redire » [et souvent, un tirade incompréhensible pour le non-scientifique vient étayer le "sérieux" apparent de la réponse]

[…]

Bien à vous, et bonnes fêtes de fin d’année,

Mireille des Landes          (17 décembre 2013)

 

046

bonjour Jacques ,

l’Amélioration génétique des pins….

çà me rappelle les sélections en élevage…au bout du compte on veut »fabriquer » des êtres vivants en fonction de nos désirs : 
-des gros gigots pour les agneaux : alors on croise avec des races anglaises qui ne sont pas des animaux de parcours dans des régions à parcours INADAPTATION au biotope, 
-des culards chez les veaux (en charolais à force de sélection sur ce critère les vaches ne peuvent plus vêler naturellement et les éleveurs ont recours aux césariennes systématiquement 
- idem en Cantal où pour produire plus de lait…(pour gagner +…) on a introduit les vaches hollandaises inadaptées aux montagnes du Cantal et la race s’est perdue …il a fallu laisser les « Holstein » dedans et maintenant on refabrique une pseudo race du Cantal à partir d’une race Alpine adaptée à la montagne… 
c’est cela la Sélection !

pour le pin il faut AVANT TOUT une espèce ADAPTEE au BIOTOPE de la région au CLIMAT et au SOL c’est à dire les espèces ENDEMIQUES sur les quels ensuite on peut garder les graines des meilleures arbres (là encore meilleurs à quels points de vue : rusticité ,densité du bois, résistance aux maladies …?)

POUR CE FAIRE il faut que ces essences ne vivent pas seules afin d’échanger avec les autres arbres et végétaux à côté par les racines et les Mycorhizes associées apportant minéraux et eau nécessaires et les protégeant des métaux lourds et des prédateurs par la fabrications de substances antibiotiques ,d’agrégats pour le stockage de la nourriture et d’une rhyzosphère à large spectre etc… 
dans la lande girondine à pin maritime associer le chêne pédonculé et le bouleau qui sont des endémiques laisser des ajoncs et des genêts qui apportent l’azote atmosphérique et des bandes ou enherbées ou cultivées en assolement quinquénal (lentille 2 ans suivi de Seigle 2 ans et carotte ou patate 1 an et on recommence par haricots tarbais 2 ans, Maïs 2 ans et patates ou carottes 1 an…etc..) 
c’est l’AGROFORESTERIE .

un ARBRE , une PLANTE ne VIVENT PAS SEULES c’est tout un ECOSYSTEME INTERDEPENDANT relié par la vie la flore et la faune du sol qui fait l’HUMUS FORESTIER : 
à partir de la les ARBRES sernt en bonne santé et c’est au forestier ensuite de faire du JARDINAGE pour gérer la forêt = l’exploiter pour vivre et qu’elle soit PERENNE …..SANS LABOURS PROFONDS qui détruiraient la VIE du SOL et par conséquences la VIE des ARBRES et des plantes .

voila Jacques ce qui pour moi est une évidence !

çà n’est pas à l’homme d’adapter la nature à ses volontés, mais il a à la COMPRENDRE et la RESPECTER et elle le fera VIVRE et elle AUSSI .

tu peux mettre cela sur ton Blog et sur Adiù sans souci bien sûr .

bonnes fêtes de fin d’année et bonne nouvelle année à venir .

amicalement

Jean-Yves                             (19 décembre 2013)

 

047  Ma réponse à Jean-Yves (046) :

Bonjour Jean-Yves,

Tu expliques ça très clairement, avec exemples, détails, et arguments. C’est limpide et imparable, merci !…

… mais au fait : est-ce que cette explication va plaire aux instances officielles ? Pas sûr ! Mais peut-être que ça va faire sortir du bois quelques scientifiques. Ou alors au contraire : peut-être qu’ils vont se planquer un peu plus. Attendons !

Bonnes fêtes à toi aussi !

Amicalement,

Jacques Hazera                                    (19 décembre 2013)

 

048  Marc-Alexis répond à Jean-Yves (046) :

Je suppose qu’un scientifique ne laisserait pas passer le « çà n’est pas à l’homme d’adapter la nature à ses volontés » parce que c’est ce que la vie fait depuis qu’elle existe. Et l’homme est… vivant.

Par exemple, on sait que nos prédateurs et la plupart des grands animaux ont disparu en coïncidence avec l’arrivée de l’homme, par exemple sur les différents continents. L’Amérique avait des sortes de chameaux, des mégathériums, des gros félins, et j’en oublie, avant que l’homme ne passe le détroit de Béring lors d’une glaciation ; les bisons ont été longtemps des rescapés. Plus près, nous avions des rhinocéros laineux, des lions 2 fois plus gros que celui d’Afrique, des mammouths, et des ours et des loups il y a peu encore… Honnêtement, qui se plaindrait de ne plus les rencontrer devant sa porte ?

Autre exemple, presque tout ce dont on se nourrit aujourd’hui est le produit de sélections, des céréales à la viandes. Le pain bien blanc et pas trop aigre est issu d’un blé sélectionné depuis des millénaires ; allons goûter un pain de farine rustique (le boulanger d’Uzeste en propose), c’est amusant, c’est nourrissant, mais qui voudra en faire son pain quotidien ?

Il faut se mettre d’accord sur les limites de ce qu’on se permet avec la génétique (de la sélection traditionnelle à la manipulation ADN). Et là, il s’agit d’éthique plutôt que de respect :

– une race ou une variété domestique viable (mais pas à l’état sauvage) me semble louable,

– un être « optimisé » au point qu’il n’est pas viable ou qu’il en souffre me parait inacceptable. Dommage, le poulet à 4 pattes n’était pas viable !

– un être modifié selon des critères trop sélectifs comme le rendement au détriment de la robustesse me parait surtout idiot.

Pour revenir à la question générale de l’être dans son environnement, je crois bien que les animaux aussi façonnent leur biotope, simplement par le fait d’y exister (mon âne broute certaines plantes et pas d’autres). Ils « sont » le biotope puisqu’ils en font partie. Nous idem. 
Alors, on peut réfléchir à l’idée que, l’être humain étant un animal « responsable » en puissance, il devrait s’estimer lui-même hors de son biotope et s’ajouter des exigences supplémentaires ? Chose qu’on ne peut demander à mon âne… 
D’ailleurs, l’homme ne vit plus dans un biotope, il les a colonisé tous, et sa consommation dépasse le biotope où il vit. L’homme vit maintenant un monde globalisé. Nous sommes donc hors biotope. Et souvent hors sol aussi

La question du respect de la nature est un autre thème, qui peut rejoindre celui de l’écologie ou de l’économie sur certains résultats, mais il ne faut pas se leurrer, l’homme a rarement respecté son environnement.

Marc-Alexis                         (19 décembre 2013)

 

049  Ma réponse à Marc-Alexis (048) :

On ne peut qu’être d’accord avec toi, Marc : le moindre ver de terre modifie le milieu dans lequel il vit. D’ailleurs, j’imagine que l’évolution du vivant s’est probablement faite en partie ainsi : par la réponse du milieu aux influences et aux activités des êtres vivants, plus ou moins agressifs, plus ou moins nombreux…

Il me semble que Jean-Yves se place ici sur un autre plan : celui de la manipulation volontaire dont la seule préoccupation est l’intérêt, le retour sur investissement. Ça revient à fabriquer une nature artificielle afin d’en tirer un profit (immédiat dans l’idéal) : des poulets à quatre pattes, ou à huit pattes, ou à mille pattes ! Créer des chimères non viables, à fonction purement mercantile. Le respect de la nature n’est pas seulement une lubie d’esthète, ou de philosophe, mais c’est surtout un impératif pour notre survie.

Dans les exemples que tu cites, il n’y a jamais eu de fabrication artificielle d’êtres non viables. Il y a eu certes beaucoup de disparitions, mais les survivants étaient le fruit de la sélection, c’est-à-dire les mieux adaptés, ceux qui, outre de la chance de s’en tirer vivants, avaient en tous cas de bonnes capacités d’adaptation aux changements.

Le sujet de ce débat se trouve là où tu le places : sur les limites de ce qu’on se permet avec la génétique, sur les limites entre d’une part l’acceptable et l’inacceptable (notion morale), et d’autre part entre le sûr et le dangereux (notion de survie). Vers quoi allons-nous ? Vers quoi mène ce chemin où l’on s’engage les yeux bandés ? Moi, je demande juste qu’on m’éclaire un peu ; je refuse de m’engager à l’aveugle. Des pins qui ont été sélectionnés sur deux maigres critères (la vigueur et la rectitude), ça me semble quand même un peu court pour traverser les siècles sans accident.

Et puis, autre question : à qui ça profite de nous pousser vers ce chemin-là ?

Jacques Hazera                                    (20 décembre 2013)

 

050

Au niveau du débat sur la modification génétique de nos chers pins maritimes, une chose, enfin de nombreuses choses m’interpellent notament : Pourquoi dépenser tant de deniers publics pour créer des plants qui donnerons des peuplements dédiés au bois de trituration et d’emballage ! La qualité n’est pas de mise pour ces débouchés alors pourquoi ne pas laisser faire la nature ? le paradoxe, c’est que la nature, seule, arrive à faire des peuplements dont la part de bois de qualité est beaucoup plus importante !

Comme toi, j’arpente notre massif landais quotidiennement et je remarque que ces nouveaux plants mis en place sont de qualité médiocre, dévellopent moults fourches, grosses branches et autres malformations.

C’est vrai qu’ils ont une croissance rapide, mais grace à quoi ? Ce n’est pas le sujet du débat, mais bon ….

Ces plants issue de vergers première, deuxième, …. générations ont réellement quelle carte d’identité ?

Ce qui est sur c’est que si, comme pour toutes les plantes, la race d’origine disparait alors il sera impossible de créer de nouveaux clones, hybrides, …, et la race disparaitrat ! A ce propos combien de vieux pins maritimes reste t-il encore sur notre massif ? J’aimerai comprendre les mécanises de cette hybridation !

Les exemples de la monoculture agricole devrait, aussi, éclairer sur les danger de continuer celle du pin maritime de la sorte.

Nos alliés que sont le chêne pédonculé, le bouleau, le chataignier, qu’importe leur qualité, sont donnés en pâture à l’industrie du bois de chauffage qui s’en donne à coeur joie et leur apport sur la vie de nos peuplements de pins maritime devient inéxistante.

Je ne suis ni ingénieur, ni universitaire, mais seulement un observateur au coeur de notre massif et je trouve que sa progression est tronquée.

De bonne fêtes et si quelqu’un peut répondre à mes intérogations, cela me permettrai de progresser !

Amicalement

Eric                                    (23 décembre 2013)

 

051

 > … si, comme pour toutes les plantes, la race d’origine disparait alors il sera impossible de créer de nouveaux clones, hybrides…

Sans compétence sauf politique, pas professionnel du tout, avec juste ce que j’ai lu sur ces sujets, je ne peux qu’ajouter à la question d’Eric : Darwin montrait que les micro-évolutions (ce n’était pas son terme) par sélections, mutations et dérives génétiques, créaient beaucoup de qualités qu’on pouvait rechercher. Il prenait pour exemple le pigeon, avec des tas de races d’ornement, qui restaient la plupart du temps interfertiles.

Il expliquait un truc très beau, concernant la vie et sa « solidité », c’est que, dès que cessent les sélections artificielles, les races et variétés excentriques tendent à revenir à la souche, à retrouver les caractères communs de l’espèce, c’est à dire les caractères qui conviennent le mieux au milieu. C’est à ce propos qu’il expliquait que c’est l’homme qui créait tant de diversité dans la vie des plantes et des animaux.

A son époque ! Aujourd’hui, on serait plutôt dans l’uniformisation !

Mais il évoquait aussi quant aux croisements exagérés, hybrides, les barrières naturelles qui s’exercent, par exemple la stérilité ou les progénitures non viables.

L’industrie du vivant a peut-être ici trouvé « sa » solution, celle qui permet de contrôler la qualité des semences (quelle prétention !) mais aussi, avec ce prétexte, de contrôler la distribution, la production.

C’est un véritable vol, puisqu’on sait que le travail de sélection du vivant est un patrimoine humain. Et c’est de plus une destruction de ce patrimoine, si les races d’animaux domestiques et les variétés de plantes ont disparu à cause de ce contrôle.

> Ces plants… ont réellement quelle carte d’identité ?

c’est la question !

Marc-Alexis                                    (23 décembre 2013)

 

052

Échange récent entre un étudiant et deux scientifiques (retranscription libre) :

L’étudiant :
Quelles sont les différences génétiques entre un arbre issu des vergers à graines de troisième génération et un arbre issu de régénération naturelle ? Certains forestiers disent qu’on assiste, en régénération naturelle, à un appauvrissement génétique, à une perte de qualité et à une perte de croissance. D’autres forestiers prétendent le contraire. Pouvez vous m’éclairer un peu sur cette question ?

Un chercheur :
La question d’introduire un raisonnement génétique en Sylviculture Naturelle et Continue pour une espèce à forte croissance représente un défi scientifique et technique, de vraies questions de recherche, et pour tout dire un sacré casse-tête. À ma connaissance, il n’y a eu aucune expérience en ce sens.

Toutefois, les semences issues des vergers à graines sont comparées à un lot standard issu d’un mélange ancien de peuplements naturels de pin maritime. Dans le cadre de ces tests, ces semences de vergers à graines montrent une supériorité en termes de croissance, de rectitude et, pour la 3ème génération, de qualité du bois. Ces tests sont réalisés dans un cadre de sylviculture industrielle du pin maritime, très éloignée de celle pratiquée en Sylviculture Naturelle et Continue. Il n’est pas sûr que les graines issues des vergers à graines soient adaptées à cette sylviculture.

Dans le cadre d’une régénération naturelle, la qualité génétique dépendra de nombreux facteurs : variabilité et diversité génétique des reproducteurs, nombre de reproducteurs efficaces, taux de sélection et mode de sélection dans la brosse de semis, flux de gènes, etc..

Un autre chercheur :
Je ne suis pas spécialiste mais je me pose des questions :
– Entre régénération naturelle, plantation, base génétique, et adaptation, il y a des enjeux différents qu’il convient de bien distinguer si on veut analyser les choses correctement.
– Il faut aussi prendre en compte des critères tels que qualité d’enracinement, concurrence herbacée, effet (positif ou non ?) du travail du sol… Pour le pin dans le contexte landais, c’est toujours un peu particulier.
– La régénération naturelle brasse certes beaucoup de gènes, mais de quelles souches ? Dans les zones de vieilles forêts de pin (Marensin, dune littorale…) il y a probablement une part importante de souche indigène à large base. Mais ailleurs, la forêt est très jeune (moins de 200 ans, créée à partir de semences dont on ne sait rien). Vers 1950 on a fortement introduit de la graine d’origine portugaise, sensible au froid. Ces pins ont pratiquement tous disparu lors des grands froids de 1985 et 1986, mais leurs gènes sont toujours présents localement. Avec le réchauffement climatique, est-ce un handicap réel ?
– L’amélioration génétique moderne a été réelle (forme et vigueur). Elle est diffusée par plantation, or le recours massif à ces plantations depuis 30 ans fait qu’aujourd’hui les parents améliorés sont nombreux. Via les flux de pollen, ils se répandent dans tous les peuplements. Est-ce que la régénération naturelle ne conduit pas à hériter de leurs propriétés ?
– Est-ce que la base génétique des variétés forestières améliorées n’es pas devenue trop étroite (risques sanitaires) ?

Sujet intéressant mais complexe, et sans doute peu défriché… donc à creuser.

L’étudiant :
Merci pour vos réponses. Si je peux me permettre une remarque, je dirais qu’il est surprenant (mais instructif !) de constater que les vendeurs de plants affichent un discours très péremptoire (comme s’il s’agissait d’un domaine parfaitement connu), alors que lorsqu’on demande l’avis de spécialistes tels que vous, connaissant un peu la génétique, les choses semblent être beaucoup plus complexes et incertaines. Est-ce que je me trompe ?

Le premier chercheur :
La réponse est oui et non. Dans la cadre d’une sylviculture industrielle du pin maritime, les souches améliorées issues des vergers à graines apportent clairement un avantage en termes de volume et de qualité du bois. La sélection de ces souches a été réalisée dans ce contexte précis (sylviculture industrielle), et hors de ce contexte nous sommes dans le brouillard le plus complet.

Le fonctionnement génétique des peuplements naturels de pin maritime a été très peu étudié. Nous n’avons donc pas de réponse claire. Nous pouvons tirer uniquement des informations à partir des études sur la pollution génétique des vergers à graines. C’est très maigre. Donc nous ne pourrions répondre à vos questions qu’à partir des connaissances générales acquises pour d’autres espèces et d’autres écosystèmes.

En plus, le contexte aquitain est très particulier. On a souligné plus haut, à juste titre, le problème de la disponibilité de la ressource génétique en vue d’entreprendre une régénération naturelle. J’ajouterai le manque d’un programme sérieux de conservation des ressources génétiques, voire de restauration face à l’arrivée en force des variétés améliorées. Ici, je parle uniquement du pin maritime. Il faut aussi regarder dans votre cas toutes les autres espèces d’accompagnement qui participent à la dynamique de l’écosystème et aussi à sa valorisation économique. Les ressources génétiques des chênes du plateau landais sont dans un état pitoyable du fait de la sélection à rebours qu’elles ont subie. Le bouleau est quasiment éradiqué, etc.. Il y aurait donc un gros travail à entreprendre.

L’étudiant :
Si je comprends bien, la recherche sur ce sujet a donc toujours été orientée dans une seule direction : étude intensive à gros budget d’un côté, contre friche à l’abandon de l’autre !

Vous évoquez les chênes ; j’en connais, ici en Sud-Gironde, un certain nombre qui sont jeunes (entre 16 et 30 ans), spontanés, et sont superbes. Parmi eux, certains ont des accroissements annuels de l’ordre de 4 à 5 cm sur la circonférence. En pin maritime, je connais également quantité de sujets naturels de toute première qualité (forte vigueur, bonne rectitude, branchaison très fine, excellente stabilité…).

Le premier chercheur :
Pour le moment, la recherche a surtout été orientée vers un modèle très productiviste du pin maritime. C’était la seule demande socio-économique formulée par la filière.
Il y a sûrement des possibilités de restauration des ressources génétiques des chênes sur le plateau landais. Pour le pin maritime, l’enjeu se situe davantage sur la possibilité de conservation des ressources génétiques encore présentes. Certains gestionnaires cherchent à lancer un programme de restauration de la ressource génétique du pin maritime…

Retranscription libre par Jacques Hazera                                    (27 décembre 2013)

 

 

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Programme détaillé (A.G. 2013 de Pro Silva France à Hostens)

21 janvier 2014 :
Voici le compte-rendu des visites qui ont eu lieu lors de notre Assemblée Générale de septembre dernier.
Pro Silva - AG 2013 - Compte-rendu - Vignette
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11 octobre 2013 :
en attendant toujours le compte-rendu,
voici au moins les paroles de notre cher barde,
Christophe Chauvin.
Selon son habitude, devenue au fil des années une tradition fort attendue par les participants,
notre Assemblée Générale se clôt toujours par une chanson parfois sympathique, parfois caustique
mais toujours forestière,
écrite et interprétée avec cœur, fougue et clins d’œil par son auteur.
Pour l’heure, sous les pins et les chênes, il était accompagné à la guitare par
Philippe Mora.
Merci à eux !
Rapport en do majeur - AG 2013 - Vignette

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5 octobre 2013 : mini-débriefing en attendant le compte-rendu

Ce sont 86 personnes qui avaient fait le déplacement depuis toute la France.

Beau succès donc !

Quant aux Aquitains, c’était sans doute trop coûteux pour eux,

ou alors ils étaient à la plage, ou bien au cinoche,

ou sans doute qu’ils avaient du boulot dans leurs forêts

(ou alors, bien plus sérieux : dans leurs palombières !),

mais peut-être juste qu’ils boudaient, tout bêtement…

À la réflexion, je crois plutôt qu’ils n’avaient pas l’autorisation

d’Amin Dada ni celle du Grand Patagourou.

Enfin bref : très peu d’Aquitains ont daigné répondre à notre invitation

et nous avons donc longuement pleuré leur absence pendant ces deux journées.

On lira ci-dessous les délicatesses auxquelles ont échappé nos amis.

Pro Silva - AG 2013 - Programme détaillé - Vignette

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Un grand merci à la coopérative Alliance-Forêts-Bois qui nous a présenté

deux parcelles éloignées de l’univers de Pro Silva, mais cependant fort instructives.

Merci en particulier à Patrick Lespès et à Loïc Cotten (C.A.F.S.A.).

Merci également à tous ceux qui nous en avaient proposé, de très belles parfois,

mais que nous n’avons pas pu retenir faute de temps.

Merci en particulier à François-Xavier Courau (A.R.GE.FO.), à Gilles Duclos (Cabinet Gilles Duclos),

à Didier Canteloup (O.N.F.), à Éric Castex et à tous les autres…

Merci aussi à tous ceux qui m’ont aidé à organiser ces deux journées.
Et enfin merci à Philippe Mora pour son reportage photographique,
visible à l’adresse suivante :
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Mathias Bonneau - Pro Silva 2013
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10 septembre 2013
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Alors les Aquitains,
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qu’est-ce que vous attendez pour vous inscrire ?
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De connaître la composition des menus ?
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Dépêchez-vous : on n’attend plus que vous…
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9 septembre 2013

ATTENTION !

Clôture des inscriptions

le vendredi 13

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À l’occasion de l’Assemblée Générale 2013 de
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Pro Silva France
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qui se tiendra en Gironde (33), à Hostens, les 28 et 29 septembre prochains,
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les visites en forêt sont ouvertes à tous
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sur inscription préalable
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Bulletin d’inscription :

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Rendez-vous le samedi 28 septembre
à 8 h 30 devant la salle des fêtes
d’Hostens
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Nous vous espérons nombreux !
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