Bienvenue aux forestiers !

Pijoul'S

 

Amis forestiers,

Ce blog est principalement destiné à l’hébergement de documents concernant la forêt.

Vous y trouverez par exemple la série complète des fiches sur la « sylviculture naturelle et continue » du pin maritime, ainsi que des articles parus à l’étranger, des extraits de livres, et toute sorte d’autres éléments susceptibles d’alimenter la réflexion en matière forestière.

Accessoirement, j’y posterai peut-être aussi, dans l’avenir, des réflexions sur la filière du bois dans le Massif Landais, des suggestions, des idées, des questions, des critiques…

… et parfois une pincée d’impertinence (organismes sensibles s’abstenir !)

Bonnes lectures à tous,

Jacques Hazera

ambiances_n200761

Pas de commentaires
décembre 8, 2009 in Divers, Tous les sujets
Tagged , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Nitrate et protéine

Une découverte très intéressante de l’I.N.R.A. de Montpellier :

Nitrate et protéine - Vignette

En deux mots, on peut la résumer ainsi : la racine progresse en fonction de la présence de nitrate dans le sol (source d’azote pour la plante), présence qu’elle détecte grâce à une protéine spécifique (NRT1.1). Cette détection déclenche ensuite l’entrée en action d’une hormone de croissance, l’auxine, qui commande à la racine de s’allonger en direction de cette ressource.

Fortiches, non, les plantes ?

-

Cette découverte est à rapprocher d’une intuition à lire dans ma fiche intitulée « Le sol » :

Le sol - Vignette

Pour mémoire :

« Une hypothèse

Risquons l’hypothèse suivante : ce n’est pas parce que le sol est meuble que la racine progresse, mais c’est parce qu’elle y trouve sa nourriture. Si le sol est meuble à gauche, mais que c’est à droite que se trouvent l’eau et des sels minéraux dissous dans cette eau, le méristème s’allongera vers la droite et non vers la gauche, ses cellules se divisant dans cette direction à mesure que l’absorption et les échanges se font avec la solution du sol. Ainsi, ce n’est pas en perforant le sol en force à la manière d’une pointe que la racine s’allonge, mais en tâtonnant à la manière d’un mineur qui cherche à suivre le filon du minerai. Il se passe sous terre le même processus qu’au sein du houppier, où le bourgeon ne se développe que s’il rencontre un peu de lumière. Pourtant, personne ne prétend qu’il faut ameublir l’air !

La recherche de nourriture exige de la part de toutes les formes de vie sauvage d’énormes dépenses d’énergie, et croire que la racine avance au seul prétexte que le sol est meuble est une vision anthropomorphique du monde végétal. Or ce n’est pas par loisir que la racine prospecte ; son but dans la vie n’est pas de se promener, mais d’alimenter l’arbre. La compacité du sol n’est qu’un simple frein à la vitesse d’élongation des racines. L’essentiel est donc d’entretenir la richesse du sol en y bichonnant les micro-organismes car ce sont eux qui font le boulot : ils fabriquent les aliments des végétaux, ils fabriquent des petites galeries où circulent l’air et l’eau, ils décomposent, creusent, drainent, excavent, stockent, suent pour nous ! »

-

Fortiche aussi, non, cette hypothèse ?

-

Une hypothèse
Risquons l’hypothèse suivante : ce n’est pas parce que le sol est meuble que la racine progresse, mais c’est parce qu’elle y
trouve sa nourriture. Si le sol est meuble à gauche, mais que c’est à droite que se trouvent l’eau et des sels minéraux dissous
dans cette eau, le méristème s’allongera vers la droite et non vers la gauche, ses cellules se divisant dans cette direction à
mesure que l’absorption et les échanges se font avec la solution du sol. Ainsi, ce n’est pas en perforant le sol en force à la
manière d’une pointe que la racine s’allonge, mais en tâtonnant à la manière d’un mineur qui cherche à suivre le filon du
minerai. Il se passe sous terre le même processus qu’au sein du houppier, où le bourgeon ne se développe que s’il rencontre
un peu de lumière. Pourtant, personne ne prétend qu’il faut ameublir l’air !
La recherche de nourriture exige de la part de toutes les formes de vie sauvage d’énormes dépenses d’énergie, et croire que
la racine avance au seul prétexte que le sol est meuble est une vision anthropomorphique du monde végétal. Or ce n’est pas
par loisir que la racine prospecte ; son but dans la vie n’est pas de se promener, mais d’alimenter l’arbre. La compacité du
sol n’est qu’un simple frein à la vitesse d’élongation des racines. L’essentiel est donc d’entretenir la richesse du sol en y
bichonnant les micro-organismes car ce sont eux qui font le boulot : ils fabriquent les aliments des végétaux, ils fabriquent
des petites galeries où circulent l’air et l’eau, ils décomposent, creusent, drainent, excavent, stockent, suent pour nous !
Pas de commentaires
août 27, 2010 in Documentation diverse, Tous les sujets
Tagged ,

L’autre mort

Lu dans la Dépêche du Midi du 24 août une pleine page intitulée

« L’autre mort de la forêt »

et qui ne fera peut-être pas plaisir à une certaine catégorie de personnel. Il s’agit de cet incendie sans flamme que subit actuellement notre pauvre Massif Landais. La conclusion est à lire sans faute, de même que l’encadré d’Hervé Jactel.

Pour lire l’article au format .Pdf cliquons ici (attention : qualité médiocre et lecture difficile) :

L'autre mort de la forêt - Vignette

-

Pour le lire directement sur le site du quotidien, cliquons là :

L'autre mort de la forêt 2 - Vignette

-

Bon alors, exceptionnellement pour ceux qui auraient la flemme d’ouvrir un lien pendant les vacances, voici l’encadré d’Hervé Jactel :

Hervé Jactel, directeur de recherches à l’INRA de Bordeaux :

« C’est qu’il existe une relation entre la biodiversité et la santé des forêts. On sait aujourd’hui que les forêts mélangées sont plus résistantes que les forêts pures, c’est-à-dire composées d’une seule essence comme le pin maritime dans le cas des Landes. Pour deux raisons majeures : parce qu’une essence forestière mélangée à d’autres est plus difficile à localiser par les insectes ravageurs attirés par ses signaux visuels et olfactifs et parce que les forêts mélangées abritent davantage d’ennemis naturels des ravageurs, autres insectes ou oiseaux insectivores. Ces mécanismes peuvent s’appliquer aux scolytes attirés par l’odeur de résine des conifères dépérissants car l’odeur des feuillus perturbe leurs mécanismes de localisation du pin. D’un point de vue strictement écologique, il convient donc de réfléchir à une diversification des essences forestières pour le massif, en créant des îlots ou des haies de feuillus à disperser dans l’espace forestier. »

On peut aussi se reporter à un précédent article, publié le 8 mars 2010 sur ce même blog, et citant Hervé Jactel, intitulé :Vive la forêt mélangée

Vive la forêt mélangée - Vignette

On peut également voir un petit film très intéressant sur le site de l’I.N.R.A. à l’adresse suivante : http://www.inra.fr/content/view/full/36862453

-Hervé Jactel - Vignette

Pas de commentaires
août 24, 2010 in Documentation diverse, Tous les sujets
Tagged , , , , , , , , ,

D’Émile Müller pour son père Didier

Voici le texte qu’Émile Müller a écrit en hommage à son père :

Papa - Vignette

-

Le dernier paragraphe me touche particulièrement :

« [...] Dans le Sud-Ouest, son engagement allait peu à peu se renforcer et il commença un nouveau combat. En effet, l’avenir des pins l’inquiétait : le productivisme, la science aveugle et l’oubli des savoirs anciens mettaient en péril la forêt face aux ouragans. Des arbres plus grands plus vite, mais aussi plus fragiles. Aidé d’amis, il s’était lancé dans la promotion d’une forêt plus saine, qui concilierait économie et écologie. Non pas comme la volonté actuelle de séparer zones de production intensive de quelques rares niches naturelles où le marcheur lambda pourrait photographier de jolies fleurs. Non. Il voulait croire en une réconciliation générale entre l’Homme et la nature qu’il aimait tant. Son combat, il était en train de le gagner, il l’aurait gagné. Il s’est arrêté là.

Et ceux qu’il a convaincus le gagneront pour lui. »

-

Merci Émile d’avoir écrit ça, et merci de m’en avoir autorisé la publication.

-

1 Comment
août 21, 2010 in Documentation diverse, Tous les sujets
Tagged ,

Décès de Didier Müller

-

-

c303457

-

Mon ami Didier Müller est décédé dimanche au cours d’une ascension dans les Pyrénées.

Je l’ai suffisamment connu pour savoir que c’était un homme d’élite.

Merci à la vie de m’avoir fait côtoyer un être de cette qualité.

-

-

-

-

-

6 Comments
août 18, 2010 in Divers, Tous les sujets
Tagged ,

Garder un arbre ?… L’enlever ?… Pourquoi ?…

Quelles raisons peuvent nous inciter à conserver un arbre, ou à le couper ?…

… à le couper plutôt qu’à le conserver ?

Pourquoi couper le dominé ? Pourquoi garder le vilain ? Pourquoi garder le mort ? Pourquoi enlever le plus beau ?…

Quelques réponses grâce à notre ami Marc-Étienne Wilhelm dans le document ci-dessous :

Conservation - Enlèvement - Vignette-

Merci à Marc-Étienne !


Ah, mais alors, les branches ? C’est pareil peut-être, non ? Pourquoi les couper, pourquoi les garder ?…

La fiche ci-dessous n’est qu’un modeste clin-d’œil au très

beau document de Marc-Étienne :

Les branches - Vignette

Pas de commentaires
août 16, 2010 in Documentation diverse, Fiches sur la "sylvicuture naturelle et continue", Tous les sujets
Tagged , , , , , ,

Sud-Ouest en forêt

Jean-Claude Guillebaud revient sur la forêt landaise.

Dans l’édition du 15 août de Sud-Ouest-Dimanche, Jean-Claude Guillebaud apporte quelques retouches à sa chronique du 1er août.

-

Lisons les deux chroniques :

Paris-Province - Vignette

-

On peut aussi lire directement ces deux chroniques sur le site de Sud-Ouest aux adresses suivantes :

1) Une tempête très silencieuse : http://www.sudouest.fr/2010/08/01/une-tempete-tres-silencieuse-151399-4723.php

2) Retour en forêt : http://www.sudouest.fr/2010/08/15/retour-en-foret-161391-4723.php

Merci, Monsieur Guillebaud, de vous intéresser à ce qui fut une belle forêt et qui, n’en doutons pas, peut se relever si nous le voulons bien !

-

Voici le message que je m’étais permis d’adresser à Monsieur Guillebaud le premier août, dès la parution de sa première chronique :

« Cher Monsieur,

J’ai lu avec intérêt votre chronique d’aujourd’hui dans Sud-Ouest Dimanche ( »Paris-Province – Une tempête très silencieuse« ). Heureux de trouver enfin un journaliste abordant le sujet de la forêt, je souhaiterais cependant vous faire part de quelques observations personnelles.   Il est exact que la pauvre forêt landaise est actuellement dans un état très préoccupant, dû notamment à l’enchaînement des catastrophes comme vous l’évoquez :

  • crise économique
  • ouragan Klaus
  • marché du bois perverti
  • grave pullulation de chenilles processionnaires
  • grave manque de pluies printanières
  • grave attaque de sténographes

Tout cela est exact et, dans l’attente des incertaines suites, la forêt, actuellement, en est à ce stade désolant que vous décrivez.

Toutefois, ce n’est pas une « belle » forêt qui a été mise à terre. Rien ne sert de pleurer le patrimoine landais de nos rêves, car la forêt traditionnelle a cessé d’exister depuis plusieurs décennies : depuis l’arrivée progressive, mais massive, de la mécanisation à outrance. La forêt landaise que vous regrettez a disparu peu à peu dans la deuxième moitié du XXème siècle. Elle a été remplacée par un système où règne la monoculture stricte du pin, et inspiré des pratiques agricoles hyper-intensives. C’est une approche où les écosystèmes sont méprisés, où la biologie végétale doit se plier aux besoins des tracteurs, où les sols sont régulièrement perturbés en profondeur, où on passe sur les racines des arbres des engins tranchants, où on coupe les pins longtemps avant leur maturité, où leur vente est parfois inférieure à leur coût de production, etc..

Les résultats de cette monoculture intensive sont déplorables, notamment en ce qui concerne le paysage. Ce qui est par terre aujourd’hui, ce n’est pas une forêt, et encore moins la forêt landaise de nos souvenirs. Même si la légende survit à la réalité, ce n’est pas la « civilisation landaise« , ce n’est pas « l’un des plus beaux massifs forestiers d’Europe« , ce n’est pas du tout la « sylve monumentale qu’affectionnait François Mauriac« , mais ce sont de vulgaires champs d’arbres tordus et boursoufflés, des lignes de pins à croissance forcée, de mauvaise qualité technologique, et où le moindre feuillu est exterminé.

Ce qui est exact, c’est que c’est bien une « tragédie« , mais c’est nous-mêmes - nous, les forestiers - qui avons amené cette tragédie. Nous n’avons pas su voir venir les dangers de l’intensification, nous n’avons pas voulu acquérir une formation professionnelle de bon niveau, nous avons été fascinés par l’arrivée des tracteurs, et par l’illusion que l’augmentation de la productivité résoudrait tout. Si nous ne regardons pas où nous mettons les pieds, si nous ne voulons pas changer nos pratiques, c’est notre propre faute.

On pourrait élargir le sujet et dire bien des choses encore, évoquer l’industrie lourde, le sort des producteurs de bois, le rôle des organismes forestiers, la censure des petites voix… On pourrait, par exemple, montrer les analogies entre les « affaires » de la filière du bois, et les « péripéties » de l’affaire Bettencourt… Les affaires ! Il me semble que, dans une précédente chronique, vous critiquiez la dictature aveugle et inhumaine de la finance. Elle est partout !

Bien cordialement,

Jacques Hazera

Expert Forestier

http://www.Pijouls.com/blog/

P.S. – Petite rectification : le second grand ouragan n’a pas eu lieu en 2004, mais en 2009 (ouragan Klaus, du 24 janvier 2009).»

-

Pas de commentaires
août 15, 2010 in Documentation diverse, Poil à gratter, Tous les sujets
Tagged , , , , , , , , , ,

Lu dans la Komsomolskaia PRAVDA de Gascogne

Des Racines et des Ailes :

La réaction officielle du SSSoviêt Supprêm

en page 12 de la PRAVDA.

Le Præsidium du SSSoviêt Supprêm vient de réagir vivement de ses petits poings à la diffusion, qui a eu lieu le 21 avril dernier, de l’émission « Des Racines et des Ailes ».

-

Avant de commenter, lisons :

Après démission - Vignette

-

Et maintenant, commentons :

« Les sylviculteurs ont été profondément choqués et je me fais leur interprète. »

Landais, groupons-nous face à l’ennemi ! Unanimissons-nous tous ensemble tous ensemble derrière moi.

Silence, une seule tête, c’est moi qui parle

et censure aux autres !

-

« Est-ce donc le moment de revenir à des cycles de 80 ans pour la récolte ? »

Évitons de produire stupidement de beaux pins mûrs à un coût modique dans le but de vendre du bois de haute valeur. Continuons plutôt comme on sait si bien faire, continuons tête baissée sans réfléchir, continuons à foncer dans le mur, hardi, allons-y !

Continuons de fabriquer, à grands frais mais à toute vitesse, de la biomasse minable qu’on est incapables de vendre correctement !

-

« Le pin maritime est le seul arbre à vouloir pousser dans ce désert de sable et ceci depuis dix mille ans. Aucune autre espèce n’a pu s’y acclimater afin d’assainir le sol et produire de la richesse et de l’emploi. Il y a quand même 35.000 emplois industriels et au moins 40.000 sylviculteurs qui investissent chaque année dans cette forêt. »

Oui Chef, bien Chef, compris Chef, on promet de zigouiller tout ce qui n’est pas du pin maritime et qui pourtant veut pousser dans nos forêts ; on jure de détruire tous les feuillus, on s’engage à assassiner les chênes, les acacias, les châtaigniers, les bouleaux, saules, trembles, vergnes, sorbiers et toutes ces espèces qui n’existent pas mais qui nous narguent tous les jours !

Quant aux autres vermines, bourdaines, fougères, ajoncs, genêts, brandes et leurs commères, on les empoisonnera sans relâche et sans distinction ! C’est l’avenir du sol qui est en jeu, on a bien appris ça, Chef ! On est au moins 40.000 sylviculteurs à faire aveuglément c’que vous nous dites. Éradiquons graminées, légumineuses, éricacées, crucifères, fagacées, salicacées, bétulacées, faunacées, floracées et toutes ces satanacées !

On investit tant qu’on peut pour contrôler tous les intrus, Chef !

-

« On peut certes [...] tenter d’imaginer un retour vers une Nature imaginaire. C’est à la mode, mais  est-ce raisonnable ? »

Respecter la biologie végétale ? Mais vous n’y pensez pas ! Que deviendraient nos beaux tracteurs ? Que deviendrait notre magnifique « couplage forêt-industrie » auquel nous sommes tellement attachés ? Nos pauvres industriels en deviendraient inconsolables !

Non, très franchement, ce ne serait pas raisonnable de réduire les travaux mécanisés (qui permettent à toute la filière de tourner grâce l’argent des sylvicos), pour laisser la Nature faire gratuitement le même travail !

La Nature, c’est juste un truc stupide, na ! Rompez !

-

« Il y a encore beaucoup de choses à dire sur cette forêt, la seule en France, capable de fournir à une région, l’Aquitaine, un chiffre d’affaires égal à celui des vins de Bordeaux. »

On l’a bien vu, encore une fois, avec l’ouragan Klaus : la commercialisation des chablis a généré un chiffre d’affaires fabuleux, extraordinaire. Ouh là là, c’est surtout les sylvicos qui en ont profité ! Oh oui alors, ça c’est sûr ! Un chiffre d’affaires énorme, énorme ! Toute la prospérité des sylvicos vient du pin maritime. L’Arbre d’Or ! Et puis alors, hein, c’est pas près de s’arrêter…

…même si, pourtant, le pouvoir d’achat du pin maritime a été divisé par 16 entre 1970 et 2008 (sans même parler de 2009 ni de 2010 !).

-

« Pour autant, elle n’a perdu ni son mystère, ni sa séduction… »

Le Præsidium du SSSoviêt Supprêm s’est largement foutu de nous jusqu’ici, mais alors là, c’est le bouquet final : prétendre que le Massif Landais de 2010 est encore la forêt mystérieuse qu’elle a pu être dans le passé, qu’elle aurait conservé sa séduction ! Moi je suis le Pape et mon copain c’est les Beatles. Le Massif Landais actuel (celui de 2008, juste avant l’ouragan Klaus), ce n’est en réalité que de vulgaires champs d’arbres tordus et boursouflés, des lignes de pins à croissance forcée, d’une exécrable qualité technologique, où le moindre feuillu est exterminé d’office et d’où, d’ailleurs, toute vie est absente.

Il y a une collusion – le fameux « couplage forêt-industrie » – qui, en un demi-siècle, a transformé notre belle pinède vivante et habitée en une machine à fabriquer de la pâte à papier, en un univers déshumanisé qui ne produit plus qu’une biomasse sans nom et sans valeur. C’est une déviance forestière. Tout cela se passe sous le contrôle des Instances SSSuprêmes.

Ces pratiques contre-nature sont en train d’engendrer des pullulations de parasites et de multiples attaques sanitaires. Tous les équilibres naturels sont anéantis.

Ce sont les conséquences directes de nos excès.

-

STOP AUX BOBARDS !



Pas de commentaires
août 7, 2010 in Documentation diverse, Poil à gratter, Tous les sujets
Tagged , , , , , , , , , ,

La parole aux techniciens

Je cherche des forestiers professionnels pour m’éclairer sur une question technique.

Voici ma question :

Quel est l’intérêt de labourer le sol en grande profondeur ?

Le labour profond est une pratique très courante et qui a de nombreux adeptes, à commencer par les entrepreneurs de travaux, la C.A.F.S.A., la C.O.F.O.G.A.R., le C.R.P.F., les pépiniéristes, l’O.N.F., les sylviculteurs…

… je ne doute donc pas un seul instant qu’un grand nombre de volontaires vont se bousculer pour répondre à ma question !

Attention : ma question ne porte pas sur le sous-solage, mais bien sur le labour, qui se pratique avant le reboisement de façon systématique, sans aucun diagnostic préalable, et dans tous les types de sols.

Quelles en sont les raisons ?…

Quelle en est la justification technique ?…

Est-il possible d’en débattre ?…
Est-ce un sujet-tabou ?…
Est-ce que je vais être traîné devant les tribunaux pour avoir lancé ce sujet ?…

D’avance merci pour toutes réponses précises et bien argumentées…

… mais j’aurai ensuite quelques autres questions.

Pas de commentaires
août 6, 2010 in Documentation diverse, Poil à gratter, Tous les sujets
Tagged , , , , , , , , , , ,

Un raccourci qui en dit long

« Le plus grand destructeur des sols est l’essuie-glace »

Ce raccourci qui paraît un peu abscons à première vue est pourtant lumineux :

Depuis que les tracteurs agricoles sont devenus confortables,

depuis qu’ils ont le chauffage et la climatisation,

depuis qu’ils permettent de travailler quel que soit le temps,

bref, depuis que la pluie n’est plus dissuasive,

on laboure, on émiette, on herse, on aère, on décompacte,

on dégranule, on sous-sole, on dé-tasse et on re-détasse,

on re-bidouille et on re-dé-bidouille n’importe quand,

pluie, grêle ou vent…

En forêt, on fait pareil puisqu’on tient absolument à singer les agricultueurs, et que maintenant ce n’est plus la forêt qui commande aux tracteurs, mais l’inverse.

Je remercie Gérard Ducerf

(fondateur de Promonature),

de m’avoir gentiment autorisé à reproduire ce raccourci à échasses

qui fait des bonds de sept lieues !

Allez, une autre :

« En 2007, 71% des sols agricoles français avaient perdu leur porosité »

… mais ça, c’est l’I.N.R.A. qui le dit !

J’en ai aussi quelques-unes sur les conséquences des pratiques industricoles :

« En Argentine, 70% des enfants naissent stériles »

« Au Chili, les nouveaux-nés sont en très grande majorité des filles »

« Ici, de nombreux veaux naissent sans testicouilles »

Une dernière pour le fun :

« Le coquelicot, c’est la plante qui a inventé le semoir »

… mais celle-là, elle n’est pas subversive pour la jeunesse,

c’est juste un autre raccourci de Gérard Ducerf,

un simple hommage de sa part au génie des plantes.

Merci Gérard de nous ouvrir les yeux !

1 Comment
juillet 21, 2010 in Documentation diverse, Tous les sujets
Tagged , , , , , , , ,

Chronique des deux malfrats

Le feuilleton des vacances en direct d’Abidjan :

un piteux escroc et son complice tentent de détourner trois cacahuètes et demie…

Chronique d'une escroquerie à l'africaine - Vignette

Pas de commentaires
juillet 6, 2010 in Documentation diverse, Tous les sujets